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mardi 26 février 2008

Conduite à tenir face aux plaies complexes.

Certaines plaies nécessitent toute l'attention de l'assistant sanitaire car elles présentent davantage de risques de complications ou d'infections que les plaies simples. Ce sont les morsures et les brûlures (avec deux variantes, les ampoules et les dermabrasions).

- Les brûlures: Evenement fréquent, notamment en camp.
Il faut d'abord refroidir la peau : c'est fondamental et très important, à faire immédiatement si possible.
Il faut refroidir la brûlure en la mettant sous l'eau courante : eau froide (mais non glacée) sous un robinet, voire dans un cours d'eau si c'est plus facile à mettre en oeuvre (en camp par exemple). Il faut le faire pendant 10 minutes, ce qui est long...

Par la suite, si la brûlure est localisée, on nettoiera et on désinfectera comme pour une plaie simple,on séchera puis on couvrira de crème contenant un agent anti-infectieux : par exemple une crème à la sulfadiazine, Flammazine ou Sicazine. Pansement à refaire idéalement 3 à 4 fois par jour pendant les 48 premières heures, car l'absorption est rapide et il faut éviter de voir se constituer une croûte.

Facteurs de gravité d'une brûlure:
- L'étendue: on conseille traditionnellement de se méfier au-delà de la taille d'une demi paume de main...
- La profondeur: une brûlure du 1er degré donne un aspect de rougeur assez douloureuse, mais la peau est intacte. Une brûlure du deuxième degré donne une cloque, souvent très douloureuse. Une brûlure du troisième degré détruit le derme, la couche profonde de la peau,très grave et très dangereux car trompeur: les récepteurs sensitifs sont détruits et la personne n'a pas mal... la paeu apparaît lésée et grisâtre. Toute brûlure du 3e degré doit être vue par un médecin,de même toute brûlure du deuxième degré un peu étendue: il faut "avoir la consultation facile".
- La localisation: le visage et les extrémités (les mains, les organes génitaux...) doivent être considérées comme plus graves.
- L'agent causal : on se méfier notamment des brûlures à l'eau ou à l'huile bouillante...

Le coup de soleil est une variété de brûlure (tous les degrés sont possibles...) et de même les ampoules et les dermabrasions, dont je parle ci-dessous.

- Les ampoules: ce sont des brûlures provoquées par le frottement,au niveau des mains par les outils utilisés pour les installations, au niveau des pieds par les chaussures, pendant la marche notamment. les ampoules sont très fréquentes en camp ! on peut les traiter comme une brûlure classique (premier degré: rougeur et douleur, ou deuxième degré: cloque et douleur) ou mieux avec des traitements type "seconde peau" : pansements hydrocolloïdes laissés en place 24 heures ou plus qui absorbent les sécrétions, diminuent la douleur et accélèrent la cicatrisation. Très utile notamment en explo où ce type de pansements permet de poursuivre la marche avec le moins de dommages possibles...

- Les dermabrasions : ce sont des érosions cutanées provoquées par exemple après une chute...la peau est comme râpée sur une surface plus ou moins étendue, la plaie est peu profonde mais peut saignoter au départ. Ce sont des plaies difficiles à soigner, car souvent sales, donc pouvant facilement se surinfecter. Même prise en charge que les brûlures classiques.

- Les morsures:
A priori toute morsure, qu'elle ait été faite par un chien, un autre animal ou un être humain (eh oui...) nécessite un avis médical. En effet, les plaies par morsures présentent un risque très important de surinfection.
Ce n'est pas une urgence immédiate sauf si la morsure est profonde ou étendu: pendant l'année on a le temps de contacter les parents et de voir avec eux. En camp, il vaut mieux programmer un avis médical dans la journée, sauf si la morsure est très localisée auquel cas on peut la prendre en charge soi-même: nettoyage et désinfection classique, séchage, puis application d'une crème contenant un agent anti-infectieux sous pansement : par exemple une crème à la sulfadiazine, Flammazine ou Sicazine. (très utilisée dans les brûlures)

vendredi 22 février 2008

Soigner les plaies ordinaires.

C'est d'après Laurence Bardy le plus fréquent des soins pratiqués en camp. (cf ce billet écrit suite à sa thèse).

Un acte très courant mais pas toujours bien pratiqué.

Les objectifs sont simples: il faut
- Nettoyer la plaie.
- Sécher la plaie.
- Désinfecter la plaie.
- Mettre la plaie dans les meilleures conditions pour favoriser la cicatrisation.

- Nettoyer la plaie:
Dans la pratique du scoutisme, nous ne sommes pas habituellement dans un lieu où le risque de surinfection est important. Cette phase peut donc être rapide, et utiliser des produits simples: de l'eau du robinet et du savon.

On mouille une compresse avec de l'eau et un savon liquide, ou mieux un désinfectant moussant type Cytéal®(le Cytéal®contient de la chlorhexidine, le même qui sera utilisée par la suite).
On nettoie la plaie.

- Sécher la plaie:
Avec une compresse stérile.

- Désinfecter la plaie:
On utilisera par exemple du Plurexid®: chlorhexidine aqueuse, qu'on appliquera sur la plaie avec une compresse.

- Favoriser la cicatrisation:
Si la plaie est petite et propre, on peut laisser à l'air. Si elle était sale au départ et un peu importante ou mal placée,on peut la recouvrir d'un pansement. A refaire tous les jours toutefois pour vérifier l'évolution.

On n'oubliera pas de noter la nature du soin pratiqué sur le registre de soins.

mardi 19 février 2008

Fiche pratique trousses de soins

Le temps est venu de conclure cette série consacrée aux outils privilégiés de l'assistant sanitaire en vous présentant la fiche pratique qui synthétise ce que j'ai dit dans les précédents billets.

Nous avons opté pour une fiche pratique regroupant
- les grands principes de constitution et d'utilisation.
- la description détaillée du contenu de chaque trousse.
- quelques "protocoles simples" expliquant leur utilisation.

Une fiche copieuse, mais un vrai choix éditorial : regrouper en une seule fiche les produits à utiliser et les principaux conseils concernant leur utilisation. Le but étant d'éviter de chercher parmi plusieurs fiches la posologie d'un médicament par exemple et donc de limiter au maximum les risques.

Cette fiche a été écrite l'an passé et publiée sur les forums de LaToileScoute mais je l'ai considérablement remaniée avant "l'épreuve du feu" du stage en Méditerranée, qui a lieu en ce moment.

Il est très possible qu'elle évolue encore suite aux réflexions des stagiaires. A suivre ici même, avec probablement les photos de la "trousse idéale", contenant et contenu...

Pour l'instant ci-dessous, la fiche dans sa version actuelle. N'hésitez pas à faire des remarques.

vendredi 15 février 2008

Les trousses de premiers soins d'équipe.

Il y a dans chaque maîtrise un chef ou une cheftaine qui s'intéresse d'un peu plus près que les autres aux questions de santé: c'est "l'assistant sanitaire".

C'est aussi une bonne idée de proposer à un scout ou à une guide de chaque équipe de prendre un rôle actif dans ce domaine. A l'assistant sanitaire de lui proposer des choses intéressantes à faire. L'enquête "Tous en forme" faite en 2006 auprès des assistants sanitaires présents au Jamboree avait bien montré que l'imagination pouvait être au rendez-vous.

Ce rôle comporte comme pour l'assistant sanitaire une mission de soins, à prendre au sens figuré (être attentif aux autres, responsable face aux prises de risques...) comme au sens propre : le correspondant santé de l'équipe peut très bien avoir en main de quoi faire quelques soins.
Et à mon avis, même avec les plus jeunes: le PSC1 (formation qui vient de remplacer l'AFPS) va jusqu'à proposer aux enfants à partir de 10 ans l'apprentissage de gestes de secourisme complexes, comme le massage cardiaque ou l'utilisation d'un défibrillateur...n'ayons pas peur de les initier à la prise en charge d'une plaie!

Pour faire bonne mesure, mettons entre leurs mains le matériel adéquat: une trousse de premiers soins adaptée et un mini-registre de soins, pour permettre à l'assistant sanitaire de superviser les soins pratiqués.

A partir de la tranche d'âge 12-14 ans , l'intérêt de cette proposition prendra tout son sens avec les premières activités de l'équipe en autonomie.


Proposition d'une trousse de premiers soins d’équipe :

Paire de ciseaux
Pince à échardes
Des compresses antiseptiques
Quelques pansements adhésifs prédécoupés
Quelques compresses stériles (en sachet individuel)
Quelques flacons unidoses de chlorhexidine aqueuse
Un rouleau de sparadrap
Une ou deux bandes.
Pommade contre les piqures d’insectes
Crème à la sulfadiazine (brûlures)
Quelques pansements seconde peau (ampoules).
Du paracétamol en dosage adapté à l'âge (douleurs et fièvre)

Un petit sac en plastique pour pansements usagés.
Carnet pour noter les soins, ou copie de la page "soins d'équipe" du registre de soins.
Le tout dans une petite trousse modèle trousse de toilette.

mardi 12 février 2008

Composition de la trousse de premiers soins d'unité.

Après les préliminaires, voici enfin le contenu proposé pour la trousse de premiers soins d'unité :

Matériel:
( en libre accès dans une pièce du local, ou au camp dans la tente infirmerie)

Accessoires
- une paire de ciseaux
- une pince à échardes
- un Tire-Tic®
- une boîte de gants non stériles
- Un savon.
- un thermomètre
- des verres en plastique
- une petite cuillère
- mouchoirs en papier, rouleaux d’essuie-tout
- une lampe frontale
- une couverture de survie.

Matériel de soins
- des compresses stériles 7.5 x 7.5,10 x10 cm
- des bandes extensibles (5, 7 et 10 cm de large)
- des pansements (à découper et prédécoupés)
- un rouleau de sparadrap hypoallergique de 2,5 cm de large

Pharmacie:
(impérativement sous clé)

Médicaments d’usage local
- un flacon de solution antiseptique (pour les plaies)
- un tube de pommade pour les piqûres d’insectes.
- un tube de crème à la sulfadiazine pour les brûlures.
- un tube de pommade pour les contusions.
- un tube de crème solaire haute protection UV (indice supérieur à 15)

Médicaments par voie orale
- une boîte de paracétamol 500 mg pour fièvre et douleurs ordinaires
- une boîte d’anti-histaminique (pour les démangeaisons : piqûres d’insectes…)
- une boîte de médicaments contre les diarrhées.
- une boîte d’antispasmodiques (douleurs abdominales)
- quelques morceaux de sucre …

Pas de nom de médicaments ici, mais j'ai largement développé le sujet dans mon billet précédent : souvent plusieurs choix sont possibles...
A chaque assistant sanitaire de préparer sa trousse avec le pharmacien du quartier, ou un médecin ou un pharmacien qu'il connait (parent ou autre).

vendredi 8 février 2008

Désinfectants, pommades et petites gélules...

Quels produits utiliser en accueil de scoutisme?

Il a bien fallu faire un choix.
Voici donc les six produits qui me semblent pouvoir être recommandés sans arrière-pensée (j'ai indiqué en premier le nom de la molécule, pas le nom commercial):

* La chlorhexidine : c'est un produit antiseptique efficace, d'application indolore sur les plaies quand il est en solution aqueuse, et peu réputé pour donner des allergies. Il ne tache pas, et il existe sous de multiples formes. Quitte à choisir, autant retenir celui-ci. Quelques formes possibles :

- Le Plurexid® ou le septivon®, en flacon de 250 ml de préférence (une fois ouvert, il ne faut pas les garder trop longtemps).
- Le Merfène®, chlorhexidine aqueuse en conditionnement unidose, bien pratique pour les trousses d'équipes.
- Le Cytéal®, chlorhexidine en solution moussante, ou l'Eludril®, chlorhexidine pour bains de bouche, peuvent également être utilisés.

* La sulfadiazine : pommade à utiliser sur les plaies infectées,ampoules,brûlures, dermabrasions après une chute... sous forme de Flammazine® ou Sicazine®. Pommade largement utilisée dans les centres de brûlés, elle entraîne rarement des problèmes allergiques. Comme elle contient un antiseptique, elle est préférable à des produits comme la Biafine.®

* L'hydrocortisone en crème : dérivé de la cortisone d'activité faible, elle peut être recommandée sous forme d' Onctose-hydrocortisone®, crème bien efficace sur les piqûres d'insectes (moustiques, guêpes...) d'autant plus qu'elle y est associée à de la lidocaïne, qui calme la douleur. On peut aussi conseiller Apaisyl®, Eurax®...

* Le paracétamol: Doliprane®ou Dafalgan®ou Efferalgan® ou...en dosage à 500 mg. A utiliser pour la fièvre et les douleurs ordinaires. Les allergies sont rares et les risques de surdosage faibles. C'est un produit sans doute présent dans 90% des pharmacies familiales, en principe sans danger si l'on respecte les doses recommandées.

* Le lactobacille : médicament à utiliser en cas de diarrhées (Lactéol®). Rien ne vaut la réhydratation et le Lacteol® permet surtout d'accompagner l'amélioration des gastro-entérites banales en 24-48 heures... si les diarrhées sont très abondantes (plus de 4 en 24 heures) ou très violentes, mieux vaut consulter. Et de même si les symptômes persistent au-delà de deux jours...

* Le phloroglucinol : en comprimés à sucer (phloroglucinol®ou spassirex®), ou en lyoc à sucer ou diluer dans un verre d'eau (spasfon®). Utile pour les douleurs d'origine digestive ou gynécologique. Très largement utilisé notamment chez la femme enceinte, et d'une efficacité relative: il ne risque pas de masquer un problème grave.

D'autres produits peuvent se discuter, à cause de leur efficacité modérée ou de leurs dangers éventuels:

* L'arnica : produit d'homéopathie qu'on peut conseiller sous forme de gel refrigérant (Arnicadol®) pour les petits traumatismes (sans plaie) : à préférer malgré le prix aux pommades (Arnica®) ou aux crèmes (arnican®) qui risquent en cas d'ecchymose ou d'entorse d'aggraver le traumatisme car on est tenté de masser.Le seul intérêt de ces pommades est de les avoir dans une optique "occupationnelle"...On veillera dans ce cas à juste faire pénétrer, et on l'utilisera plutôt pour les douleurs musculaires au retour d'explo par exemple. Le Dolal® et l'Hémoclar® sont des alternatives, à utiliser de la même manière (mais pas les anti-inflammatoires locaux , interdits avant 15 ans)

* La cétirizine : produit anti-histaminique utilisable en cas de réaction allergique ou de réaction cutanée (rougeur, urticaire, démangeaisons après piqure d'insecte) sous forme d'un comprimé de Zyrtecset® (seul produit de cette catégorie vendu sans ordonnance, utilisable seulement à partir de 12 ans). Produit peu dangereux mais qui peut parfois entraîner une légère somnolence.

* La métopimazine : Vogalib®, le seul anti-nauséeux accessible sans ordonnance...mais au deuxième jour de vomissements un avis médical est impératif, et il peut y avoir, de manière exceptionnelle, des complications à type de contractures (torticolis,mâchoire notamment...)

* L'ibuprofène : Nureflex®, Nurofen®, Advil®...médicament antidouleur bien plus efficace que le paracétamol sur les douleurs d'origine traumatique (contusions, tendinites, entorses...), les maux de tête et les douleurs gynécologiques (règles douloureuses...)
Le problème est qu'il y a un risque, rare mais grave, et même à dose normale, de voir survenir une insuffisance rénale aigue. Ce qui nous incite à être prudents...
Il ne faut notamment jamais le donner à un jeune un peu déshydraté ou fatigué (par exemple en retour d'explo, en période de forte chaleur...) car le risque est alors augmenté.
L'ibuprofène est disponible en vente libre en comprimés de 200 mg.

mardi 5 février 2008

Auto-médication : les raisons d'un choix.

C'est une démarche qui a de quoi surprendre. Et qui a surpris les stagiaires BAFA a qui elle fut présentée l'an passé. Beaucoup pensaient (pensent?) qu'il est interdit d'utiliser des médicaments dans le cadre du scoutisme.

Nulle part nous n'avons trouvé d'interdiction claire. Et les spécialistes à qui j'ai demandé de se pencher sur la question ont été surpris de constater le flou juridique qui entoure la pratique d'assistant sanitaire. Devant ce flou, ils nous ont conseillé de commencer par obtenir l'aval du ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Entreprise louable, mais sans doute longue et difficile.

Il existe déjà un texte qui autorise l'utilisation du paracétamol : l'instruction J.et S.du 18 mai 2001 (qui met à jour celle du 12 mai 2000). Mais pourquoi cette molécule-là et pas d'autres, qui ne sont pas plus dangereuses ? il existe des allergies au paracétamol... la même instruction conseille par ailleurs l'utilisation d'alcool à 70° pour les pansements (mais ne mentionne pas d'antiseptiques), de confitures anti-constipation et de crème pour les brûlures, sans préciser lesquelles: en matière de protocoles, difficile de faire plus imprécis et donc potentiellement dangereux...(cf texte en pièce jointe)


Par ailleurs, l'an passé, le ministre de la santé de l'époque, Xavier Bertrand, a relancé le débat sur l'auto-médication...un débat qui mérite d'être posé, devant l'incapacité affligeante d'un grand nombre de personnes à prendre en charge elles-mêmes le plus petit problème de santé.

Dans le scoutisme, nous pouvons agir pour restituer aux adultes et aux jeunes un certain pouvoir sur leur propre santé, sans être obligé de faire appel à un professionnel au moindre mal de tête, sous prétexte que çà pourrait bien être une méningite... Je milite en la matière pour une pédagogie du bon sens !


J'ai associé à la réflexion plusieurs médecins qui ont une longue expérience du scoutisme, notamment les responsables sanitaires des grands rassemblements (Jamborees bleus 1997 et 2006 pour les 11-15 ans, rassemblement Solidaires 14-17 ans, rassemblement Paris 2001 pour les 17-21 ans).
Tous m'ont dit la même chose: il faut débloquer le système, et faciliter l'utilisation dans la pratique du scoutisme de quelques molécules bien choisies, qui éviteront aux chefs de courir chez le médecin ou au service d'urgence au moindre bobo !

C'est donc ce point de vue que j'ai finalement adopté. Avec garde-fous:

- Un choix de molécules bien connues, en nombre limité, réputées pour leur inocuité, disponibles en vente libre dans les pharmacies.
- Des protocoles d'utilisation conformes aux "données actuelles de la science".

Faut-il, ou ne faut-il pas, rajouter un garde-fous en faisant remplir un protocole autorisant les maîtrises à dispenser les médicaments de la trousse?
C'est l'avis d'Yves Poncelin, médecin au SAMU 01, et qui fut longtemps animateur pionnier :

Je suis pour mettre quelques médicaments d"usage "famillial" dans la trousse de secours.

Le débat pour ou contre l'Ibuprofène montre que le fond du problème est l'acceptabilité des effets indésirables potentiels de ces traitements.
C'est donc une question de rapport bénéfice-risque.
En médecine il nous est demandé d'informer le patient sur ces aspects afin qu'il puisse choisir le niveau de risque qu'il accepte.

On pourrait peut-être envisager de demander aux parents en début d'année (ou au moins avant les camps) de cocher sur une liste de médicaments ceux qu'ils acceptent ou non que l'assistant sanitaire délivre à leur enfant en précisant que leur décision doit être éclairée par le médecin traitant.

Cela apporte à mon sens une "protection" suffisante de l'assistant sanitaire en cas de survenue d'un effet secondaire.

Faut-il, ou ne faut-il pas, proposer aux parents de scouts ce "protocole" supplémentaire? à ce jour, je suis encore hésitant...encore un papier de plus à faire remplir. Mais face au flou juridique qui entoure ces pratiques il vaut peut-être mieux être prudent...

Qu'en pensent les lecteurs de ce blog ?

vendredi 1 février 2008

L'assistant sanitaire et les médicaments.

La gestion des médicaments est une question difficile et qui vient souvent au premier rang des préoccupations des assistants sanitaires (surtout en camp). L'enquête faite en 2005 par Laurence Bardy pour sa thèse, ou celle que j'ai pilotée en 2006, l'enquête "tous en forme", le montraient bien.

De nombreux "on dit" courent sur le sujet : pour certains, il ne faut utiliser aucun médicament. Pour d'autres, pas de raison de s'auto-limiter: il faut avoir de tout pour pallier à toute situation. L'inventaire des trousses des premiers soins est souvent instructif: médicaments nombreux, faisant double emploi, certains disponibles uniquement sur ordonnance, parfois périmés voire dangereux...

Il nous a semblé nécessaire de mettre un peu d'ordre dans tout ceci, à partir de quelques critères simples. Les médicaments choisis doivent être :

- peu nombreux.
- vendus sans ordonnance.
- inoffensifs.
- adaptés aux situations rencontrées en accueil de scoutisme.
- utilisés suivant des protocoles précis.

Quelques commentaires :

- Des médicaments peu nombreux: l'assistant sanitaire, qui n'est pas un professionnel de santé, n'a pas les moyens de bien connaître de nombreux médicaments... faire un choix est une garantie de sécurité.

- Des médicaments en vente libre: le comportement recommandée aux assistants sanitaires est un comportement "de bon père de famille"... dans les situations de la vie courante, les parents ont généralement recours aux médicaments disponibles dans la pharmacie familiale pour soigner leurs enfants. Ils les soignent un jour ou deux puis vont voir leur médecin traitant s'il n'y a pas d'amélioration. Si la situation apparait plus grave, ils y vont tout de suite. C'est le même droit que nous défendons pour les maîtrises, "parents de substitution" pour la durée des activités scoutes.

- Des médicaments inoffensifs : c'est ce qui doit primer, même sur l'efficacité ! à partir du moment où ces produits sont proposés pour faire face "à des situations de la vie courante", ils doivent présenter le moins de dangers possible. C'est le cas pour la plupart des médicaments en vente libre, mais dans la trousse de soins proposée nous avons essayé d'être plus sélectifs encore...

- Des médicaments adaptés : les "situations de la vie courante" rencontrées en accueil de scoutisme se comptent sur les doigts des deux mains. Au-delà, on est soit dans le cadre de situations inhabituelles,soit dans le cadre de situations urgentes : dans ces cas il faut faire appel à un professionnel de santé, mais ce sera exceptionnel.

- Des protocoles précis: conseiller l'usage de médicaments en accueil de scoutisme exige de notre part de préciser le bon usage de chacun de ces produits. C'est pourquoi la fiche descriptive de la trousse de soins comportera non seulement la liste des produits conseillés mais aussi l'indication des produits et leur posologie en fonction de l'âge. Et le guide de l'assistant sanitaire proposera un protocole plus détaillé pour les soins qui le nécessitent. Si l'assistant sanitaire les utilise hors de ces recommandations, ce sera sous sa responsabilité.

Baden Powell disait que l'éclaireur devait être capable de se tenir à lui-même lieu de docteur... c'est peut-être encore possible, mais de manière encadrée !

mercredi 30 janvier 2008

Trousses de premiers soins en accueil de scoutisme

Trousse à pharmacie, pharmacie type, trousse d'infirmerie...les dénominations sont nombreuses pour désigner la trousse à outils indispensable à tout assistant sanitaire qui se respecte, quelle que soit son obédience, d'accueil de scoutisme ou d'ailleurs !

Dans cette "trousse à outils", il n'y a pas que des médicaments. Nous avons donc fait le choix de l'appellation officielle, celle de l'arrêté de 2003 sur le suivi sanitaire: "trousse de premiers soins".

C'est la plus simple, et elle dit bien l'essentiel: c'est une "trousse", elle doit être aisément transportable. Et elle doit permettre d'assurer "les premiers soins".

Laurence Bardy, dans sa thèse sur le recours aux soins en camp de scoutisme, retient deux principes de base pour la composition de cette trousse :

L'assistant sanitaire doit bien connaître la composition de sa trousse, qui doit être la plus simple possible.
Il doit savoir utiliser correctement (quand et comme il faut) tout ce qu'elle contient.

Les débats que nous avons eu depuis avec différents médecins impliqués dans le scoutisme à des titres divers m'ont amené à préciser les principes de base d'une trousse de premiers soins :

- Une trousse de premiers soins a pour but d’assurer quelques soins de base et de gérer les petits bobos de la vie quotidienne.
- La trousse de premiers soins est de même nature qu’une pharmacie familiale : rien que des médicaments vendus sans ordonnance, utilisables sans contre-indication majeure dans le cadre défini par le guide de l’assistant sanitaire.
- La trousse de premiers soins doit être facilement transportable. Elle peut être nécessaire aussi bien pour les réunions que pour les week-ends et le camp.
- Les médicaments doivent obligatoirement être conservés dans un contenant fermé à clef : quel que soit l’âge des jeunes accueillis, il y a toujours un risque de consommation accidentelle ou volontaire.
- La trousse de premiers soins est sous la responsabilité de l’assistant sanitaire. Il la constitue, en connaît la composition. Il sait utiliser correctement (quand et comme il le faut) tout ce qu’elle contient, en référence au guide de l’assistant sanitaire. Il vérifie régulièrement les dates de péremption (au moins deux fois par an, en début d’année et avant le camp, et avant toute utilisation d’un produit).

De plus:
- L'assistant sanitaire doit superviser lui-même la prise des médicaments spécifiques prescrits à l’un des jeunes : les modalités de prise définies dans l’ordonnance doivent être scrupuleusement reportées dans le registre de soins.
- Dans un but éducatif, l'assistant sanitaire peut confier au responsable santé de chaque équipe de jeunes une trousse de premiers soins d'équipe, après formation préalable.


Pour mémoire: L'arrêté du 20 février 2003 encadre bien ces pratiques :

Le suivi sanitaire consiste notamment à :

- identifier les mineurs qui doivent suivre un traitement médical pendant l'accueil et s'assurer de la prise des médicaments ;
- s'assurer que les médicaments sont conservés dans un contenant fermé à clef sauf lorsque la nature du traitement impose que le médicament soit en permanence à la disposition de l'enfant ;
- tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux ;
- tenir à jour les trousses de premiers soins. »

mardi 15 janvier 2008

Le registre de soins.

L'assistant sanitaire, au-delà de la bonne utilisation des renseignements fournis sur la fiche sanitaire de liaison, doit :

- tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux . (arrêté du 20 février 2003)

Nous avons donc décidé d'éditer un "registre de soins" pour les Scouts et Guides de France, et plus largement pour toutes les unités du scoutisme français. Ce registre de soins remplace les cahiers d'infirmerie édités précédemment.

Il couvre tous les soins dispensés pendant les camps d'été, mais aussi pendant toute l'année scoute à partir du mois de septembre: un "accueil de scoutisme", c'est toute l'année.

Il est d'ores et déjà disponible à la Boutique des Scouts et Guides de France, référence 101409, au prix de 4.50 euros.


Ce registre des soins comporte trois parties :

- La liste des participants à l'accueil de scoutisme: enfants et membres de l'encadrement. Sont mentionnés les coordonnées de chaque personne et aussi des personnes à joindre en cas d'urgence. Il est possible d'y reporter les renseignements figurant sur la fiche sanitaire de liaison.

- Les traitements prescrits et les recommandations: deux pages pour noter dans le détail les éventuels médicaments ou recommandations particulières, avec possibilité de les ventiler en fonction de l'horaire : bien utile notamment en camp pour ne pas faire d'erreur.

- Le registre des soins au quotidien: six pages numérotées pour noter au jour le jour le motif de chaque soin, la nature du soin pratiqué et le nom de l'intervenant, obligatoire. Ce registre de soins doit pouvoir être présenté en cas d'inspection notamment, et il sera demandé en cas de problème... En tout 96 soins sont possibles, ce qui devrait suffire.


En dernière page, un spécimen de registre de soins d'équipe,à photocopier et à remettre au responsable sanitaire de chaque équipe pionnier-caravelle ou scout-guide: un petit outil supplémentaire pour inciter chaque assistant sanitaire à associer les jeunes eux-mêmes à la prise en charge des soins quotidiens... au camp bien sûr, mais pourquoi pas tout au long de l'année?

vendredi 11 janvier 2008

La fiche sanitaire de liaison.

Finie la trève des confiseurs ! je reprends le fil des publications sur l'assistant sanitaire: après les généralités, place à la présentation des outils à sa disposition. En commençant par le tout premier: la fiche sanitaire de liaison.

Les parents délèguent aux chefs et cheftaines de l'unité scoute-guide la responsabilité du suivi sanitaire de leur enfant, pour la durée des activités scoutes.

Le chef d'unité ("responsable du centre") doit d'après l'arrêté du 20 février 2003 avoir en mains un certain nombre d'informations :

L'admission d'un mineur...est conditionnée à la fourniture préalable sous enveloppe cachetée portant le nom du mineur au responsable du centre : 1) d'informations relatives :
a) aux vaccinations obligatoires ou à leurs contre-indications : copie des pages du carnet de santé relatives aux vaccinations, copie du carnet de vacci))nations, ou attestation d'un médecin ;
b) aux antécédents médicaux ou chirurgicaux ou à tout autre élément d'ordre médical considéré par les parents ou le responsable légal du mineur comme susceptibles d'avoir des répercussions sur le déroulement du séjour ;
c) aux pathologies chroniques ou aiguës en cours

Mais c'est à l'assistant sanitaire (= la personne chargée du suivi sanitaire) de s'assurer de la remise de ces informations et de leur bonne utilisation: il doit

- s'assurer de la remise, pour chaque mineur, des renseignements médicaux ainsi que, le cas échéant, des certificats médicaux, mentionnés à l'article 1er ;
- informer les personnes qui concourent à l'accueil de l'existence éventuelle d'allergies médicamenteuses ou alimentaires ;
- identifier les mineurs qui doivent suivre un traitement médical pendant l'accueil et s'assurer de la prise des médicaments.

En pratique, il est d'usage de noter toutes ces informations sur un document CERFA appelé fiche sanitaire de liaison, que nous proposons d'adapter à la pratique scoute.


La fiche présentée ci-dessous (qui en est à sa version 2 et peut encore évoluer), sera en format A4 recto-verso. Dès le début d'année elle doit être remise par les parents aux responsables scouts.
La fiche sanitaire doit accompagner tout scout malade ou blessé au cours des activités. L'assistant sanitaire doit donc les garder à portée de la main.
Nous conseillons vivement aux chefs et aux cheftaines d'en remplir une pour eux, même s'il n'y a d'obligation que pour les mineurs.

Téléchargez-là puisqu'elle est en annexe. Petite présentation commentée:

- Le numéro de sécurité sociale, indispensable. Il sera demandé en cas de recours aux professionnels de santé. Le numéro d'adhésion SGDF est également important: même s'il figure ailleurs, autant l'avoir sous la main (utile en cas d'accident notamment).

- Les vaccinations: exigence classique mais importante. Seul est demandé l'indication du dernier rappel pratiqué. En clair le nom des maladies contre lesquelles le vaccin protège, et aussi le nom commercial des vaccins : en faisant ainsi nous avons l'espoir que ce sera plus parlant !

Tout enfant pour être scolarisé et pour participer à un accueil de mineurs, doit avoir les vaccinations obligatoires. Concrètement en 2008: diphtérie, tétanos, polio (en général associés dans un même vaccin)

- Les problèmes de santé actuels et passés : doivent être mentionnés ceux qui peuvent avoir un impact sur le déroulement des activités. Nous avons mis une quetion spécifique sur l'énurésie car c'est un problème fréquent chez les plus jeunes.

- Les autres observations concernant sa santé sont là pour ouvrir d'autres pistes: pratique sportive, artistique, culturelle...c'est une nouveauté, complètement logique : nous avons vocation à développer des capacités, pas à soigner des maladies.

- Les recommandations des parents : deux espaces sont prévus, en début d'année et avant le camp. La fiche est remplie une seule fois, mais elle peut être réactualisée, par exemple au cours de la réunion de parents avant le camp.

- L'autorisation d'hospitaliser ou d'opérer: elle est bien entendu présente sur cette fiche, avec les coordonnées des responsables de l'enfant.

- Les observations à l'intention des parents : tout un espace est prévu, destiné aux médecins qui peuvent être amenés à intervenir, et surtout à l'assistant sanitaire.
Car à la fin du camp la fiche sanitaire judicieusement dite "de liaison" doit être restituée aux responsables des enfants: avec les observations éventuelles de l'assistant sanitaire sur les problèmes rencontrés et surtout la progression constatée...

mardi 4 décembre 2007

L'assistant sanitaire et les soins.

C'est la fonction classique de l'assistant sanitaire, celle à laquelle tout le monde pense. C'est pourquoi j'en parle en dernier.

On attend d'un assistant sanitaire qu'il soit capable de réagir à bon escient aux différents situations de blessures, de maladie, de mal-être...dont peuvent être victimes les scouts et guides au cours des activités.

Ces situations peuvent survenir n'importe quand, dans une réunion au local, au cours d'un jeu ou d'un déplacement, en week-end. Il faut donc "être prêt", et en toute circonstance: Etre prêt, une attitude très scoute !

Mais "prendre soin", c'est aussi beaucoup plus : c'est prêter attention à une personne donnée, et le suivi, l'accompagnement qui vont avec.

En début d'année, les parents remettent aux chefs une fiche sanitaire de liaison. Ils leur délèguent ainsi pour la durée des activités scoutes de l'année leur responsabilité de préservation de la santé.

L'assistant sanitaire doit ainsi assurer non seulement une mission de bobologie, mais une mission de suivi de chacun tout au long de l'année, qui s'appuie sur une vigilance constante à la santé de chaque jeune.

La fonction de soins a tout à gagner de la prise en compte de la durée...


Pour aller plus loin, une petite réflexion sur le care et le cure, sous la plume du philosophe Jacques Dufresne dans l'Encyclopédie de l'Agora :

Dans les services de santé, des choix fondamentaux s'imposent: entre le préventif et le curatif par exemple, de même qu'entre ce que les Anglo-Saxons appellent le care et le cure. La traduction de care par soin et de cure par traitement ne rend pas pleinement justice à cette distinction.

Il vaut mieux prévenir que guérir, et cela côute moins cher. C'est pourquoi les ministres de la santé rêvent, depuis qu'ils existent, d'accorder à la prévention toute l'importance qu'elle mérite. La demande de traitements est telle cependant que le curatif continue d'absorber la quasi-totalité des fonds disponibles.

Le care est aussi défavorisé par rappport au cure. Le cure correspond évidemment au pôle curatif, mais la notion de care ajoute une notion essentielle à l'idée de prévention, d'hygiène au sens large: l'attention à la fois éclairée et compatissante accordée au malade. Le nom de Florence Nightingale est à jamais associé à l'idée de care.

C'est son sens du care qui amena cette infirmière à moderniser les hôpitaux, au moment précis où la science, tournée vers le cure, y pénétrait. Care, cure; médecine comme art, médecine comme science.

Les maladies étaient jadis aiguës en majorité, les infections venant en tête de liste. Elles sont aujourd'hui chroniques (arthrite, maux de dos, états dépressifs) dans une proportion que l'on situe autour de 70%. D'où une importance accrue du care.

mardi 7 août 2007

Tous en forme en camp: propositions (4)

Les assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête Tous en forme (cf billets précédents) ont mis en oeuvre quelques bonnes idées pour améliorer la santé en camp : 88 % des assistants sanitaires pensent que leur action a été réellement utile dans ce domaine.

Le scoutisme est bon pour la santé, qu'on se le dise !

C'est à travers la vie du camp au quotidien que se font les apprentissages les plus essentiels: l’hygiène corporelle (mentionnée 43 fois), l’hygiène en général (18 fois), l'alimentation (29 fois)... et aussi l’activité physique, les jeux, l’explo... vivre en pleine nature 24 heures sur 24 est la première source d'expériences utiles. La question du sommeil et des rythmes de vie, la protection contre le soleil ou la chaleur sont moins mis en avant, mais on a vu précédemment que ces deux questions posaient difficulté...

Certains assistants sanitaires mettent en place des actions plus spécifiques dans le domaine des soins: initiation à la prise en charge des soins quotidiens (21 fois), formation aux premiers secours ou à la prise en charge des urgences (14 fois).

Echantillon non exhaustif d'idées à mettre en oeuvre :

- Réalisation d’une charte sanitaire.

- Jeu sur la santé.
- Leur répéter régulièrement les règles de base d’une bonne hygiène de vie.
- Tenter de sensibiliser les scouts à la nécessité de nettoyer le corps, les cheveux, les plaies,les dents…on fait toujours la vaisselle de nos gamelles, il faut faire la même chose pour nous.
- Les encadrer au cours des temps de toilette et leur rappeler les règles de l’hygiène de vie : brossage des dents, se laver les mains avant les repas.

- Expliquer les gestes quotidiens à respecter afin d’éviter tout risque.
- Veiller à la sécurité pendant les installations et pendant les jeux.

- Fabriquer une douche chauffée pour les inciter à se laver.
- Un temps pour les douches,un temps pour les dents.
- Un référent brossage de dents et douches, rappel de l’hygiène.
- « Top brosse à dents » : tous les scouts se brossent les dents en même temps au même endroit avec les chefs.
- Les scouts se sont brossés les dents trois fois par jour.
- Insister sur le lavage des mains, surtout pour les repas (pousse-mousse à disposition)

- Des feuillées bien entretenues.
- Inciter les scouts à faire une lessive.
- Faire du tri sélectif.
- Aventure recyclage et environnement, avec un trivial poursuite sur les dégradations existantes, les conséquences pour la nature et l’homme.

- Préparer des repas équilibrés avec les trappeurs.
- Cinq fruits et légumes par jour. - Pendant les repas, discussions sur la nutrition.
- On leur donnait chaque jour le menu incomplet, c’était à eux de trouver une solution pour que le menu soit équilibré.
- Prévenir les gastros : on lave et relave les mains…

- Formation des soigneurs aux premiers secours.
- Les plus âgés ont pour certains suivi des formations AFPS avec la Croix rouge.
- Sensibiliser à la fonction du matériel présent dans la trousse infirmerie.
- Sensibiliser chacun à la connaissance des soins de base : coupures, malaise en explo, besoin de s’hydrater, sucre si hypoglycémie…et bien sûr numéros d’urgence, qui et comment appeler.
- Expliquer les soins.
- Un jour sur deux, une guide vient aider aux temps d’infirmerie.
- Donner la possibilité aux soigneurs de gérer les petits bobos du camp.
- Apprendre la technique de retrait des tiques, utilisation de la pince à tiques.

- Leur conseiller de s’hydrater, de porter casquette afin d’éviter les insolations, de mettre des lunettes de soleil. Essayer d’équilibrer les repas en fonction du temps.
- Adapter l’activité aux conditions météo.

- Les faire bouger !
- Beaucoup de jeux.
- Activité physique et entraînement.
- Tenir compte des différences physiques de chacun.

- Préparer l’explo avec les soigneurs de chaque équipe.
- Adapter les rythmes de l’explo : distance, nombre d’heures de marche…
- Avant l’explo, formation hygiène et sécurité du soigneur et de la patrouille.
- Initiation aux gestes de premiers secours avant l’explo.
- Lors de la préparation de l’explo, information sur les premiers secours,les règles de sécurité sur la voie publique et la prise en charge de leur hygiène corporelle...
- Constitution d’un carnet d’explication des soins pour l’explo.

- Faire passer des messages à travers les rôles (méfaits de la cigarette…)
- Voie secouriste préparée par les guides.
- Nous avons essayé d’informer les responsables « intendance » des équipes sur l’équilibre des repas.
- Une soigneuse a proposé et préparé spontanément un jeu sur les règles d’hygiène en camp, dans le but de questionner les autres scouts et de réaliser pour chacun un cahier récapitulatif.

- Faire un bilan santé à la fin du camp.

L'enjeu de l'initiation à une bonne santé en camp va bien au-delà du camp proprement dit. Je laisse le dernier mot à l'un des assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête:

"Le respect des règles élémentaires d’hygiène, telles que le brossage des dents trois fois par jour et le lavage des mains avant de préparer le repas et de manger me parait finalement, au vu des remarques des scouts, le point le plus important.
Ils semblent en effet ne pas en avoir l’habitude."

mardi 3 juillet 2007

Tous en forme en camp: difficultés... (2)

Suite de la publication des résultats de l'enquête "Tous en forme", commencée hier.

Les difficultés rencontrées par les assistants sanitaires en camp ont été explorées par une question fermée : « Au cours du camp, quels ont été les domaines les plus faciles à gérer ? » (12 domaines à classer) et par une question ouverte : « Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer pour toi et pour la maîtrise pendant le camp » ?

Voici dans l'ordre des moyennes ce que les assistants sanitaires ont trouvé le plus facile à gérer :

1. La consommation de tabac-alcool… 3.1 (344)

2. Les petits soins 4.3 (484)

3. L’activité physique et les jeux 5.2 (585)
4. Les urgences 5.5 (617)
5. Les installations 5.6 (624)
6. L’hygiène corporelle 5.7 (635)
L'e

7. Le respect des règles de vie 6.2 (691)
8. Les repas 6.4 (718)
9. L’explo 6.8 (765)

10. Les relations entre les personnes 7.1 (795)
11. La météo (pluie, chaleur…) 7.1 (799)
12. Les rythmes de vie 7.3 (814)

Quelques commentaires:

  • Chez les 11-14 ans, la consommation de tabac, alcool et autres drogues pose rarement problème...sauf quand elle survient ! la disparité des réponses est en fait très grande : en général aucun problème, soit gros problème. Il n'est pas sûr que les maîtrises des 11-14 ans soient bien préparées à gérer ces questions.
  • Pas de gros souci apparemment pour gérer petits soins et urgences : celles-ci sont rares, ce qui confirme les résultats de la thèse de Laurence Bardy, et l'AFPS aide sans doute à les gérer correctement. Et pour les petits soins, çà se fait...même si c'est une activité souvent "dévoreuse de temps". Dans ce domaine les difficultés le plus souvent mentionnées concernent le problème des tiques, sans doute réellement émergent, et la délivrance des médicaments, pour laquelle les assistants sanitaires ne se sentent pas à l'aise.
  • Les installations, les jeux et l'activité physique tiennent une place importante dans les camps 11-14 ans et se passent plutôt bien. Les questions d'hygiène corporelle sont à cet âge-là plus difficiles à gérer mais les chefs semblent bien sensibilisés à la question. L'explo pose plus de difficultés : c'est une activité à risques mais aussi une activité phare de la tranche d'âge, ce n'est donc pas surprenant...
  • La gestion de la vie collective au quotidien pose davantage de problèmes : le respect des règles de vie et l'organisation des repas sont presque aussi difficiles à mettre en oeuvre que les explos. Les relations entre les personnes et surtout l'organisation du temps sont encore plus problématiques. Peut-être que les conditions caniculaires de juillet 2006 ont rendu plus difficile la vie de camp et accentué cette impression de difficulté pour les maîtrises à organiser leur camp...beaucoup l'ont souligné, mais cette explication ne suffit sans doute pas...

Dans le domaine de la santé, ce sont en premier lieu l'organisation collective et la gestion des rythmes de vie qui posent problème aux assistants sanitaires et aux maîtrises.

En pièce jointe, vous pourrez lire dans le détail les résultats chiffrés de l'enquête et les réponses aux questions ouvertes...

mercredi 25 avril 2007

Attention aux tiques !

Ixodes ricinus




Voici Ixodes ricinus, la tique la plus répandue sous nos latitudes.





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mardi 10 avril 2007

Thèse sur les soins en camp scout (5) : conclusions pratiques.

Nous arrivons au terme de la présentation des travaux de Laurence Bardy : cette étude auprès de 60 camps du scoutisme français au cours de l'été 2005 qui lui a fourni matière à sa thèse de médecine en juin 2006. Un travail original, qui n'avait jamais été fait et qui devrait donner des idées à d'autres...c'est aux étudiants en médecine chefs scouts et guides que je pense ! j'y reviendrai prochainement.

Dans ce billet, deux axes : les conclusions pratiques les plus importantes à tirer de cette enquête, et une analyse des quelques réserves qui peuvent en limiter la portée.

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vendredi 6 avril 2007

Thèse sur les soins en camp scout (4) : revue de détail.

Laurence Bardy a pu faire son enquête dans 60 camps du scoutisme français (27 SGDF, 14 EEUDF,19 EEDF).
Les camps étaient quasiment tous sous tente, et la durée moyenne des camps était de 15 jours.
En tout, il y a eu 2666 soins ou demandes de soins pour 902 journées campées.
Revue de détail.

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mardi 3 avril 2007

Thèse sur les soins en camp scout (3): la trousse d'infirmerie.

Laurence Bardy,ancienne éclaireuse unioniste, a étudié pendant l'été 2005 les modalités de recours aux soins dans 60 camps du scoutisme français. Elle en a tiré une thèse de médecine. Il y a une semaine je vous ai présenté le contenu de l'enquête . Voici aujourd'hui les principaux résultats concernant la trousse d'infirmerie.

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lundi 26 mars 2007

Thèse sur les soins en camp scout (2): l'enquête.

Comme l'a dit le premier commentateur de ce blog : mettre en libre accès une thèse de médecine, c'est bien beau, mais encore faut-il la lire...

C'est vrai, çà ne se lit pas comme un roman policier. Donc à partir d'aujourd'hui, pour rendre ce texte plus accessible, syn-thèse (...de médecine, bien sûr) en plusieurs épisodes.

En premier: le contenu de l'enquête, soumise au cours de l'été 2005 à 205 unités du scoutisme français.

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lundi 19 mars 2007

Thèse sur les soins en camp scout (1) : présentation.

Laurence Bardy, ancienne éclaireuse unioniste, a soutenu en juin 2006 sa thèse de médecine sur un sujet tout à fait original : le recours aux soins dans les camps de scoutisme.

Conclusion d'une enquête menée au cours de l'été 2005 auprès de camps de plusieurs associations du scoutisme français...

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