Prévenir la consommation du cannabis.
Par Dominique Solazzi le samedi 28 juin 2008, - Addictions - Lien permanent
Les scouts et les guides sont des jeunes comme les autres. Il serait illusoire de penser que la pratique du scoutisme "vaccine" contre la consommation des substances dites "psycho-actives" !
Nous avons néanmoins de nombreux atouts pour agir efficacement :
1. Eviter si possible l’expérimentation du cannabis : comme pour les autres addictions, la pratique d’un scoutisme de qualité peut jouer un rôle important : si l’on fait vivre aux jeunes des activités intéressantes, des projets responsabilisants dans un cadre de vie suffisamment protecteur, d’autres types d’expériences auront moins d’attrait. (cf les billets sur les addictions).
2. Intervenir à bon escient :
a. L’interdit de la consommation de cannabis doit être rappelé aux préadolescents et surtout aux adolescents, comme un principe incontournable qui entraînera des sanctions. Comme pour les autres addictions, l’intervention doit être double : sanctionner mais aussi accompagner, « soigner ».
b. Sanctionner de manière juste : fumer un joint est interdit par la loi, il ne faut donc pas banaliser. Mais s’il n’y pas de récidive le jeune ne met pas en péril sa santé ; il vaut mieux être à ce moment dans le rappel à la règle, à ses engagements de scout ou de guide… favoriser la discussion avec les autres et une « réparation » à inventer en rapport avec la vie scoute (éventuellement avec le jeune lui-même).
c. S’il y a répétition du comportement, il faut chercher à approfondir : comment et pourquoi le jeune en est-il arrivé là ? il faut surtout éviter de faire une fixation sur la consommation de cannabis et parler avec lui de sa vie, de ses difficultés, de ses amis etc…et lui proposer d’être à ses côtés pour éviter d’aller plus loin.
d. Ne pas exclure avant d'avoir tout tenté: si on découvre que le jeune est en train de « décrocher » sur le plan scolaire, avec ses amis, ses parents, les scouts…s’il s’isole, devient agressif ou au contraire silencieux, ce n’est sûrement pas le moment de l’exclure, bien au contraire : il peut trouver un prochain jour dans la pratique du scoutisme des appuis et des ressources qui l’aideront à se reprendre.
Et si lui-même propose d’arrêter les scouts, il faut lui proposer l’inverse...en tout cas laisser la porte ouverte à un retour ultérieur et garder le contact.
e. Protéger les autres : si on est vraiment face à un comportement de provocation ou d’incitation à la consommation, il faut d’abord protéger les autres et se protéger soi-même en respectant la loi : il ne faut pas hésiter à renvoyer un jeune chez lui au cours d’un week-end ou pendant un camp si le comportement est trop grave. Excellent moyen de « provoquer » un électro-choc,peut-être d’associer les parents à la démarche et de se positionner par rapport aux scouts : un tel événement peut avoir valeur d’exemple.
f. Assurer le service après-vente : proposer aux parents de revenir en discuter à froid avec eux et avec leur enfant, et toujours garder ouverte la possibilité de refaire du scoutisme. Sauf bien sûr si les actes ont été trop graves… Il faut toujours faire confiance en l’avenir : à l’adolescence, les comportements, même les plus explosifs, sont rarement définitivement fixés…
3. Pour les chefs consommateurs, un objectif : s’en passer…
Nous n’aurons pas la naïveté de croire qu’aucun chef ou cheftaine ne consomme de cannabis… S’il le fait dans la pratique du scoutisme, il se met encore plus dans l’illégalité qu’en prenant une cuite, et il se met hors d’état d’exercer ses responsabilités.
Tout chef fumeur de cannabis doit donc s’abstenir de la faire quand il fait du scoutisme…s’il en est incapable, s’il n’arrive pas à s’en passer par exemple pour la durée d’un week-end, c’est probablement qu’il est dépendant. Il doit en prendre conscience et mettre tout en œuvre pour arrêter cette consommation.
Il peut se faire aider par son médecin traitant, ou aller consulter un addictologue, par exemple dans un centre d’aide au sevrage cannabique : ce sont des structures récemment créées pour aider à arrêter.
Et les autres substances illicites ?
Nous avons parlé de la prévention des addictions en général, et des trois produits les plus couramment consommés : le tabac, l’alcool, le cannabis. Ce n’est bien évidemment pas exhaustif. Il faut appliquer de toute façon les principes généraux d’action que nous avons décrit ici . Ce qui est à prendre en compte c’est d’abord l’addiction, le comportement de dépendance...y a-t-il ou non un réel comportement de dépendance ? Dans le cas des produits illicites, la loi qui s’applique est à peu près la même que pour le cannabis, mais on est a priori d’emblée dans des consommations plus graves. Face à ces situations, des réponses éducatives simples ne suffisent plus : il faut impérativement passer le relais aux responsables du groupe local et partager la décision à prendre avec eux.
Des centres d’écoute téléphonique. Plusieurs numéros d’accueil téléphonique sont disponibles : toute personne concernée, directement ou indirectement, par ces comportements de consommation peut les utiliser. Concrètement, les chefs ou cheftaines peuvent s’en servir pour demander conseil face à une situation qui leur pose problème, ou pour eux-mêmes… ils peuvent aussi inciter les scouts et guides à le faire eux-mêmes. Ce sont des numéros de téléphone anonymes et gratuits (au moins depuis une ligne fixe).
ÉCOUTE CANNABIS : 0 811 91 20 20 ÉCOUTE ALCOOL : 0 811 91 30 30 DROGUES INFO SERVICE : 0 800 23 13 13
Mais les maîtrises peuvent aussi avoir avec elles, notamment en camp, leurs propres numéros d’écoute téléphonique : celui du responsable du groupe local, celui d’un médecin parent de scout…
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