Le 10 janvier dernier a eu lieu la 5e journée nationale sur l'obésité infantile...en France, un enfant sur cinq ou six semble être en surpoids, et les autorités sanitaires craignent une épidémie d'obésité dans les prochaines années comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis.
Profitons de l'occasion pour faire le point des recommandations et de l'action possible du scoutisme : un jeune par équipe en surpoids, c'est déjà beaucoup !
Les habitudes alimentaires se prennent dès le plus jeune âge, souligne l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire, organisatrice de l'événement, mais la plupart des familles "manquent de repères nutritionnels" au quotidien.
A peine 20% des 3-17 ans mangent «5 fruits et légumes par jour». La consommation en aliments complets (pain, riz et pâtes complets) reste insuffisante, tandis que celle de produits et boissons sucrés reste trop importante.
Les repères du Plan national nutrition santé pour les adolescents sont les suivants:
4 repas par jour: petit déjeuner, déjeuner, goûter,dîner, en évitant le grignotage.
Fruits et/ou légumes: Au moins 5 par jour
Pain et féculents : À chaque repas et selon l’appétit
Laits et produits laitiers : Au moins 3 fois par jour
Viandes, poissons, oeufs: 1 ou 2 fois par jour
Matières grasses ajoutées: Limiter la consommation
Produits sucrés: Limiter la consommation
Sel:Limiter la consommation
Boissons: De l’eau à volonté
Activité physique: Au moins l’équivalent d’une demi-heure de marche rapide chaque jour.
Comment le scoutisme peut-il contribuer à atteindre ces objectifs, et ainsi à apporter sa pierre à la diminution du surpoids et de l'obésité?
En premier lieu, la pratique du scoutisme est déjà en soi un encouragement à être actif : il se vit en priorité dehors, rarement devant un écran (sauf pour l'auteur de ce blog...). En camp, pas de souci...mais c'est un appel à garder une dose d'activité suffisante à chaque réunion hebdomadaire (notamment chez les 15-17 ans).
La répartition journalière des repas et leur composition doit inspirer l'intendant quand il fait ses menus: en poussant notamment sur les fruits et légumes et sur les produits laitiers. Et en faisant découvrir les couleurs, les odeurs, les goûts, les textures, les saveurs des aliments, comme je l'avais souligné précédemment dans un article sur l'éducation au goût. Ce n'est pas toujours simple, mais respecter ces quelques principes risque d'interpeller certains jeunes...
La limitation de graisses ajoutées, de sel et de produits sucrés n'est pas très difficile à respecter: il suffit notamment d’éviter les excès d’assaisonnements sur tous les plats (mayonnaise, sauces sucrées, fromage râpé…).
Il faut faire attention au contenu des goûters (essayer de varier, d'introduire fruits ou même légumes, limiter les boissons sucrées...), notamment pendant les activités d'année: c'est bien de confier à chaque équipe à tour de rôle la préparation des goûters, mais exiger quelques règles simples dans leur préparation peut être une bonne idée.
L'AFPA souligne l'importance de "la bonne humeur dans le cercle familial, la convivialité des repas et la participation aux courses et à la cuisine"... des recommandations souvent considérées comme allant de soi dans la pratique du scoutisme en camp et en week-end.
Les pédiatres conseillent aussi de manger lentement et de ne pas se resservir: une incitation à accorder aux repas un temps suffisant et à calculer au plus juste les portions de chacun. Manger lentement est une bonne manière de mieux éprouver les perceptions de faim et de satiété...utile, car beaucoup de personnes en surpoids perdent assez vite ces repères, mangent sans faim,ne supportent plus d'éprouver la faim qui doit être instantanément "comblée"...
