Depuis une quinzaine de jours je fais mes premiers pas sur Facebook, motivé entre autres par la perspective d'y créer un groupe "scoutisme et santé" ouvert à ceux qui fréquentent ce réseau social.

Quand on se connecte pour la première fois sur Facebook.com, il faut d'abord se donner une identité: en se créant un profil qui nous invite à rentrer tout un tas d'informations. Et puis se faire des amis. Enfin, échanger avec eux en écrivant sur leur "mur" ou en créant des "groupes". Eh bien, figurez-vous que c'était la première fois de ma vie que j'allais écrire sur les murs de mes amis: dans la vie réelle, c'est puni par la loi !

La méthode est diablement efficace : le repérage d'amis se fait facilement, en rentrant leur nom et leur prénom dans le moteur de recherche, ou en confiant à Facebook le carnet d'adresses de sa boîte mail pour qu'il le fasse lui-même. Ce que je n'ai pas fait, peut-être trop méfiant. Dans un second temps, les "amis de mes amis" ont eu vite fait de me reconnaître et de m'envoyer des invitations. Et j'ai retrouvé quelques vieilles connaissances en allant fouiner sur des groupes qui m'intéressaient. La constitution d'un "réseau" étoffé peut ainsi être rapide: par exemple en proposant à tous les gens que l'on croise de devenir leur ami. Intéressant pour faire du buzz sur Internet, faire connaître un événement, partager avec d'autres des centres d'intérêt communs etc.

Facebook est une étrange planète que j'explore avec délectation. Avec un soupçon de prudence toutefois, et quelques réserves qui se lèveront peut-être au fil du temps :

- Facebook pour partager quoi? je n'ai pas vraiment trouvé de groupe "intéressant", avec un vrai contenu. J'ai l'impression que les échanges sont très superficiels, très individuels, que chacun zappe d"une personne ou d'une information à l'autre...On est loin de la richesse des échanges qu'on trouve sur certains forums (tel celui de LaToileScoute).

- L'ambiguité de la notion d'ami : j'y reviendrai dans un article prochain,mais il est clair que toutes mes relations ne sont pas mes amis, que tous les gens que j'ai croisé une fois dans la vraie vie n'ont pas forcément vocation à être mes amis, que je n'ai pas forcément d'atomes crochus avec tous mes anciens collègues de travail ou d'engagements associatifs. Avoir beaucoup d'amis, c'est flatteur,tentant et facile...bien plus que dans la vraie vie, mais sur Facebook on mélange tout: la famille,les collègues de travail, ceux avec lesquelles on est dans une certaine forme de relation hiérarchique (le patron et l'employé, le prof et ses élèves, le jeune scout et ses chefs, le responsable de groupe et ses maîtrises...)

- La confidentialité plus que douteuse : il y a de nombreuses options pour filtrer à qui on communique telle ou telle information, telle ou telle série de photos...mais ce n'est pas inné, et la plupart n'utilisent sans doute ces fonctions qu'a minima. Beaucoup laissent donc sur leur profil facilement accessibles toutes leurs coordonnées personnelles, leur curriculum vitae, leurs préférences politiques ou religieuses... et bien plus encore, sans penser aux conséquences éventuelles de cette imprudence. En matière de non confidentialité, il y a donc bien pire que le fameux fichier Edwige: Facebook...et en plus c'est chacun qui rentre ses propres informations ! .

- La cyberdépendance : Facebook me parait très mangeur de temps et très addictogène. Comme pour d'autres pratiques sur Internet. Il y a probablement des facebook-addicts qui désertent les forums de discussion qu'ils fréquentaient avant et qui s'y connectent le matin avant de partir, de leur lieu de travail et le soir en rentrant chez eux. Au détriment de leur vraie vie. C'est grisant de se faire facilement de nombreux amis aux quatre coins du monde, et de suivre au quotidien leurs activités et leurs états d'âme.
Le risque est sans doute relatif pour les adultes ou adolescents qui s'y adonnent avec un certain recul, mais il est certainement plus grand pour ceux qui sont un peu fragiles ou un peu immatures. Comme pour les autres addictions en fait...