Scoutblog.org

A votre santé !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 19 janvier 2009

Scoutisme et obésité infantile.

P2130167b.jpgLe 10 janvier dernier a eu lieu la 5e journée nationale sur l'obésité infantile...en France, un enfant sur cinq ou six semble être en surpoids, et les autorités sanitaires craignent une épidémie d'obésité dans les prochaines années comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis.

Profitons de l'occasion pour faire le point des recommandations et de l'action possible du scoutisme : un jeune par équipe en surpoids, c'est déjà beaucoup !



Les habitudes alimentaires se prennent dès le plus jeune âge, souligne l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire, organisatrice de l'événement, mais la plupart des familles "manquent de repères nutritionnels" au quotidien.

A peine 20% des 3-17 ans mangent «5 fruits et légumes par jour». La consommation en aliments complets (pain, riz et pâtes complets) reste insuffisante, tandis que celle de produits et boissons sucrés reste trop importante.

Les repères du Plan national nutrition santé pour les adolescents sont les suivants:

4 repas par jour: petit déjeuner, déjeuner, goûter,dîner, en évitant le grignotage.
Fruits et/ou légumes: Au moins 5 par jour
Pain et féculents : À chaque repas et selon l’appétit
Laits et produits laitiers : Au moins 3 fois par jour
Viandes, poissons, oeufs: 1 ou 2 fois par jour

Matières grasses ajoutées: Limiter la consommation
Produits sucrés: Limiter la consommation
Sel:Limiter la consommation

Boissons: De l’eau à volonté
Activité physique: Au moins l’équivalent d’une demi-heure de marche rapide chaque jour.

Comment le scoutisme peut-il contribuer à atteindre ces objectifs, et ainsi à apporter sa pierre à la diminution du surpoids et de l'obésité?

En premier lieu, la pratique du scoutisme est déjà en soi un encouragement à être actif : il se vit en priorité dehors, rarement devant un écran (sauf pour l'auteur de ce blog...). En camp, pas de souci...mais c'est un appel à garder une dose d'activité suffisante à chaque réunion hebdomadaire (notamment chez les 15-17 ans).
La répartition journalière des repas et leur composition doit inspirer l'intendant quand il fait ses menus: en poussant notamment sur les fruits et légumes et sur les produits laitiers. Et en faisant découvrir les couleurs, les odeurs, les goûts, les textures, les saveurs des aliments, comme je l'avais souligné précédemment dans un article sur l'éducation au goût. Ce n'est pas toujours simple, mais respecter ces quelques principes risque d'interpeller certains jeunes...
La limitation de graisses ajoutées, de sel et de produits sucrés n'est pas très difficile à respecter: il suffit notamment d’éviter les excès d’assaisonnements sur tous les plats (mayonnaise, sauces sucrées, fromage râpé…).
Il faut faire attention au contenu des goûters (essayer de varier, d'introduire fruits ou même légumes, limiter les boissons sucrées...), notamment pendant les activités d'année: c'est bien de confier à chaque équipe à tour de rôle la préparation des goûters, mais exiger quelques règles simples dans leur préparation peut être une bonne idée.

L'AFPA souligne l'importance de "la bonne humeur dans le cercle familial, la convivialité des repas et la participation aux courses et à la cuisine"... des recommandations souvent considérées comme allant de soi dans la pratique du scoutisme en camp et en week-end.
Les pédiatres conseillent aussi de manger lentement et de ne pas se resservir: une incitation à accorder aux repas un temps suffisant et à calculer au plus juste les portions de chacun. Manger lentement est une bonne manière de mieux éprouver les perceptions de faim et de satiété...utile, car beaucoup de personnes en surpoids perdent assez vite ces repères, mangent sans faim,ne supportent plus d'éprouver la faim qui doit être instantanément "comblée"...

mardi 6 janvier 2009

Chroniques facebookiennes, 1 : Facebook est une étrange planète !

Depuis une quinzaine de jours je fais mes premiers pas sur Facebook, motivé entre autres par la perspective d'y créer un groupe "scoutisme et santé" ouvert à ceux qui fréquentent ce réseau social.

Quand on se connecte pour la première fois sur Facebook.com, il faut d'abord se donner une identité: en se créant un profil qui nous invite à rentrer tout un tas d'informations. Et puis se faire des amis. Enfin, échanger avec eux en écrivant sur leur "mur" ou en créant des "groupes". Eh bien, figurez-vous que c'était la première fois de ma vie que j'allais écrire sur les murs de mes amis: dans la vie réelle, c'est puni par la loi !

La méthode est diablement efficace : le repérage d'amis se fait facilement, en rentrant leur nom et leur prénom dans le moteur de recherche, ou en confiant à Facebook le carnet d'adresses de sa boîte mail pour qu'il le fasse lui-même. Ce que je n'ai pas fait, peut-être trop méfiant. Dans un second temps, les "amis de mes amis" ont eu vite fait de me reconnaître et de m'envoyer des invitations. Et j'ai retrouvé quelques vieilles connaissances en allant fouiner sur des groupes qui m'intéressaient. La constitution d'un "réseau" étoffé peut ainsi être rapide: par exemple en proposant à tous les gens que l'on croise de devenir leur ami. Intéressant pour faire du buzz sur Internet, faire connaître un événement, partager avec d'autres des centres d'intérêt communs etc.

Facebook est une étrange planète que j'explore avec délectation. Avec un soupçon de prudence toutefois, et quelques réserves qui se lèveront peut-être au fil du temps :

- Facebook pour partager quoi? je n'ai pas vraiment trouvé de groupe "intéressant", avec un vrai contenu. J'ai l'impression que les échanges sont très superficiels, très individuels, que chacun zappe d"une personne ou d'une information à l'autre...On est loin de la richesse des échanges qu'on trouve sur certains forums (tel celui de LaToileScoute).

- L'ambiguité de la notion d'ami : j'y reviendrai dans un article prochain,mais il est clair que toutes mes relations ne sont pas mes amis, que tous les gens que j'ai croisé une fois dans la vraie vie n'ont pas forcément vocation à être mes amis, que je n'ai pas forcément d'atomes crochus avec tous mes anciens collègues de travail ou d'engagements associatifs. Avoir beaucoup d'amis, c'est flatteur,tentant et facile...bien plus que dans la vraie vie, mais sur Facebook on mélange tout: la famille,les collègues de travail, ceux avec lesquelles on est dans une certaine forme de relation hiérarchique (le patron et l'employé, le prof et ses élèves, le jeune scout et ses chefs, le responsable de groupe et ses maîtrises...)

- La confidentialité plus que douteuse : il y a de nombreuses options pour filtrer à qui on communique telle ou telle information, telle ou telle série de photos...mais ce n'est pas inné, et la plupart n'utilisent sans doute ces fonctions qu'a minima. Beaucoup laissent donc sur leur profil facilement accessibles toutes leurs coordonnées personnelles, leur curriculum vitae, leurs préférences politiques ou religieuses... et bien plus encore, sans penser aux conséquences éventuelles de cette imprudence. En matière de non confidentialité, il y a donc bien pire que le fameux fichier Edwige: Facebook...et en plus c'est chacun qui rentre ses propres informations ! .

- La cyberdépendance : Facebook me parait très mangeur de temps et très addictogène. Comme pour d'autres pratiques sur Internet. Il y a probablement des facebook-addicts qui désertent les forums de discussion qu'ils fréquentaient avant et qui s'y connectent le matin avant de partir, de leur lieu de travail et le soir en rentrant chez eux. Au détriment de leur vraie vie. C'est grisant de se faire facilement de nombreux amis aux quatre coins du monde, et de suivre au quotidien leurs activités et leurs états d'âme.
Le risque est sans doute relatif pour les adultes ou adolescents qui s'y adonnent avec un certain recul, mais il est certainement plus grand pour ceux qui sont un peu fragiles ou un peu immatures. Comme pour les autres addictions en fait...

jeudi 1 janvier 2009

Yes, we can !

images.jpg

Ce furent à n'en pas douter les trois mots les plus emblématiques de l'année 2008. Comme si leur incantation à l'échelle de la plus puissante nation du monde avait le pouvoir de la galvaniser et de lui redonner confiance en l'avenir.

Yes, we can : Oui, nous pouvons. Trois petits mots paradoxaux à l'heure d'une nouvelle année que beaucoup annoncent morose: après la crise financière, la crise économique, la crise morale peut-être ?

Des mots pleins de promesses. Car face aux difficultés, savoir comme le roseau dans le vent résister sans plier est réellement précieux: le concept de "résilience", cher à Boris Cyrulnik est une aptitude à valoriser, y compris dans la pédagogie scoute ... J'en avais parlé brièvement dans cet article mais le sujet mériterait un plus vaste développement.

Yes, we can: nous pouvons réussir ce que nous entreprenons malgré les obstacles que nous rencontrons, nous pouvons continuer à vivre malgré les deuils, les événements douloureux, la malchance etc. Il faut y croire, et ceux qui sont capables de continuer à vivre debout et à avancer malgré tout sont capables de grandes choses.

De l'heure des voeux à celle des résolutions il n'y a qu'un pas, qu'il suffit de se décider à franchir une fois pour toutes : Yes, I can...en 2009,
- Etre enfin à l'heure à mes rendez-vous
- Ne pas remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour-même.
- Ecrire chaque semaine un article sur ce blog.
- ...

Je vous promets d'essayer. Bonne et heure année 2009.

vendredi 31 octobre 2008

La semaine du goût toute l'année.

Il y a 3 ans, j'avais écrit ici même un billet inspiré par la semaine du goût. Je me demandais si les scouts et les guides pouvaient être des "Eclaireurs du goût". Les pistes que j'y développais, avec l'aide des débatteurs de LaToileScoute, restent à mon avis d'actualité.

Je voudrais surtout aujourd'hui m'Intéresser au site de la semaine du goût : http://www.legout.com, un site qui a toujours la même adresse même s'il est remis à jour chaque année.

La page d'accueil est très colorée, sans doute pour mettre en appétit : tellement qu'on ne sait pas trop où donner des papilles. C'est un peu fouillis, en haut et en bas on tombe sur des liens qui incitent à s'inscrire à l'opération 2008, désormais passée, et au centre de la page "Tout le programme" n'est pas cliquable...

Explorons ensemble les parties du site les plus intéressantes pour des scouts :

La page des Talents du goût propose à des professionnels des métiers de bouche de faire partager leurs passions...découvrir comment on fait du pain ou comment travaille un cuisinier sont des apprentissages auxquels on ne pense pas et qui peuvent être très enrichissants.
Les leçons de cuisine, faites par des chefs, sont à la mode. Profitons-en ! On pourrait aussi imaginer de faire venir un cuisinier donner aux louveteaux-jeannettes une "leçon de goût" .

La page des Ateliers du goût nous embarque vers toute une série d'initiatives régionales, présentées par les acteurs eux-mêmes, avec des liens vers d'autres sites plus goûteux les uns que les autres: citons par exemple pour l'Alsace
- Cuisine-Aptitude pour l'intérêt de ses leçons,ses idées de recettes et les valeurs mises en avant.
- Le musée du chocolat de Strasbourg,alléchante introduction à l'univers du chocolat.
- Un restaurant qui propose un menu-découverte " où vos cinq sens seront en éveil".
Sans nul doute, il est possible ici en picorant de lien en lien de piocher des tas d'idées pour enrichir des concours cuisine ou monter une animation sur le thème du goût. Même s'il y a parfois à boire et à manger et si le côté commercial n'est jamais absent.

Les pages sur l'école du goût: Comment quatre saveurs,l'acide, l'amer, le salé et le sucré, mettent en éveil nos cinq sens...A noter, dans les profondeurs du site, des idées d'animation...où l'on retrouve notre bon vieux jeu de Kim, des recettes simples etc. Et d'autres idées de jeux autour des cinq sens et de l'alimentation.

Une page sur les desserts des chefs, cerise sur le gâteau pour tous les amateurs ! il y a là toute une série de recettes à essayer sans modération.

Il faut cliquer en haut sur "qu'est-ce que la semaine du goût?" pour avoir accès à l'historique de l'événement, et aux valeurs qu'il véhicule :
- Développer l'éducation et l'apprentissage, notamment du jeune consommateur.
- Proposer goût et saveurs sous toutes les formes de consommations alimentaires.
- Produire et élaborer des aliments sûrs.
- Offrir une information transparente et pédagogique sur l'origine des aliments concernés, de leurs modes de production et de leur qualité.
- Promouvoir des comportements alimentaires s'inscrivant dans le cadre d'un mode de vie équilibré.

Des valeurs hautement respectables...toutefois à relativiser: comme c'est précisé dans l'historique, c'est la Collective du Sucre qui fut à l'origine de l'opération, et la liste des partenaires actuels donne à penser que les considérations commerciales ne sont jamais loin. Notons d'ailleurs avec amusement que les liens vers certains partenaires (producteurs de boissons alcoolisés) ne sont plus cliquables, suite aux réactions de plusieurs associations à leur présence...

Comme quoi il faut toujours garder son esprit critique, même face aux projets les plus alléchants, et ne pas hésiter à aller explorer les profondeurs d'un site: celui-ci dans la forme laisse un peu sur sa faim, mais le contenu est bien nourrissant.

mercredi 22 octobre 2008

Le zapping fou des semaines et des jours.

Aujourd'hui, vous l'avez repéré comme moi, c'est la journée du bégaiement. Hier c'était l'épilepsie, avant-hier l'ostéoporose.

La semaine passée nous avions pu régaler nos papilles avec la semaine du goût, mais dans le même temps nous avions eu à encaisser les angoisses successives des journées de la sécurité routière, des toxicomanies et de la Canne blanche (c'était aussi la semaine du glaucome).

La journée du lavage des mains nous a ensuite fort opportunément rappelé un geste d'hygiène essentiel, qui malheureusement ne nous dispensait pas du dépistage de l'hépatite C, le thème du lendemain.

Le 17 octobre incitait chacun à refuser la misère et à accepter de faire don de ses organes (s'il avait réussi à éviter l'hépatite C) . Le 18 octobre était centré sur les problèmes de santé de la femme ménopausée.

Bref, en quelques jours, c'est un espèce de catalogue à la Prévert de thèmes liés de plus ou moins près à la santé qui nous a été proposé, l'un chassant l'autre, plus ou moins médiatisé en fonction de l'actualité du jour, de la vigueur de la campagne de presse et du lobbying...

Pas sûr que ces événements soient tous très visibles: un événement chasse l'autre dans notre société en zapping perpétuel, et trop d'événements tuent l'événement...Espérons qu'ils contribuent quand même un peu à faire avancer certaines causes.

Il n'y a pas, loin de là, que des manifestations liées à la santé, mais celles-ci sont en nombre. J'ai cherché en vain un site qui les répertorie tous, et je n'en ai trouvé qu'un seul, celui-ci qui toutefois en oublie et ne me semble pas tenu à jour. Il y aussi des journées et des semaines européennes par exemple.

Pour la santé proprement dite, je n'ai trouvé que le site du Comité d'éducation à la santé des Yvelines pour se risquer à dresser une liste (incomplète et pas à jour...)

Dommage! Un site répertoriant toutes les journées et semaines de l'année dans le domaine de la santé, avec des liens actualisés vers les sites dédiés, serait fort instructif...


Petit échantillon des commémorations qui nous attendent dans les prochaines semaines:

29 octobre : Journée Mondiale du psoriasis

Novembre
14 novembre : Journée mondiale du diabéte
17 novembre : Journée mondiale contre les Broncho-Pneumopathies Chroniques Obstructives
19 novembre : Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants
20 novembre : Journée Internationale des droits de l'enfant
20 novembre : Journée nationale contre l'herpés
25 novembre : Journée Internationale pour l'élimination de la violences à l'égard des femmes
25 novembre : Journée nationale de la trisomie 21

Décembre
1 decembre : Journée Mondiale de la lutte contre le SIDA
3 decembre : Journée Internationale des personnes handicapées
20 decembre : Journée Internationale de La Solidarité Humaine

dimanche 19 octobre 2008

Le blog santé fait sa rentrée.

Finalement la pause estivale a duré plus longtemps que prévu: certaines rentrées sont plus urgentes que celles d'un blog !

Mais cette fois c'est reparti. Avec du classique et quelques évolutions :

- Il y aura toujours des informations,des extraits exclusifs ou des actualisations du guide de l'assistant sanitaire, dont la rédaction a beaucoup nourri ce blog les deux dernières années. La réalisation avance doucement, les dessins sont en cours de commande et la fabrication doit démarrer derrière.

- Je vais lancer une petite série sur la santé à travers les nouvelles pédagogies: la rénovation de la pédagogie des Scouts et Guides de France se met en place. C'est intéressant de mener une réflexion transversale à travers ce filtre, de voir ce qui en est dit dans les revues et les nouveaux outils mis à disposition.

- Pour faire de l'éducation pour la santé dans le cadre du scoutisme, de nombreux sites internet peuvent être utiles. Depuis le début du blog j'ai mis en lien quelques sites qui me semblent intéressants, mais je pense me lancer tranquillement dans un tour du web francophone un peu plus plus systématique. Avec pour chaque site retenu une analyse critique. je suivrai l'actualité chaque fois qu'elle m'en donnera l'occasion. Ainsi le prochain article sera consacré à la semaine du goût, qui s'achève actuellement, et qui peut nous interpeller sur notre manière de proposer l'éducation au goût...

- Le contenu de ce blog commence à être important, et je me pose la question de le faire évoluer vers d'autres formes plus adaptées qu'à une lecture "au jour le jour". Je verrais bien un mix site internet classique avec un certain nombre de rubriques peu évolutives, et une partie blog, mais il y a peut-être mieux à faire.

Bref, ce blog continue, au gré de mes envies et de ma disponibilité: pour l'instant il reste un blog ! avec au moins un billet par semaine, le mardi en général. C'est promis.

dimanche 20 juillet 2008

Pause estivale.

C'est l'été.
Les camps battent leur plein.

A mon grand regret le guide de l'assistant sanitaire n'a pas pu être publié avant les camps, alors que le texte a été mis à la relecture fin avril. Les documents concernant la rénovation pédagogique sont passés avant.

Les lecteurs de mon blog ont toutefois pu en avoir un aperçu depuis plusieurs mois, et ce ne sera en principe que partie remise : annonce de la parution dans Azimut et dans le catalogue de la Boutique...

L'année 2007-2008 a vu la parution d'une soixantaine d'articles sur le blog: une année record pour le troisième anniversaire du blog ! Que nous réservera 2008-2009 ? C'est encore trop tôt pour le dire, mais j'ai plusieurs projets en tête. Rendez-vous en septembre!

Pour le moment, profitez bien de vos camps (pour ceux qui font du scoutisme), de vos vacances (pour ceux qui en prennent) et de votre été (pour tous).

mardi 15 juillet 2008

La santé en camp.

Comme je l'ai fait pour les addictions, je publie aujourd'hui un récapitulatif de tous les billets parus sur la santé en camp: publiés directement dans cette rubrique, récemment étoffée, ou dans la rubrique "assistant sanitaire".

En annexe, vous trouverez la dernière version, revue et corrigée, de "la trousse de premiers soins".


LE RÔLE D'ASSISTANT SANITAIRE EN ACCUEIL DE SCOUTISME

C'est l'objet d'une rubrique entière de ce blog...Lire en particulier les billets suivants : Assistant sanitaire en accueil de scoutisme et L'assistant sanitaire, point d'étape.

EDUCATION ET PREVENTION :

- La fiche sanitaire de liaison : une version "scoute" en réponse à nos besoins.
- Les rythmes de vie : Dormir en camp et Au camp, il y a un temps pour tout.
- Les conditions météo : Soleil et chaleur en camp, Après le beau temps la pluie et Orage ô désespoir.
- L'activité physique et les certificats.

SOINS :

- La tente infirmerie, le domaine réservé de l'assistant sanitaire.
- L'organisation des soins: Une demande à cadrer et Le registre de soins.
- Les trousses de soins en accueil de scoutisme : La trousse de premiers soins d'unité, les trousses de premiers soins d'équipe et la fiche pratique trousse de soins.
- L'assistant sanitaire et les médicaments : Auto-médication, les raisons d'un choix et aussi Désinfectants, pommades et petites gélules.
- Prise en charge des plaies : Soigner les plaies ordinaires et Conduite à tenir face aux plaies complexes.
- Conduite à tenir face aux tiques : Attention aux tiques !, avec fiche pratique en annexe.

DEUX ETUDES SUR LA SANTE EN CAMP :

- Thèse de médecine sur "le recours aux soins dans les camps de scoutisme" (Laurence Bardy 2006): étude portant sur 205 unités du scoutisme français au cours de leurs camps 2005.
Je décris le protocole de l'enquête, les observations concernant la trousse d'infirmerie, le détail des motifs de soins et les conclusions pratiques de ce travail universitaire.

- Enquête "Tous en forme" auprès des assistants sanitaires de 112 camps d'unités 11-14 ans en juillet 2006.
j'y décris les principales difficultés rencontrées, les attentes des assistants sanitaires, les astuces pratiques qu'ils ont mises en oeuvre, et enfin la manière dont ils ont associé les scouts à la prise en charge de leur santé.

samedi 12 juillet 2008

Organisation des soins

Tout n’est pas urgent. En camp, c’est important, et éducatif de bien « cadrer » la demande de soins.


1. Soins quotidiens :

Pour ne pas passer la journée à l'infirmerie, donner des horaires d'ouverture limités, par exemple de 19h à 19h30 avant le dîner. Si des soins doivent être pratiqués deux fois par jour, faire venir les jeunes concernés à une heure fixe le matin (8h à 8h15, par exemple).

Chacun est vu individuellement à tour de rôle.
Les autres attendent dehors au calme: les soins ne sont pas un spectacle.
On se déchausse à l'entrée de la tente.

Avant chaque soin l'assistant sanitaire - se lavera les mains.
- relira la fiche sanitaire pour ne pas risquer d'omettre un renseignement important ou une allergie.
- pourra se faire assister de l’éventuel responsable santé de l'équipe du jeune soigné (lui aussi se lavera les mains).

Chaque soin sera noté sur le registre de soins très précisément.

2. Soins d'urgence au camp :

Lorsqu'un jeune se blesse sur le lieu de camp, la règle des heures d'ouverture ne s'applique pas, bien sûr. Par contre la règle " Les jeunes ne doivent en aucun cas accéder seuls à la tente infirmerie", reste de rigueur.

3. Le registre de soins :

L'assistant sanitaire a une mission claire: « tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux. » (arrêté du 20 février 2003).
A cette fin, un registre de soins est disponible à la Boutique des Scouts et Guides de France, référence 101409, au prix de 4.50 euros.
Il permet de consigner tous les soins d’une année entière, de septembre au camp d’été.
Il comporte trois parties :

- La liste des participants: enfants et membres de l'encadrement. Y sont mentionnées les coordonnées de chacun et aussi celles des personnes à joindre en cas d'urgence. Il est possible d'y reporter les renseignements figurant sur la fiche sanitaire de liaison.
- Les traitements prescrits et les recommandations: deux pages pour noter dans le détail les éventuels médicaments ou recommandations particulières, avec possibilité de les ventiler en fonction de l'horaire : bien utile en camp pour ne pas faire d'erreur.
- Le registre des soins au quotidien: six pages numérotées pour noter au jour le jour le motif et la nature de chaque soin pratiqué, et le nom de l'intervenant, obligatoire. Ce registre doit pouvoir être présenté en cas d'inspection, et il sera demandé en cas de problème...

- En dernière page, un spécimen de registre de soins d'équipe, à photocopier et à remettre au responsable sanitaire de chaque équipe: un petit outil pédagogique utile pour associer les jeunes eux-mêmes à la prise en charge des soins quotidiens...

4. Le recours aux professionnels de santé :

Il est parfois nécessaire…

- Avant le camp, se faire conseiller un médecin généraliste à proximité et le contacter: l’informer de la présence du camp, lui signaler l’éventualité que l’on fasse appel à lui. Vérifier ses horaires d’ouverture et ses modalités d’intervention: sur rendez-vous ou sans? jusqu’à quelle heure ? fait-il des visites sur place si c’est nécessaire ? comment fonctionnent les services de garde locaux ?
- Suite à un problème de santé, joindre ce médecin en expliquant précisément ce qui s’est passé, ce qui a été constaté et les soins éventuellement dispensés.
- Si une consultation est nécessaire : Programmer le rendez-vous dès que possible pour être sûr d’être vu le jour-même. Apporter la fiche sanitaire du jeune et de quoi régler la consultation. Une feuille de soins sera remise avec l’ordonnance. Régler également les médicaments sur le compte de l'unité. Au retour les parents lui rembourseront la totalité des frais en échange de la feuille de soins. Si les parents bénéficient de la CMU (couverture maladie universelle), se munir d’une copie de l’attestation de sécurité sociale des parents pour éviter de devoir faire l’avance des frais.
- En dehors des horaires de présence du médecin généraliste correspondant, composer le 15 et ne pas hésiter à demander conseil au médecin régulateur si vous avez un doute. Il peut parfois être nécessaire de se déplacer dans un service d’urgence mais le faire avec bon sens est une attitude saine, citoyenne…et qui fera gagner du temps à tout le monde !

vendredi 11 juillet 2008

La tente infirmerie

La tente infirmerie est le domaine réservé de l'assistant sanitaire. Quelques conseils de bon sens pour se faciliter la vie...


Choisir de préférence une tente familiale (ou igloo) avec chambre et antichambre permettant de se tenir debout.: les soins se font si besoin dans l'intimité de la chambre, pendant que ceux qui attendent patientent au dehors. La chambre peut servir occasionnellement à un jeune pour se reposer.

Cette tente doit être installée au calme, à proximité de la tente des maîtrises.
Elle doit contenir :

- une table basse (ce peut être une malle en métal)
- un lit pliant avec drap et couverture
- un petit siège
- un système d'éclairage le plus efficace possible (type grosse lampe torche à piles)
- le matériel de premiers soins bien rangé
- la mallette à médicaments fermée à clé
- les trousses de secours d'équipe
- un grand bidon d'eau (pour se laver), avec du savon
- une bassine propre
- un torchon pour s'essuyer les mains et un gros rouleau d’essuie-tout.
- une bouteille d'eau minérale
- un sac poubelle
- les fiches sanitaires des jeunes et des animateurs bien rangés
- le registre de soins avec un stylo à portée de la main, pour inscrire tous les soins.

L’aménagement doit être fonctionnel, avec tout le matériel à portée de la main.
La tente doit être nettoyée et rangée après chaque série de soins,
Elle ne doit pas servir à autre chose qu’à assurer les soins.
Seuls ont le droit d’y entrer ceux qui viennent se faire soigner, les membres de la maîtrise et les éventuels responsables santé de chaque équipe, à l’invitation de l’assistant sanitaire…

jeudi 10 juillet 2008

Au camp, il y a un temps pour tout.

L'organisation du temps au camp est un art difficile...après la nuit (article d'hier), le jour. Et en pîèce jointe, la fiche pratique sur les rythmes de vie au camp.


LE LEVER

Les horaires de lever doivent être réguliers : Sinon il y a un risque de désorganiser le rythme naturel veille-sommeil. Les grasses matinées notamment sont à éviter. Dormir une heure de plus une fois ou deux dans le camp en cas de fatigue plus importante est acceptable mais éviter d’aller au-delà. Si besoin rallonger la sieste !
Un réveil progressif et individualisé : comme pour le coucher, prévoir 1/2heure pour le réveil de chacun est une bonne idée. Chacun se lève à son rythme : quand un jeune est réveillé, il se lève.
Un petit déjeuner échelonné : chacun se lève et prend son petit déjeuner à son rythme…C’est la dernière phase du réveil ! il faut juste s’assurer que chacun déjeune et définir une heure limite.
Un temps de « mise en train » sous forme de réveil musculaire peut être proposé à ceux qui le souhaitent… un moment sympa à partager, en communion avec la nature ; mais sans exercices violents !
Le réveil doit être accompagné (comme le coucher, à graduer selon les âges).

LES REPAS

Objectif : manger à l’heure : La mauvaise gestion des temps de repas est le meilleur moyen de décaler ses horaires… il vaut mieux raccourcir une activité que risquer un décalage fatal.
Y consacrer le temps qu’il faut : à la préparation et au repas lui-même : le repas doit être un plaisir, un temps de pause, un temps de partage... pas un temps de 10 mn où l’on se dépêche d’avaler à toute vitesse avant de passer à autre chose ! l’air de rien, le repas est aussi un temps éducatif.
Adapter les menus au temps disponible : par exemple pas de longue préparation si la demi-journée qui précède a un programme chargé.

L’APRES REPAS DE MIDI

En début d’après-midi, l’organisme humain est au plus bas, et le soleil au plus haut... c’est le temps des activités calmes. Un temps indispensable à tout âge : la sieste peut difficilement être obligatoire mais elle doit être encouragée pour ceux qui le souhaitent. Chacun occupe son temps calme comme il l’entend : c’est un temps à individualiser, comme le coucher et comme le lever.

LA JOURNEE TYPE

Bien organiser la vie quotidienne: se lever, s’habiller, se laver, ranger, nettoyer, préparer le repas, manger, se déplacer, se coucher, s’endormir… autant de moments à prévoir dans la journée-type pour que le camp se passe sereinement : le camp n’est pas une course contre la montre, de toute façon perdue d’avance !
Équilibrer la journée entre temps actifs et temps calmes, temps individuels et collectifs, temps d’équipe et temps d’unité… il faut éviter à la fois l’activisme et l’inaction.
Fixer des rendez-vous réguliers, toujours à la même heure, autour desquels la vie se structure : lancement de journée, conseils, repas du soir…
Faire preuve de bon sens : savoir parfois renoncer à une activité si on a sous-estimé le temps passé ou si les conditions météo ne sont pas favorables. Tenir compte de la fatigue, surtout en deuxième partie de camp.

LE CAMP DANS LA DUREE

Équilibrer le programme de camp entre événements marquants et périodes plus calmes. Celles-ci permettront de préparer les temps forts du camp dans de bonnes conditions, et de récupérer dans l’intervalle : important pour se redire ce qu’on a vécu, le digérer… et se remettre en forme pour la suite.
Mettre en place une gestion du temps rigoureuse dès les premiers jours conditionne la réussite de la suite : quand la fatigue se fait sentir, la vie quotidienne se relâche, l’ambiance du groupe se détériore, les projets prévus ne sont pas menés à leur terme… et les accidents sont plus fréquents à la fin des camps.

mercredi 9 juillet 2008

Dormir en camp.

Au camp d’été, bien maîtriser le temps est fondamental: une bonne organisation de la vie collective dans la durée facilite la réalisation des projets prévus; et l’adoption dès le début de rythmes de vie équilibrés permet à chacun de rester en forme jusqu’au bout…

Il est donc important de mettre en place des repères temporels stables, des rituels qui rythmeront la vie du camp : repas, conseils, services, temps libre, lever et coucher… Ces repères doivent idéalement rester les mêmes du début à la fin pour que chacun s’y retrouve.

LE SOMMEIL

Il représente près d’un tiers de notre vie… y compris en camp ! Un sommeil réparateur pour tout le monde et pour toute la durée du camp est le gage d’un camp réussi. L’expérience des week-ends d’année permettra aux maîtrises de repérer comment chacun se situe par rapport au sommeil.
Vivre en pleine nature est une invitation à bien respecter les rythmes naturels de son corps. Il n’y a pas de durée standard, les besoins de chacun sont très variables : dès le plus jeune âge on trouve des petits et des gros dormeurs, des couche-tard et des lève-tôt. Quelques règles de bon sens :

La tente, c’est la chambre à coucher : sauf exception, on n’y va que pour dormir.

Pour bien dormir, le confort c’est important : une tente en bon état, bien montée, dans un endroit plat, peu de bosses, peu d’humidité… et de la place pour chacun ; une tente annexe pour entreposer ce qui ne sert pas pour la nuit (vêtements de rechange, chaussures, matériel d’équipe…) peut être bien utile.

Le rangement, l’hygiène de la tente et de chacun sont des comportements qui s’apprennent, ils ne sont pas innés. On ne dort pas bien avec les vêtements de la journée ou dans les effluves envoûtantes des chaussettes sales. La maîtrise doit s’en soucier, avec tact et mesure bien sûr (un homme pour les équipes de garçons, une femme pour les filles…), notamment pour ceux qui campent pour la première fois. Et autant bien poser les bases dès le début du camp plutôt que de devoir rattraper ensuite des situations désagréables.

La nuit, on dort…et si on ne dort pas, on respecte le sommeil des autres. Une règle élémentaire à faire respecter dès le début du camp.

LE COUCHER

Les horaires de coucher doivent être raisonnables et réguliers : les couchers tardifs doivent être rares. Ils désorganisent les rythmes de vie, et favorisent l’accumulation de fatigue la deuxième moitié du camp.

Attention aux premières soirées : Seule la première nuit peut être gérée d’une manière un peu plus décontractée (se retrouver en groupe, le changement d’environnement, le début d’une nouvelle aventure peuvent justifier une excitation bien légitime)… mais dès le lendemain, le nouveau rythme de vie doit s’imposer à tous.

Chaque soir, retour au calme progressif, de la fin de veillée jusqu’au sommeil : ½ heure pour se coucher, puis « extinction des feux »…et ½ heure de tolérance pour obtenir le silence complet. Certains s’endormiront à peine couchés parce que c’est le moment…les autres doivent comprendre que leur « train du sommeil » à eux passera plus tard et les laisser dormir.

Le coucher doit être accompagné : c’est un temps de vie comme un autre. Les enfants et les jeunes restent sous la responsabilité des maîtrises… à graduer selon les âges, mais même avec des adolescents il faut garder un œil sur la période du coucher.

lundi 7 juillet 2008

Orage, ô désespoir!

La survenue d’un orage est une situation stressante, notamment avec les plus jeunes. Le risque de prendre la foudre, même limité, existe.

L’ Association Protection Foudre publie sur son site apfoudre.com des recommandations sur la conduite à tenir en cas d'orage, et les justifie. Je n'ai curieusement jamais trouvé d'articles sur ce sujet dans la littérature scoute, alors que camper sous l'orage est une expérience fréquente, et potentiellement dangereuse.

Cet oubli est réparé : vous trouvez dès à présent sur l'extranet (l'espace responsables des Scouts et Guides de France) la fiche récapitulative des trois derniers articles de ce blog. Je vous la mets également en pièce jointe en fin de cet article.


Je reprends ci-dessous les recommandations qui me semblent les plus pertinentes pour la pratique du scoutisme :

Éviter toute situation d’exposition directe à la foudre : pas d’activité sous les arbres, en plein champ, surtout pas de baignade ou d’activité avec de l’eau (très conductrice).

En espace ouvert, éviter de courir, de rester debout jambes écartées (risque de propagation de la foudre depuis un impact à travers la terre), et ne porter aucun objet au dessus de soi (notamment métallique; et pas de parapluie !).
La position de moindre risque est de s’allonger à terre, jambes repliées, idéalement sur un vêtement isolant (vêtement de pluie par exemple)
En groupe, prendre ses distances (pour éviter le risque d'un éclair latéral entre 2 personnes).
Se mettre à distance des arbres isolés, et de toutes structures métalliques : pylônes, clôtures…

En pleine forêt, s’écarter le plus possible des troncs et des branches basses limite les risques.

Ne jamais téléphoner d’une cabine téléphonique (avec un téléphone mobile, c’est possible)

Éviter de s’abriter dans un hangar avec toit de tôle
Une automobile fermée est une bonne protection (penser à replier l’antenne radio)
Sous la tente, mettre à distance tous les objets métalliques potentiellement conducteurs (bonbonnes de gaz, gamelles, piquets de tente…)

dimanche 6 juillet 2008

Après le beau temps, la pluie.

La pluie est à juste titre réputée pour gâcher les camps... quelques pistes pour rester à sec.


Bien choisir son lieu de camp : éviter les emplacements trop humides, les terrains marécageux (mais parfois secs au printemps lors de la reconnaissance…); éviter la proximité d’un torrent; avoir un lieu de repli possible en cas de forte pluie (8-11 ans notamment).

Prévoir un matériel adapté : tentes en état, marabout éventuel, bâches ou vieux doubles toits, matériel d’activités calmes (quelques livres, BD, jeux de société…)
Veiller à l’équipement personnel de chaque jeune (vêtements de pluie, chaussures, de quoi se changer…)

En cas de journées pluvieuses à répétition, la lutte contre la pluie doit être une priorité :

Organiser le séchage : cordes d’étendage sous les bâches, près du feu, dans chaque coin d’équipe… La maîtrise doit aider chaque équipe à se prendre en charge avant que tout soit mouillé...
Faire naître un esprit de groupe : la maîtrise se motive pour rester modélisante, car le comportement des chefs face aux intempéries conditionne celui des enfants. Le groupe entier doit se mobiliser contre la pluie, d’une manière ludique si possible ! (imaginaire, chansons, rituels…)
Adapter le programme prévu, mais rester actif : au moins une activité dynamisante par jour, éventuellement sous la pluie (mais après, on se sèche et on se change, on se réchauffe avec des boissons chaudes…)
Imaginer des occupations calmes et les « organiser » : les jeunes ne restent pas sous la tente toute la journée, mais dans des espaces collectifs abrités; sous des bâches, un préau, une grange… On peut jouer à des jeux de société mais pas à 4 dans son coin, on les organise (tournois etc...)
Ne pas jouer les héros : si la situation devient trop critique (tentes inondées, affaires trempées, plus de linge de rechange, moral qui flanche) envisager à temps des solutions de repli (dormir une nuit dans une maison pour récupérer, raccourcir le camp d’un jour ou deux…)

mardi 1 juillet 2008

Soleil et chaleur en camp...

Après les addictions, j'inaugure en ce 1er juillet une nouvelle série de billets d'actualité...plus chaude.


« Évitez de sortir aux heures les plus chaudes et de pratiquer une activité physique. Maintenez votre logement frais. »
Cette recommandation de bon sens pour temps de canicule vaut aussi pour les camps : aux heures les plus chaudes, il vaut mieux éviter le soleil et se tenir tranquille…et maintenir la tente fraîche : installée à l’abri du soleil et aérée régulièrement.


Bien choisir le lieu de camp : espaces ombragés, fraîcheur, eau potable accessible, cours d’eau à proximité…
Implanter correctement les tentes (endroits frais, à l’ombre une partie de la journée) et les aérer aux périodes les moins chaudes de la journée (le matin au lever et le soir avant la veillée)
Créer des espaces ombragés et aérés : au dessus de la table d’unité, des coins d’équipe, les bâches ou les vieux double-toits peuvent rendre bien des services ! comme sous une tente touareg, l’air doit circuler partout, assurant une fraîcheur salutaire même en cas de température extrême.

Pas d’activité physique entre 12 et 16 heures : activités calmes, repas, sieste, conseils, jeux de société… à l’abri sous les bâches, pas forcément sous les tentes.
En cas d’exposition au soleil : se protéger la tête (chapeaux, casquettes, foulards…) ; garder tee-shirts ou chemise pour se protéger des rayons du soleil sur la peau. Mettre de la crème solaire. On sera particulièrement vigilant en début de camp.
S’hydrater régulièrement et abondamment : pour compenser les pertes en eau il faut boire entre 2 et 3 litres par jour (en fonction de la chaleur et de l’activité) ! On prévoira de l’eau à volonté pendant les repas (y compris au petit déjeuner et au goûter). Suggestion : mettre de la soupe au menu des jours de grande chaleur. C’est ce qu’il y a de mieux pour apporter des sels minéraux en même temps que du liquide : quand on transpire, on perd de l’eau, mais aussi du sel, indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.


Si une chaleur caniculaire s’installe, employer les grands moyens :

Attribuer le matin à chaque jeune deux bouteilles d’eau fraîche d’un litre et demi, qu’il doit avoir consommé avant le coucher. La gestion des bouteilles d’eau peut être confiée à un jeune de chaque équipe.
S’humidifier régulièrement : douches, jeux d’eau, baignades si on en a la possibilité. Une fois mouillé, sécher à l’air sans s’essuyer pour que le corps s’hydrate mieux.
Adapter le programme du camp : parfois vital ! la maîtrise doit faire preuve de bon sens, modifier les horaires (lever plus tôt, période calme plus longue en milieu de journée…) et parfois repousser à plus tard certaines activités trop coûteuses en énergie.
Faire de la lutte contre le chaud une mission d’intérêt public : autant que la pluie, une période de canicule prolongée peut compromettre la réussite d’un camp. La chaleur, çà fatigue : le plan B proposé par la maîtrise doit être composé d’activités plus calmes mais néanmoins enthousiasmantes !

dimanche 29 juin 2008

Rubrique addictions: pour s'y retrouver.

Je remets à jour le billet récapitulatif publié le 15 juin, pour favoriser la lecture thématique des billets consacrés aux addictions.

J'en suis à 14 nouveaux billets dans cette rubrique depuis le mois de mars ! ce qui fait 23 billets depuis 2006. Il est donc grand temps de mettre un peu d'ordre...

Vous retrouverez l'essentiel de ces textes dans le guide de l'assistant sanitaire en accueil de scoutisme, qui sortira à l'automne.
A partir de mardi, changement de programme avec des articles sur la santé en camp.


Généralités sur les addictions :
- Vous avez dit addictions? Un article basé sur les réflexions et sur l'expérience de François Cordier, médecin et responsable scout.
- Drogues, conduites à risques ou addictions? Petit décryptage de l'évolution des mots, pas toujours innocents...
- Drogues et dépendances : un site Internet sur les addictions.
- Le plan national contre les addictions 2006-2011

La réalité des addictions:
- Addictions des jeunes: désinformation?...Pour inciter chacun à faire preuve d'esprit critique.
- Les drogues à 17 ans: enquête Escapad 2005.

Le rôle du scoutisme:
- Le scoutisme, outil de liberté: Inventaire rapide des facteurs de protection que le scoutisme contribue à développer.
- Faire face aux addictions: quelques outils concrets pour agir face à un comportement d'addiction.
- Apprendre à dire non . En annexe la fiche pratique.

La consommation d'alcool:
- L'élixir de printemps: une initiative à saluer !
- Les Etats Généraux de l'alcool.
- Du verre de l'amitié au coma éthylique:un témoignage paru dans la revue des compagnons.
- Les scouts et l'alcool.
- Alcool: réglementation et réalité.
- Prévenir la consommation d'alcool.En annexe la fiche pratique.

La consommation de tabac:
- Scoutisme et loi anti-tabac.
Ou comment appliquer la nouvelle loi anti-tabac dans les activités scoutes...
- Pas de fumée! même dans les activités scoutes?
- Premières cigarettes: comment çà commence...
- Tabac: réglementation et réalité.
- Prévenir la consommation de tabac.En annexe la fiche pratique.
- Les scouts qui fument sous la tente.

La consommation de cannabis:
- Cannabis: réglementation et réalités.
- Prévenir la consommation du cannabis.En annexe la fiche pratique.

samedi 28 juin 2008

Prévenir la consommation du cannabis.

Les scouts et les guides sont des jeunes comme les autres. Il serait illusoire de penser que la pratique du scoutisme "vaccine" contre la consommation des substances dites "psycho-actives" !

Nous avons néanmoins de nombreux atouts pour agir efficacement :

1. Eviter si possible l’expérimentation du cannabis : comme pour les autres addictions, la pratique d’un scoutisme de qualité peut jouer un rôle important : si l’on fait vivre aux jeunes des activités intéressantes, des projets responsabilisants dans un cadre de vie suffisamment protecteur, d’autres types d’expériences auront moins d’attrait. (cf les billets sur les addictions).

2. Intervenir à bon escient :

a. L’interdit de la consommation de cannabis doit être rappelé aux préadolescents et surtout aux adolescents, comme un principe incontournable qui entraînera des sanctions. Comme pour les autres addictions, l’intervention doit être double : sanctionner mais aussi accompagner, « soigner ».

b. Sanctionner de manière juste : fumer un joint est interdit par la loi, il ne faut donc pas banaliser. Mais s’il n’y pas de récidive le jeune ne met pas en péril sa santé ; il vaut mieux être à ce moment dans le rappel à la règle, à ses engagements de scout ou de guide… favoriser la discussion avec les autres et une « réparation » à inventer en rapport avec la vie scoute (éventuellement avec le jeune lui-même).

c. S’il y a répétition du comportement, il faut chercher à approfondir : comment et pourquoi le jeune en est-il arrivé là ? il faut surtout éviter de faire une fixation sur la consommation de cannabis et parler avec lui de sa vie, de ses difficultés, de ses amis etc…et lui proposer d’être à ses côtés pour éviter d’aller plus loin.

d. Ne pas exclure avant d'avoir tout tenté: si on découvre que le jeune est en train de « décrocher » sur le plan scolaire, avec ses amis, ses parents, les scouts…s’il s’isole, devient agressif ou au contraire silencieux, ce n’est sûrement pas le moment de l’exclure, bien au contraire : il peut trouver un prochain jour dans la pratique du scoutisme des appuis et des ressources qui l’aideront à se reprendre. Et si lui-même propose d’arrêter les scouts, il faut lui proposer l’inverse...en tout cas laisser la porte ouverte à un retour ultérieur et garder le contact.

e. Protéger les autres : si on est vraiment face à un comportement de provocation ou d’incitation à la consommation, il faut d’abord protéger les autres et se protéger soi-même en respectant la loi : il ne faut pas hésiter à renvoyer un jeune chez lui au cours d’un week-end ou pendant un camp si le comportement est trop grave. Excellent moyen de « provoquer » un électro-choc,peut-être d’associer les parents à la démarche et de se positionner par rapport aux scouts : un tel événement peut avoir valeur d’exemple.

f. Assurer le service après-vente : proposer aux parents de revenir en discuter à froid avec eux et avec leur enfant, et toujours garder ouverte la possibilité de refaire du scoutisme. Sauf bien sûr si les actes ont été trop graves… Il faut toujours faire confiance en l’avenir : à l’adolescence, les comportements, même les plus explosifs, sont rarement définitivement fixés…

3. Pour les chefs consommateurs, un objectif : s’en passer…

Nous n’aurons pas la naïveté de croire qu’aucun chef ou cheftaine ne consomme de cannabis… S’il le fait dans la pratique du scoutisme, il se met encore plus dans l’illégalité qu’en prenant une cuite, et il se met hors d’état d’exercer ses responsabilités. Tout chef fumeur de cannabis doit donc s’abstenir de la faire quand il fait du scoutisme…s’il en est incapable, s’il n’arrive pas à s’en passer par exemple pour la durée d’un week-end, c’est probablement qu’il est dépendant. Il doit en prendre conscience et mettre tout en œuvre pour arrêter cette consommation.
Il peut se faire aider par son médecin traitant, ou aller consulter un addictologue, par exemple dans un centre d’aide au sevrage cannabique : ce sont des structures récemment créées pour aider à arrêter.

Et les autres substances illicites ?

Nous avons parlé de la prévention des addictions en général, et des trois produits les plus couramment consommés : le tabac, l’alcool, le cannabis. Ce n’est bien évidemment pas exhaustif. Il faut appliquer de toute façon les principes généraux d’action que nous avons décrit ici . Ce qui est à prendre en compte c’est d’abord l’addiction, le comportement de dépendance...y a-t-il ou non un réel comportement de dépendance ? Dans le cas des produits illicites, la loi qui s’applique est à peu près la même que pour le cannabis, mais on est a priori d’emblée dans des consommations plus graves. Face à ces situations, des réponses éducatives simples ne suffisent plus : il faut impérativement passer le relais aux responsables du groupe local et partager la décision à prendre avec eux.

Des centres d’écoute téléphonique. Plusieurs numéros d’accueil téléphonique sont disponibles : toute personne concernée, directement ou indirectement, par ces comportements de consommation peut les utiliser. Concrètement, les chefs ou cheftaines peuvent s’en servir pour demander conseil face à une situation qui leur pose problème, ou pour eux-mêmes… ils peuvent aussi inciter les scouts et guides à le faire eux-mêmes. Ce sont des numéros de téléphone anonymes et gratuits (au moins depuis une ligne fixe).

  ÉCOUTE CANNABIS : 0 811 91 20 20
  ÉCOUTE ALCOOL :   0 811 91 30 30
  DROGUES INFO SERVICE : 0 800 23 13 13

Mais les maîtrises peuvent aussi avoir avec elles, notamment en camp, leurs propres numéros d’écoute téléphonique : celui du responsable du groupe local, celui d’un médecin parent de scout…

jeudi 26 juin 2008

Cannabis : réglementation et réalités.

En France, l'usage du cannabis est un délit, mais depuis le début des années 2000 sa consommation est très répandue, notamment parmi les adolescents et les jeunes adultes. Quelques repères.


1. Le cannabis est un produit classé stupéfiant et son usage est interdit, conformément à la loi du 31 décembre 1970, dont les dispositions ont été intégrées au code pénal et au code de la santé publique.
2. Sont interdits la production, la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition ou l'emploi du cannabis, de sa plante et de sa résine, des produits qui en contiennent ou de ceux qui en résultent. (Article R5132-86 du code de la santé publique)
3. La peine encourue pour usage de cannabis peut aller jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende (en cas de conduite sous l’emprise de cannabis jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende)
4. La loi de lutte contre la délinquance de mars 2007 « vise à redonner force à l’interdit social par des sanctions plus crédibles et des réponses mieux adaptées » notamment en développant les injonctions thérapeutiques et le registre des peines de substitution : stages de sensibilisation aux dangers de l’usage des produits stupéfiants… » (Art. R. 131-46 du code de la santé publique)
(Synthèse OFDT 2008)

A la différence du tabac et de l’alcool, dont la consommation est simplement encadrée et réglementée, il n’y a pas d’échappatoire : le cannabis, c’est interdit, pour les jeunes comme pour les adultes. Et ceux qui ne respectent pas cet interdit risquent gros. Ils sont pourtant nombreux...


1. Le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France, et la France est l’un des pays les plus consommateurs d’Europe.
2. A 17 ans, environ un jeune sur deux a essayé le cannabis au moins une fois. La première expérience a eu lieu en moyenne vers 15 ans, mais a pu se faire parfois avant 14 ans.
3. A 17 ans, un jeune sur 10 est consommateur régulier (au moins 10 fois par mois).
4. La consommation de cannabis est plus répandue chez les garçons.
(Sources : synthèse OFDT 2007 et « Cannabis, données essentielles 2007 »)


Ainsi le cannabis est une substance illicite que la moitié des adolescents ont essayé, en général entre 14 et 17 ans… âge où a lieu souvent aussi l’expérience de la première cuite ou le passage à une consommation régulière de tabac.

Les motivations de départ sont souvent basiques : - Le besoin de se confronter au monde adulte, la transgression d’un interdit.
- L’envie d’éprouver de nouvelles sensations, de vivre de nouvelles expériences.
- L’envie de faire comme les autres : accepter un joint, c’est souvent un visa pour l’intégration dans un groupe de copains, la reconnaissance par les autres.

La plupart en resteront à des consommations occasionnelles sans conséquences notables. Le cannabis n’a pas la même puissance addictive que le tabac.

Mais un nombre important d’adolescents et de jeunes adultes (environ un sur dix), en consomme régulièrement, ce qui est problématique :

- Le caractère illégal et répété de la recherche et de la consommation de cannabis banalise les comportements de transgression de la loi, et risque d’entraîner d’autres actes illégaux.
- Le comportement sous l’emprise du cannabis est modifié : réactions inappropriées et ralenties, risques d’accidents en deux-roues ou en voiture, etc.
- Celui qui est accro au cannabis « décroche » avec sa vie :
. La consommation de cannabis procure une sensation de détente, de déconnexion, qui entraîne une déconcentration et souvent un décrochage scolaire…
. Elle entraîne une difficulté à faire des choix cohérents. Or c’est à l’adolescence que doivent se faire certains choix importants pour l’avenir, l’orientation scolaire notamment…
. Elle entraîne de la même manière un décrochage fréquent avec les activités et engagements habituels, sportifs, associatifs ou autres : ce n’est plus aussi facile qu’avant de se concentrer et d’être actif. Le jeune est de plus en plus souvent « dans son monde », un monde qu’il ne partage plus avec les autres et qui l’isole...

Les jeunes qui décrochent ainsi sont souvent les plus vulnérables, les plus fragiles sur le plan psychique, ceux qui avaient le moins de ressources personnelles pour résister à l’addiction.

mardi 24 juin 2008

Les scouts qui fument sous la tente...

Petit cas pratique à partir des réflexions menée par des stagiaires de stage BAFA 2 à La grande Motte en février 2008 : que faire cet été si un soir nous découvrons des scouts (ou des guides) de la tranche d'âge 11-15 ans fumant sous leur tente?

Ils se sont un peu creusé la tête et voici le fruit de leurs réflexions, que les visiteurs peuvent bien sûr enrichir !


LE SOIR MEME

- Faire sortir les fumeurs et aérer la tente.
- Confisquer les cigarettes.
- Montrer sa réprobation, son mécontentement, mais sans insister. Faire recoucher et reporter la discussion au lendemain: se donner du temps évite de réagir sur le coup de la colère ou de la déception … « la nuit porte conseil », aux jeunes comme aux chefs !

LE LENDEMAIN

- Organiser une réunion pour en parler avec les jeunes fumeurs, éventuellement toute l’équipe :

. La maîtrise doit rappeler les incontournables : fumer en camp, c’est enfreindre la loi ; se mettre à fumer, c’est risquer de devenir dépendant et mettre en danger sa santé. Elle doit aussi amener les scouts à réfléchir : « certains ont incité les autres à fumer, dommage… mais pourquoi avez-vous accepté ? »
. Décider ensemble quelles seront les suites: sanction, pas sanction ? Lesquelles ? Et faut-il en parler aux parents ?
La question de la relation aux parents est une question délicate : il y a une exigence de responsabilité et de transparence. Mais le dire aux parents peut mettre certains jeunes en difficulté, c’est pourquoi il faut annoncer la couleur : « Nous devons en parler à vos parents : ils nous ont fait confiance pour nous occuper de vous pendant 15 jours, nous avons des comptes à leur rendre. ».
Il faut renvoyer les jeunes fumeurs à leur propre responsabilité : « Nous vous faisions confiance, et vous avez trahi cette confiance. »

- Envisager une animation de toute l’unité pour en parler avec tous (soirée débat : « pour ou contre la cigarette », procès de la cigarette …)


Le chef scout peut être un bon médiateur entre le jeune et ses parents : Encourager le scout à rester dans le secret serait lui rendre un mauvais service.
Il doit l’aider à amorcer un dialogue, même si c’est difficile. Par exemple proposer d'en parler aux parents en sa présence : rien ne sera fait dans son dos. Si, pour des raisons particulières (relations familiales conflictuelles…) la décision prise est de ne pas en parler aux parents, il faut être très clair : « nous n’irons pas le dire spontanément, mais si on nous pose des questions nous ne mentirons pas. Et s’il y a une récidive, on ne vous demandera même plus votre avis. »

lundi 23 juin 2008

Prévenir la consommation de tabac.

La dépendance au tabac vient très vite, et c'est avec l'alcool la substance qui a le plus de conséquences à long terme sur la santé : elle est responsable notamment de cancers, d’infarctus et pour ceux qui y ont échappé de fins de vie difficiles liées à l’insuffisance respiratoire chronique qu’elle finit par entraîner…

Nous, scouts et guides, que pouvons-nous y faire?


1. Retarder le premier contact avec le tabac:

Plus un jeune commence à fumer tôt, plus il a de risques de devenir dépendant. C’est pourquoi il est important d’entretenir et développer les convictions anti-tabac des scouts non-fumeurs :

- La maîtrise s’efforcera de respecter la loi et de ne pas fumer pendant la pratique du scoutisme.
- Avec les préadolescents, ne pas attendre que le problème de la « première cigarette » se pose : si possible, il faut en parler avant. Par exemple en rappelant dès le début d’année que toute consommation de tabac est interdite. Si besoin en donnant aux jeunes l’occasion d’exprimer ou de confronter leurs convictions sur la question (à travers un jeu, une veillée-débat, une information des responsables santé de chaque équipe …
- Face à un problème de consommation imprévue, réagir de manière proportionnée : celui qui a incité les autres à fumer doit être davantage sanctionné que celui qui a juste tiré deux ou trois bouffées « pour faire comme les autres »… en parler avec les jeunes concernés, avec l’équipe, se poser la question d’en parler aux parents etc…
La première expérience n’est pas forcément vécue comme très agréable, il faut donc limiter le plus possible les risques de récidive.

2. Limiter le passage à une consommation régulière:

Soyons lucides. Parmi les apprentissages que font les adolescents entre 14 et 17 ans, l’un des plus répandus est clairement celui de la consommation du tabac : à 14 ans, la consommation est rare, à 17ans, un adolescent sur trois, fille ou garçon, fume régulièrement (voir article précédent).

Il faut donc impérativement proposer des contre-feux :

- Développer dans chaque unité une culture « non-fumeur » : Si l’unité d’adolescents est en majorité « non fumeur », on inverse ainsi le rapport de force, et la pression du groupe joue contre la consommation de tabac. L’idéal étant de trouver dans chaque équipe un ou deux jeunes non fumeurs décidés à jouer dans cette action un rôle moteur.

- Mettre en place des règles de vie réalistes et respectueuses : La loi interdit de fumer quand on fait du scoutisme, mais les jeunes qui fument ont le droit de faire du scoutisme. Un jeune fumeur régulier aura peut-être beaucoup de mal à ne pas fumer du tout pendant une journée. Les fumeurs doivent s’efforcer de respecter les non-fumeurs, et la loi… Tant qu’ils n’arrivent pas à s’en passer définitivement, ils iront fumer en dehors du local ou de l’enceinte du camp, à un moment où çà ne gêne pas le bon déroulement des activités. De leur côté, ils doivent s’engager à ne pas inciter les autres à fumer.

3. Encourager les fumeurs à s’arrêter :

C’est la responsabilité éducative de la maîtrise de faire cette proposition.

Un membre de la maîtrise (par exemple l’assistant sanitaire) devrait prendre le temps de discuter avec chaque jeune fumeur de sa consommation : Qu’est-ce que çà lui apporte ? Quelles sont ses motivations ? Quel plaisir y trouve-t-il ? Combien de temps peut-il s’en passer ? Ses parents sont-ils au courant, et qu’en pensent ses amis ? En a-t-il déjà parlé à son médecin traitant ? Envisage-t-il d’arrêter et souhaite-t-il une aide?... La discussion peut éventuellement réunir tous les jeunes fumeurs de l’unité.

Ce travail de réflexion, le jeune ne l’a sûrement pas fait. Ça vaut vraiment la peine de tenter le coup : entre 14 et 17 ans, l’habitude de fumer n’est pas encore très forte et il discutera plus facilement avec son chef ou sa cheftaine qu’avec ses parents …ou avec une copine ou un copain non fumeur de l’équipe.

Et si une demande d’arrêt du tabac se fait plus précise, il faut donner les moyens au jeune de la concrétiser, en lien avec les parents, les autres membres de l’équipe etc.…

4. Pour les chefs fumeurs, un objectif : s’en passer…

A 17 ans, un tiers des jeunes fument, et on trouve sans doute la même proportion de fumeurs chez les chefs et cheftaines des mouvements de scoutisme… Le scoutisme est une bonne occasion de s’interroger sur sa pratique :

- C’est un peu gênant sur le plan du respect de la loi : depuis la loi de 2006, le scoutisme, en principe c’est sans tabac… Ceux qui fument malgré tout doivent le faire en dehors de la présence des enfants, après les activités et en dehors de l’enceinte du camp. C’est compliqué, et pas très « exemplaire ».

- C’est un peu gênant sur le plan éducatif : qu’il le veuille ou non, le chef qui fume joue un rôle « incitatif » vis-à-vis des jeunes. Et même s’il le cache, ils le découvriront forcément un jour… mieux vaut jouer cartes sur table.

- C’est une pratique coûteuse : à cinq euros environ le paquet, le budget mensuel de celui qui fume un paquet par jour approche les 150 euros. Chaque chef fumeur a-t-il fait le calcul de ce qu’il pourrait s’offrir avec 150 euros par mois ?

- De quel côté penche la balance « avantages inconvénients » de ma consommation ? est-ce que çà m’apporte encore une détente, du plaisir ? les avantages étaient sans doute évidents à 15-16 ans, mais peut-être moins à 20 ou 25 ans…

- Si j’arrête de fumer, qu’est-ce que j’y perdrai ? qu’est-ce que je gagnerai ?


Entre 18 et 25 ans, la dépendance au tabac, si elle est là, est encore récente. Et si l’on est mieux dans sa peau qu’à l’adolescence, ce n'est peut-être pas la peine d'attendre 40 ans pour se motiver…

S’en passer pendant les activités scoutes de l’année sera une première étape pour tester ses capacités avant de franchir le pas définitivement. De nombreux dispositifs d’aide à l’arrêt existent.

Il est possible aussi de se faire aider par son médecin traitant, car ce n’est pas très facile d’arrêter tout seul.
En annexe, vous trouverez la fiche pratique: "Prévenir la consommation de tabac."

- page 2 de 10 -