Etre acteur de prévention en accueil de scoutisme.
Par Dominique Solazzi le vendredi 30 novembre 2007, - Assistant sanitaire - Lien permanent
L'inventaire des pistes de prévention que j'ai dressées dans mon billet précédent a peut-être de quoi surprendre. Mais ce n'est pas seulement un inventaire théorique...
La plupart des unités scoutes pratiquent quotidiennement certaines propositions comme Monsieur Jourdain faisait de la prose: sans penser une seconde qu'ils font de la prévention.
Faire sa toilette tous les jours, garder propre le lieu de camp, évacuer les ordures ménagères, sont ainsi des pratiques tellement "normales" qu'on ne pense plus que ce sont au départ des recommandations de prévention. Le respect du code de la route pour les déplacements, la nécessité d'avoir des outils bien entretenus sont aussi des exigences banales et "intégrées".
Mais périodiquement l'actualité ou l'évolution de la société nous incitent à revisiter nos gestes quotidiens ou nos pratiques. Ainsi l'inquiétude née de la perspective d'une possible pandémie de grippe aviaire a amené l'INPES à rappeler des règles d'hygiène élémentaire,comme les techniques de lavage de main pour limiter la transmission des virus respiratoires.
De même la canicule de 2003 avec ses millions de morts a été l'occasion de repenser les recommandations en matière de lutte contre la chaleur. La plupart des camps scouts et guides de juillet 2006 se sont déroulés en période de canicule et cette situation n'a pas été facile à gérer, comme en témoigne l'enquête tous en forme effectuée à cette période. La recrudescence de la maladie de Lyme et des maladies transmises par les tiques a été une incitation à revoir les recommandations faites aux promeneurs...
Les mouvements de scoutisme doivent donc (devraient?) donc périodiquement se poser la question d'actualiser les recommandations qui sont faites en matière de prévention. Et réfléchir à la meilleure manière de les intégrer à la pratique quotidienne ou à leurs programmes éducatifs. Certaines recommandations vont concerner surtout les 8-11 ans, d'autres les 14-17 ans. Il faut en tenir compte.
Certaines des propositions faites dans le billet précédent sont de mise en oeuvre moins évidentes que la lavage des mains ou le port d'un chapeau pour se protéger du soleil. C'est le cas de la prévention des addictions, un phénomène multifactoriel qui touche bien évidemment les scouts et guides, et pour laquelle les actions préventives à mettre en place méritent une action approfondie...La prévention de la violence, de la dépression, du suicide, paraissent nécessaires en termes de santé publique, mais mériteraient aussi toute une réflexion... Quant à la prévention du SIDA, nous en parlons bien peu chez les Scouts et Guides de France...faudrait-il le faire, et de quelle manière? pas sûr que la question ait jamais été vraiment débattue. Posons-nous au moins la question à la veille de la journée mondiale contre cette maladie...
Etre pertinent en matière de prévention... Nous avons je pense deux manières de le faire :
1. Mettre en place un dispositif de veille pour actualiser régulièrement nos recommandations en matière de prévention,et les intégrer dans nos programmes éducatifs. N'attendons pas que l'actualité ou l'évolution de la société nous oblige à adopter des règlements contraignants. Nous pourrions sans doute mieux anticiper...La remise à jour régulière du document sur la réglementation des activités de scoutisme sous une forme accessible va en tout cas dans le bon sens.
2. Promouvoir des projets pertinents dans le domaine de la santé: Soyons nous-même. Le scoutisme passe par l'action, par l'expérimentation sociale, par la réalisation de projets. C'est l'occasion de nous confronter à des partenaires inhabituels, et c'est une occasion unique de sensibiliser les enfants et les jeunes à des problèmes de santé qui les concernent ou les concerneront peut-être un jour. De remplir pleinement notre mission éducative... - Intégrer les recommandations de santé publique dans notre pratique du scoutisme. - promouvoir des projets de prévention avec des partenaires.
Je fais l'hypothèse que les Scouts et Guides de France restent assez timides sans ce domaine...
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