Le scoutisme ne met pas complètement à l’abri des conduites addictives : un certain nombre de jeunes ou d’adultes de notre mouvement fument des cigarettes et parfois des joints, s’alcoolisent de manière excessive, grignotent tout au long de la journée ou s’adonnent aux jeux vidéos de manière immodérée…
Les scouts et les guides sont des hommes et des femmes comme les autres !

Mais être scout fournit des facteurs de protection contre les addictions graves :

- L’adhésion à des règles de vie collectives.
- La mise en place d’un cadre temporel structurant.
- La diversité des apprentissages.
- L'expérimentation d'une mise en projet.
- L'expérimentation d'une vie sans addictions.
- Le développement du caractère.
- L’accompagnement éducatif dans la durée.

Commentons-les brièvement :

- L’adhésion à des règles de vie collectives oblige à se plier à une discipline de groupe, à mettre au second plan la satisfaction de son petit confort personnel et du plaisir immédiat. C'est un apprentissage utile...

- La mise en place d’un cadre temporel structurant oblige à apprivoiser le temps, la durée, à discipliner les rythmes de son corps. Apprendre à maîtriser son corps est particulièrement précieux.

- La diversité des apprentissages proposés offre à l'enfant et au jeune tout un éventail de centres d'intérêt possibles qui le rendent plus fort pour lutter contre la tendance à s'enfermer dans un comportement exclusif.

- L'expérimentation d'une mise en projet se vit à travers les projets de l'unité, de l'équipe ou des projets individuels vécus à travers la prise de rôles. Le jeune découvre qu'il est possible de s’« éclater » dans des projets ambitieux sans éprouver la nécessité de recourir à des béquilles addictives. Il apprend à se projeter dans le temps et à prendre du recul par rapport à son vécu immédiat.

- L'expérimentation d'une vie sans addictions doit être tentée dans cet univers où la vie "au naturel" est valorisée : il est possible de vivre des fêtes de groupe où l’apéritif offert aux parents est résolument sans alcool, des soirées où le cinquième des chefs n’a pas besoin d’être arrosé pour être chaleureux, des camps où les fumeurs essayent de se passer de tabac même si c'est difficile... Si l'enfant ou le jeune découvre que la vie sans addiction est possible et plaisante, c'est tout bénéfice pour la suite.

- Le développement du caractère prôné par le scoutisme aide chacun à affirmer peu à peu ses capacités à faire des choix personnels,non dictés par les autres ou par la société. Avoir dès l'adolescence la capacité à résister aux influences et à dire non à certaines sollicitations est une aptitude importante.

- L’accompagnement éducatif dans la durée est enfin un atout essentiel : à l'adolescence, l'adoption d'un comportement addictif n'est en principe jamais définitive et conduit rarement à une dépendance complète. Le rôle des maîtrises, de l'encadrement du groupe et des amis de l'unité est ici essentiel pour aider à passer un cap et à surmonter des difficultés le plus souvent passagères.


Dans le domaine de la prévention des comportements addictifs, le scoutisme a un rôle à jouer ! tous les facteurs de protection décrits ici méritent de plus amples développements: ce sera l'objet des prochains articles.