• Les scouts et guides sont globalement peu consommateurs de soins: près de la moitié n'ont jamais demandé de soins, et les autres demandent entre deux et trois soins par camp. Quand on parle de santé au camp, il faut sans doute au-delà de la simple demande de soins.
  • Presque tous les soins (95%) sont pris en charge par l'assistant sanitaire. Sa présence apparaît comme indispensable, mais comme le précise Laurence Bardy, la formation exigée (l'AFPS) n'est pas adaptée à la mission...
  • Les urgences et les problèmes graves (motivant une déclaration voire une hospitalisation), sont exceptionnels.
  • Les demandes de soins sont en majorité motivées par des traumatismes(57%). Plus précisément, le motif de recours aux soins de très loin le plus fréquent est représenté par les plaies (27 % des demandes) : une fréquence sans doute à prendre en compte en terme de prévention et de protocole de soins à diffuser. La place importante des piqûres d'insectes et des morsures de tiques est également à prendre en compte.
  • Les trousses d'infirmerie comportent trop d'éléments dont certains sont inutiles voire potentiellement dangereux. Laurence Bardy propose de définir une trousse d'infirmerie type qui permette à l'assistant sanitaire de prendre en charge 90% des demandes de soins, en respectant deux principes : bien connaître la composition de la trousse et savoir utiliser tout ce qu'elle contient. Ces principes me semblent des principes de bon sens dont il faut s'inspirer. En revanche elle propose de ne conserver qu'un seul médicament, le paracétamol, ce qui me parait plus contestable, mais j'apporterai des éléments au débat dans un prochain billet.

Quelques réserves sont à prendre en compte :

  • L'étude a porté sur 60 camps du scoutisme français, ce qui est à la fois beaucoup et peu... un échantillon suffisant pour considérer comme valides ses conclusions les plus tranchées, mais qui doit inciter à rester prudents pour les conclusions concernant des sous-groupes.
  • En effet, 29% seulement des unités contactées ont finalement répondu à l'enquête. On peut faire l'hypothèse que les maîtrises mal organisées ont négligé d'envoyer leurs réponses et qu'elles sont donc sous représentées. On peut aussi se demander si les unités qui ont eu de gros problèmes de santé pendant leur camp ne se sont pas "auto-censurées" en ne renvoyant pas leur enquête...
  • Il y a sans doute eu,comme le souligne Laurence page 70, une sous-déclaration des soins pratiqués.
  • Il est difficile d'extrapoler de manière absolue ces résultats à une association donnée du scoutisme français : les camps n'ont pas été sélectionnés suivant les mêmes modalités par chacun des Mouvements ( les EEUDF ont choisi les camps où ils y avait des stagiaires en formation pratique par exemple). Les SMF et les EEIF ne sont pas allés jusqu'au bout de la démarche et ne sont donc pas représentés. Les EEDF représentent 40 % des effectifs contre 36 % seulement pour les SGDF (les EEUDF complétant l'échantillon avec 23%).De plus la taille des camps est très variable suivant les associations, ce qui modifie sans doute l'organisation mise en place, tant pour les activités que pour les soins: 27 personnes (21 enfants + 6 adultes) en moyenne pour les SGDF, 35 (28 enfants + 7 adultes) pour les EEUDF, 44 (34 enfants + 10 adultes) pour les EEDF.
  • Les tranches d'âge jeunes sont surreprésentées: 54 camps sur 60 sont des camps d'enfants ou de préadolescents (moins de 16 ans). Une étude sur les camps d'adolescents reste à faire...
  • Enfin, on ne connaît pas la répartition entre entre garçons et filles car ce critère n'a pas été recueilli : dommage car les problèmes de santé et le recours aux soins des jeunes varie considérablement en fonction du genre,comme l'ont montré de nombreuses études épidémiologiques (notamment celles de Marie Choquet).