Attention aux tiques !
Par Dominique Solazzi le mercredi 25 avril 2007, - La santé en camp. - Lien permanent

Voici Ixodes ricinus, la tique la plus répandue sous nos latitudes.
Les tiques sont de plus en plus fréquentes dans les champs et dans les bois .
C'est l'impression de nombreux chefs scouts depuis quelques années. Une impression confirmée par quelques études et l'augmentation de fréquence des maladies transmises par ces délicieuses petites bêtes.
Les tiques en camp, c'est très désagréable,et surtout elles peuvent transmettre des maladies qui peuvent être graves. La maladie de Lyme et la méningo-encéphalite à tiques sont les plus redoutées.
Or les scouts et guides sont une population à risques ! nous campons dans les champs et dans les bois, de préférence entre avril et août : c'est justement la période où elles prolifèrent.
J'ai donc écrit une fiche santé sur le sujet, que vous trouverez ci-dessous. Dans quelques jours, elle sera également disponible sur le site national.
Sans reprendre la fiche en détails, quelques points sont importants à garder en mémoire:
* Au moment du choix du lieu de camp, récuser tout lieu de camp réputé pour être infesté par les tiques en été. Même si le lieu est parfait par ailleurs, vous êtes sûr que la présence de tiques va vous gâcher votre camp, et faire courir aux scouts des risques sanitaires qu'il vaut mieux éviter.
* Si le camp se passe dans une zone à risques pour la méningo-encéphalite à tiques,la vaccination est fortement recommandée (certaines régions d'Europe Centrale et de l'Est). En France certaines zones de l'Est de la France semblent concernées (notamment les cantons de Guebwiller et de Munster en Alsace) mais on manque de données et il n'y a pas de recommandation officielle de vaccination.
* Pendant le camp, chaussures fermées, chaussettes et pantalons serrés aux chevilles sont les moyens de prévention recommandés... de même que les répulsifs sur les parties découvertes. Pas très fun, certes,mais efficace.
* En cas d'infestation, des séances de recherche systématique des tiques sur chaque scout et guide doivent être organisées. Pour l'ablation des tiques,l'utilisation d'un Tire-Tic est la méthode actuellement recommandée.
* Toute morsure de tique nécessite une surveillance dans les jours qui suivent: par exemple en marquant la zone à l'aide d'un stylo indélébile. Toute apparition d'une rougeur cutanée dans la zone de morsure doit faire consulter un médecin (la maladie de Lyme commence ainsi...)
* La fiche sanitaire de liaison doit être rendue aux parents avec la mention des éventuelles morsures de tiques et leur localisation.
Le plus simple est vraiment de choisir un lieu non infesté par les tiques !
Commentaires
Bravo, très intéressant !
La lecture de la thèse de médecine de Laurence Bardy laisse songeur sur le nombre de problèmes liés aux tiques qu'elle signale. Dans 1/3 des 60 camps qu'elle a étudié, elle a rencontré ce problème qui est la 6° cause de demandes de soins sur les 50 qu'elle a listé, après les ampoules et avant les céphalées et nettement avantt les brulures.
Ayant été chef d'unité et animateur régional branche scouts pendant une bonne dizaine d'année de 1975 à 1987, je n'ai pas le souvenir de tant de problèmes avec les tiques. J'en ai un souvenir précis à l'été 1978 dans un camp dans la Sarthe.
Faut-il conclure à une multiplicaton de ces sales bêtes liée à des facteurs environnementaux et / ou climatiques ? Seuls des spécialistes pourront y répondre. La question vaudrait d'être examinée par les entomologistes.
En tout cas, il est bon que les scouts réfléchissent sur ce sujet et sur l'attitude à tenir.
Ma première expérience de camp infesté par les tiques remonte à 1994, camp pour tous national où tous les lieux de camp étaient infestés par les tiques.Et c'était comme pour toi également dans la Sarthe !
L'étude que j'ai faite en 2006 sur 110 camps 11-14 ans montre comme la thèse de Laurence la fréquence du problème et l'étendue de sa répartition géographique...un problème qui a bien occupé aussi les postes de secours du Jamboree bleu, alors qu'il était quasi inexistant par le passé à Jambville.
Bref, "empiriquement'" il semble bien exister une augmentation. Mais je n'ai pas trouvé pour l'instant d'étude le prouvant scientifiquement. Les pouvoirs publics ont en revanche lancé des programmes d'étude pour mieux évaluer la progression de la maladie de Lyme,et tout récemment de l'encéphalite à tiques...