C'est la fonction classique de l'assistant sanitaire, celle à laquelle tout le monde pense. C'est pourquoi j'en parle en dernier.

On attend d'un assistant sanitaire qu'il soit capable de réagir à bon escient aux différents situations de blessures, de maladie, de mal-être...dont peuvent être victimes les scouts et guides au cours des activités.

Ces situations peuvent survenir n'importe quand, dans une réunion au local, au cours d'un jeu ou d'un déplacement, en week-end. Il faut donc "être prêt", et en toute circonstance: Etre prêt, une attitude très scoute !

Mais "prendre soin", c'est aussi beaucoup plus : c'est prêter attention à une personne donnée, et le suivi, l'accompagnement qui vont avec.

En début d'année, les parents remettent aux chefs une fiche sanitaire de liaison. Ils leur délèguent ainsi pour la durée des activités scoutes de l'année leur responsabilité de préservation de la santé.

L'assistant sanitaire doit ainsi assurer non seulement une mission de bobologie, mais une mission de suivi de chacun tout au long de l'année, qui s'appuie sur une vigilance constante à la santé de chaque jeune.

La fonction de soins a tout à gagner de la prise en compte de la durée...


Pour aller plus loin, une petite réflexion sur le care et le cure, sous la plume du philosophe Jacques Dufresne dans l'Encyclopédie de l'Agora :

Dans les services de santé, des choix fondamentaux s'imposent: entre le préventif et le curatif par exemple, de même qu'entre ce que les Anglo-Saxons appellent le care et le cure. La traduction de care par soin et de cure par traitement ne rend pas pleinement justice à cette distinction.

Il vaut mieux prévenir que guérir, et cela côute moins cher. C'est pourquoi les ministres de la santé rêvent, depuis qu'ils existent, d'accorder à la prévention toute l'importance qu'elle mérite. La demande de traitements est telle cependant que le curatif continue d'absorber la quasi-totalité des fonds disponibles.

Le care est aussi défavorisé par rappport au cure. Le cure correspond évidemment au pôle curatif, mais la notion de care ajoute une notion essentielle à l'idée de prévention, d'hygiène au sens large: l'attention à la fois éclairée et compatissante accordée au malade. Le nom de Florence Nightingale est à jamais associé à l'idée de care.

C'est son sens du care qui amena cette infirmière à moderniser les hôpitaux, au moment précis où la science, tournée vers le cure, y pénétrait. Care, cure; médecine comme art, médecine comme science.

Les maladies étaient jadis aiguës en majorité, les infections venant en tête de liste. Elles sont aujourd'hui chroniques (arthrite, maux de dos, états dépressifs) dans une proportion que l'on situe autour de 70%. D'où une importance accrue du care.