Le camp, un espace à s'approprier.
Par Dominique Solazzi le mercredi 1 juillet 2009, - La santé en camp. - Lien permanent
Etre en harmonie avec son environnement est un facteur de bonne santé...
L'extrait ci-dessous du guide de l'assistant sanitaire surprendra peut-être, mais il y a toute sa place: les conditions dans lesquelles on fait vivre en pleine nature un groupe d'enfants ou de jeunes ont des conséquences sur leur santé.
On le conçoit bien en termes de risques (un camp non ombragé, dans un lieu marécageux ou au bord d'une route...) mais moins facilement en termes de chances.
C'est ce basculement que je propose.
Un camp bien implanté.
Dans une ville, des espaces, des monuments, des bâtiments structurent la vie collective : la place centrale, l’église, le monument aux morts, la mairie, l’hôpital, le stade…
L’architecture du camp, véritable lieu de vie qui jaillit en pleine nature, doit être réfléchie : il a des limites, des « frontières», à l’intérieur desquelles on est
entre nous, et qu’il faut respecter. Il y a une place centrale, avec son mât, son panneau d’informations ; le coin des chefs et celui des équipes ; le terrain
de jeux, le coin veillée… À chaque endroit son identité, son utilité, son style.
Se sentir chez soi est important pour la santé : dans ce lieu, chacun existe, est reconnu, a une identité de scout, de guide, d’éclaireur ou d’éclaireuse...
Ce n’est plus la vie sauvage car ce lieu de pleine nature a été apprivoisé, domestiqué : il est devenu un camp de base rassurant et sécurisant.
Des installations ergonomiques.
Les installations d’un camp doivent être simples, solides et confortables, en un mot : ergonomiques. L’ergonomie a pour but la meilleure adaptation possible entre l’homme et son environnement : elle met en valeur le meilleur matériel, le meilleur outillage, les meilleurs gestes, l’organisation de l’activité humaine la mieux étudiée.
Il y a des lieux de camp plus ergonomiques que d’autres, des installations, des gestes et des comportements plus favorables à la santé que d’autres.
Il faut veiller à respecter les bonnes dimensions de chaque construction : par exemple 70 cm entre deux convives sont nécessaires pour être à l’aise. Plutôt que des mesures standard, l’important est surtout de vérifier avant la construction si les dimensions prévues sont adaptées aux utilisateurs.
Les installations sanitaires.
Comme toutes les installations, elles doivent être ergonomiques :
✘ Des feuillées accessibles mais un peu à l’écart des lieux de vie. Propres. Confortables. Respecter l’intimité et la pudeur de chacun. Ne pas polluer l’environnement. Papier hygiénique à l’abri de l’humidité et désinfection régulière. Des feuillées adéquates sont la meilleure prévention des constipations et des fausses diarrhées (selles liquides au moment où la constipation s’arrête).
✘ Des douches propres. Confortables. Respecter l’intimité et la pudeur de chacun. Ne pas polluer l’environnement.
✘ Des coins toilette permettant de se laver sommairement et de se brosser les dents dans des conditions de confort suffisantes, sans polluer l’environnement.
Environnement et développement durable.
La santé en camp, c’est aussi celle des autres ! Notre présence ou notre comportement ne doit pas occasionner de dommages à l’environnement… Baden-
Powell l’avait déjà compris : « Que doit laisser un scout derrière lui ? 1. Rien 2. Ses remerciements. »
Au vingt et unième siècle, cette invitation du siècle passé résonne comme un appel à être « écocitoyen » en camp.
Ne rien laisser derrière soi s’entend au sens propre (les déchets, le matériel oublié) comme au sens figuré (les dégradations du milieu naturel…).
Des pistes:
Promouvoir tout au long de l’année un style de vie simple et sans gaspillage.
Apprendre à économiser les ressources naturelles, l’eau notamment.
Limiter l’utilisation des emballages au strict nécessaire.
Limiter l’utilisation de produits non biodégradables.
S’il y a un dispositif de tri sélectif sur la commune, mettre en place l’organisation du tri le plus en amont possible, idéalement au niveau de chaque équipe.