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mardi 15 juillet 2008

La santé en camp.

Comme je l'ai fait pour les addictions, je publie aujourd'hui un récapitulatif de tous les billets parus sur la santé en camp: publiés directement dans cette rubrique, récemment étoffée, ou dans la rubrique "assistant sanitaire".

En annexe, vous trouverez la dernière version, revue et corrigée, de "la trousse de premiers soins".


LE RÔLE D'ASSISTANT SANITAIRE EN ACCUEIL DE SCOUTISME

C'est l'objet d'une rubrique entière de ce blog...Lire en particulier les billets suivants : Assistant sanitaire en accueil de scoutisme et L'assistant sanitaire, point d'étape.

EDUCATION ET PREVENTION :

- La fiche sanitaire de liaison : une version "scoute" en réponse à nos besoins.
- Les rythmes de vie : Dormir en camp et Au camp, il y a un temps pour tout.
- Les conditions météo : Soleil et chaleur en camp, Après le beau temps la pluie et Orage ô désespoir.
- L'activité physique et les certificats.

SOINS :

- La tente infirmerie, le domaine réservé de l'assistant sanitaire.
- L'organisation des soins: Une demande à cadrer et Le registre de soins.
- Les trousses de soins en accueil de scoutisme : La trousse de premiers soins d'unité, les trousses de premiers soins d'équipe et la fiche pratique trousse de soins.
- L'assistant sanitaire et les médicaments : Auto-médication, les raisons d'un choix et aussi Désinfectants, pommades et petites gélules.
- Prise en charge des plaies : Soigner les plaies ordinaires et Conduite à tenir face aux plaies complexes.
- Conduite à tenir face aux tiques : Attention aux tiques !, avec fiche pratique en annexe.

DEUX ETUDES SUR LA SANTE EN CAMP :

- Thèse de médecine sur "le recours aux soins dans les camps de scoutisme" (Laurence Bardy 2006): étude portant sur 205 unités du scoutisme français au cours de leurs camps 2005.
Je décris le protocole de l'enquête, les observations concernant la trousse d'infirmerie, le détail des motifs de soins et les conclusions pratiques de ce travail universitaire.

- Enquête "Tous en forme" auprès des assistants sanitaires de 112 camps d'unités 11-14 ans en juillet 2006.
j'y décris les principales difficultés rencontrées, les attentes des assistants sanitaires, les astuces pratiques qu'ils ont mises en oeuvre, et enfin la manière dont ils ont associé les scouts à la prise en charge de leur santé.

samedi 12 juillet 2008

Organisation des soins

Tout n’est pas urgent. En camp, c’est important, et éducatif de bien « cadrer » la demande de soins.


1. Soins quotidiens :

Pour ne pas passer la journée à l'infirmerie, donner des horaires d'ouverture limités, par exemple de 19h à 19h30 avant le dîner. Si des soins doivent être pratiqués deux fois par jour, faire venir les jeunes concernés à une heure fixe le matin (8h à 8h15, par exemple).

Chacun est vu individuellement à tour de rôle.
Les autres attendent dehors au calme: les soins ne sont pas un spectacle.
On se déchausse à l'entrée de la tente.

Avant chaque soin l'assistant sanitaire - se lavera les mains.
- relira la fiche sanitaire pour ne pas risquer d'omettre un renseignement important ou une allergie.
- pourra se faire assister de l’éventuel responsable santé de l'équipe du jeune soigné (lui aussi se lavera les mains).

Chaque soin sera noté sur le registre de soins très précisément.

2. Soins d'urgence au camp :

Lorsqu'un jeune se blesse sur le lieu de camp, la règle des heures d'ouverture ne s'applique pas, bien sûr. Par contre la règle " Les jeunes ne doivent en aucun cas accéder seuls à la tente infirmerie", reste de rigueur.

3. Le registre de soins :

L'assistant sanitaire a une mission claire: « tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux. » (arrêté du 20 février 2003).
A cette fin, un registre de soins est disponible à la Boutique des Scouts et Guides de France, référence 101409, au prix de 4.50 euros.
Il permet de consigner tous les soins d’une année entière, de septembre au camp d’été.
Il comporte trois parties :

- La liste des participants: enfants et membres de l'encadrement. Y sont mentionnées les coordonnées de chacun et aussi celles des personnes à joindre en cas d'urgence. Il est possible d'y reporter les renseignements figurant sur la fiche sanitaire de liaison.
- Les traitements prescrits et les recommandations: deux pages pour noter dans le détail les éventuels médicaments ou recommandations particulières, avec possibilité de les ventiler en fonction de l'horaire : bien utile en camp pour ne pas faire d'erreur.
- Le registre des soins au quotidien: six pages numérotées pour noter au jour le jour le motif et la nature de chaque soin pratiqué, et le nom de l'intervenant, obligatoire. Ce registre doit pouvoir être présenté en cas d'inspection, et il sera demandé en cas de problème...

- En dernière page, un spécimen de registre de soins d'équipe, à photocopier et à remettre au responsable sanitaire de chaque équipe: un petit outil pédagogique utile pour associer les jeunes eux-mêmes à la prise en charge des soins quotidiens...

4. Le recours aux professionnels de santé :

Il est parfois nécessaire…

- Avant le camp, se faire conseiller un médecin généraliste à proximité et le contacter: l’informer de la présence du camp, lui signaler l’éventualité que l’on fasse appel à lui. Vérifier ses horaires d’ouverture et ses modalités d’intervention: sur rendez-vous ou sans? jusqu’à quelle heure ? fait-il des visites sur place si c’est nécessaire ? comment fonctionnent les services de garde locaux ?
- Suite à un problème de santé, joindre ce médecin en expliquant précisément ce qui s’est passé, ce qui a été constaté et les soins éventuellement dispensés.
- Si une consultation est nécessaire : Programmer le rendez-vous dès que possible pour être sûr d’être vu le jour-même. Apporter la fiche sanitaire du jeune et de quoi régler la consultation. Une feuille de soins sera remise avec l’ordonnance. Régler également les médicaments sur le compte de l'unité. Au retour les parents lui rembourseront la totalité des frais en échange de la feuille de soins. Si les parents bénéficient de la CMU (couverture maladie universelle), se munir d’une copie de l’attestation de sécurité sociale des parents pour éviter de devoir faire l’avance des frais.
- En dehors des horaires de présence du médecin généraliste correspondant, composer le 15 et ne pas hésiter à demander conseil au médecin régulateur si vous avez un doute. Il peut parfois être nécessaire de se déplacer dans un service d’urgence mais le faire avec bon sens est une attitude saine, citoyenne…et qui fera gagner du temps à tout le monde !

vendredi 11 juillet 2008

La tente infirmerie

La tente infirmerie est le domaine réservé de l'assistant sanitaire. Quelques conseils de bon sens pour se faciliter la vie...


Choisir de préférence une tente familiale (ou igloo) avec chambre et antichambre permettant de se tenir debout.: les soins se font si besoin dans l'intimité de la chambre, pendant que ceux qui attendent patientent au dehors. La chambre peut servir occasionnellement à un jeune pour se reposer.

Cette tente doit être installée au calme, à proximité de la tente des maîtrises.
Elle doit contenir :

- une table basse (ce peut être une malle en métal)
- un lit pliant avec drap et couverture
- un petit siège
- un système d'éclairage le plus efficace possible (type grosse lampe torche à piles)
- le matériel de premiers soins bien rangé
- la mallette à médicaments fermée à clé
- les trousses de secours d'équipe
- un grand bidon d'eau (pour se laver), avec du savon
- une bassine propre
- un torchon pour s'essuyer les mains et un gros rouleau d’essuie-tout.
- une bouteille d'eau minérale
- un sac poubelle
- les fiches sanitaires des jeunes et des animateurs bien rangés
- le registre de soins avec un stylo à portée de la main, pour inscrire tous les soins.

L’aménagement doit être fonctionnel, avec tout le matériel à portée de la main.
La tente doit être nettoyée et rangée après chaque série de soins,
Elle ne doit pas servir à autre chose qu’à assurer les soins.
Seuls ont le droit d’y entrer ceux qui viennent se faire soigner, les membres de la maîtrise et les éventuels responsables santé de chaque équipe, à l’invitation de l’assistant sanitaire…

lundi 7 juillet 2008

Orage, ô désespoir!

La survenue d’un orage est une situation stressante, notamment avec les plus jeunes. Le risque de prendre la foudre, même limité, existe.

L’ Association Protection Foudre publie sur son site apfoudre.com des recommandations sur la conduite à tenir en cas d'orage, et les justifie. Je n'ai curieusement jamais trouvé d'articles sur ce sujet dans la littérature scoute, alors que camper sous l'orage est une expérience fréquente, et potentiellement dangereuse.

Cet oubli est réparé : vous trouvez dès à présent sur l'extranet (l'espace responsables des Scouts et Guides de France) la fiche récapitulative des trois derniers articles de ce blog. Je vous la mets également en pièce jointe en fin de cet article.


Je reprends ci-dessous les recommandations qui me semblent les plus pertinentes pour la pratique du scoutisme :

Éviter toute situation d’exposition directe à la foudre : pas d’activité sous les arbres, en plein champ, surtout pas de baignade ou d’activité avec de l’eau (très conductrice).

En espace ouvert, éviter de courir, de rester debout jambes écartées (risque de propagation de la foudre depuis un impact à travers la terre), et ne porter aucun objet au dessus de soi (notamment métallique; et pas de parapluie !).
La position de moindre risque est de s’allonger à terre, jambes repliées, idéalement sur un vêtement isolant (vêtement de pluie par exemple)
En groupe, prendre ses distances (pour éviter le risque d'un éclair latéral entre 2 personnes).
Se mettre à distance des arbres isolés, et de toutes structures métalliques : pylônes, clôtures…

En pleine forêt, s’écarter le plus possible des troncs et des branches basses limite les risques.

Ne jamais téléphoner d’une cabine téléphonique (avec un téléphone mobile, c’est possible)

Éviter de s’abriter dans un hangar avec toit de tôle
Une automobile fermée est une bonne protection (penser à replier l’antenne radio)
Sous la tente, mettre à distance tous les objets métalliques potentiellement conducteurs (bonbonnes de gaz, gamelles, piquets de tente…)

dimanche 6 juillet 2008

Après le beau temps, la pluie.

La pluie est à juste titre réputée pour gâcher les camps... quelques pistes pour rester à sec.


Bien choisir son lieu de camp : éviter les emplacements trop humides, les terrains marécageux (mais parfois secs au printemps lors de la reconnaissance…); éviter la proximité d’un torrent; avoir un lieu de repli possible en cas de forte pluie (8-11 ans notamment).

Prévoir un matériel adapté : tentes en état, marabout éventuel, bâches ou vieux doubles toits, matériel d’activités calmes (quelques livres, BD, jeux de société…)
Veiller à l’équipement personnel de chaque jeune (vêtements de pluie, chaussures, de quoi se changer…)

En cas de journées pluvieuses à répétition, la lutte contre la pluie doit être une priorité :

Organiser le séchage : cordes d’étendage sous les bâches, près du feu, dans chaque coin d’équipe… La maîtrise doit aider chaque équipe à se prendre en charge avant que tout soit mouillé...
Faire naître un esprit de groupe : la maîtrise se motive pour rester modélisante, car le comportement des chefs face aux intempéries conditionne celui des enfants. Le groupe entier doit se mobiliser contre la pluie, d’une manière ludique si possible ! (imaginaire, chansons, rituels…)
Adapter le programme prévu, mais rester actif : au moins une activité dynamisante par jour, éventuellement sous la pluie (mais après, on se sèche et on se change, on se réchauffe avec des boissons chaudes…)
Imaginer des occupations calmes et les « organiser » : les jeunes ne restent pas sous la tente toute la journée, mais dans des espaces collectifs abrités; sous des bâches, un préau, une grange… On peut jouer à des jeux de société mais pas à 4 dans son coin, on les organise (tournois etc...)
Ne pas jouer les héros : si la situation devient trop critique (tentes inondées, affaires trempées, plus de linge de rechange, moral qui flanche) envisager à temps des solutions de repli (dormir une nuit dans une maison pour récupérer, raccourcir le camp d’un jour ou deux…)

mardi 1 juillet 2008

Soleil et chaleur en camp...

Après les addictions, j'inaugure en ce 1er juillet une nouvelle série de billets d'actualité...plus chaude.


« Évitez de sortir aux heures les plus chaudes et de pratiquer une activité physique. Maintenez votre logement frais. »
Cette recommandation de bon sens pour temps de canicule vaut aussi pour les camps : aux heures les plus chaudes, il vaut mieux éviter le soleil et se tenir tranquille…et maintenir la tente fraîche : installée à l’abri du soleil et aérée régulièrement.


Bien choisir le lieu de camp : espaces ombragés, fraîcheur, eau potable accessible, cours d’eau à proximité…
Implanter correctement les tentes (endroits frais, à l’ombre une partie de la journée) et les aérer aux périodes les moins chaudes de la journée (le matin au lever et le soir avant la veillée)
Créer des espaces ombragés et aérés : au dessus de la table d’unité, des coins d’équipe, les bâches ou les vieux double-toits peuvent rendre bien des services ! comme sous une tente touareg, l’air doit circuler partout, assurant une fraîcheur salutaire même en cas de température extrême.

Pas d’activité physique entre 12 et 16 heures : activités calmes, repas, sieste, conseils, jeux de société… à l’abri sous les bâches, pas forcément sous les tentes.
En cas d’exposition au soleil : se protéger la tête (chapeaux, casquettes, foulards…) ; garder tee-shirts ou chemise pour se protéger des rayons du soleil sur la peau. Mettre de la crème solaire. On sera particulièrement vigilant en début de camp.
S’hydrater régulièrement et abondamment : pour compenser les pertes en eau il faut boire entre 2 et 3 litres par jour (en fonction de la chaleur et de l’activité) ! On prévoira de l’eau à volonté pendant les repas (y compris au petit déjeuner et au goûter). Suggestion : mettre de la soupe au menu des jours de grande chaleur. C’est ce qu’il y a de mieux pour apporter des sels minéraux en même temps que du liquide : quand on transpire, on perd de l’eau, mais aussi du sel, indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.


Si une chaleur caniculaire s’installe, employer les grands moyens :

Attribuer le matin à chaque jeune deux bouteilles d’eau fraîche d’un litre et demi, qu’il doit avoir consommé avant le coucher. La gestion des bouteilles d’eau peut être confiée à un jeune de chaque équipe.
S’humidifier régulièrement : douches, jeux d’eau, baignades si on en a la possibilité. Une fois mouillé, sécher à l’air sans s’essuyer pour que le corps s’hydrate mieux.
Adapter le programme du camp : parfois vital ! la maîtrise doit faire preuve de bon sens, modifier les horaires (lever plus tôt, période calme plus longue en milieu de journée…) et parfois repousser à plus tard certaines activités trop coûteuses en énergie.
Faire de la lutte contre le chaud une mission d’intérêt public : autant que la pluie, une période de canicule prolongée peut compromettre la réussite d’un camp. La chaleur, çà fatigue : le plan B proposé par la maîtrise doit être composé d’activités plus calmes mais néanmoins enthousiasmantes !

vendredi 7 mars 2008

Assistants sanitaires en stage à La Grande-Motte.

Ce ne fut pas à Palavas les flots mais qu'importe: le premier stage scout BAFA2 intégrant une formation d' assistants sanitaires a bien eu lieu !

Un stage en pleine ville, à La Grande-Motte, radieuse cité balnéaire jaillie de toutes pièces des étangs camarguais au début des années 60.
Petit aperçu en images...


En 2008, le jeu scout s'épanouit sur la plage au pied des pyramides...

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...ou au milieu des cités.

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Quelques architectes illuminés avaient imaginé ici un habitat en immeuble, mais sans propriété privée des rez de chaussée. 50 ans après la circulation à pieds y reste un plaisir...

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...surtout en février où seuls quelques hurluberlus mettent de l'animation dans la paisible bourgade.

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Un lieu de stage urbain avec un camp scout au milieu des immeubles, c'est un peu insolite mais çà fonctionne...

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Trois parcours différents et complémentaires étaient proposés au choix des stagiaires: un parcours direction de camp, un parcours assistant sanitaire et un parcours trésorier-intendant.

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Certains temps étaient spécifiques, d'autres communs.
Ceux qui avaient choisi le parcours assistants sanitaires (parfois par défaut) ont parfois senti naître comme une nouvelle vocation...

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Ils ont expérimenté la mise en place de quelques installations à l'utilité incontestable.

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Ils ont testé en grandeur nature la nouvelle trousse de soins.

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Et vérifié leurs connaissances pratiques à travers des jeux de rôles...

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...parfois à la limite du supportable.

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Ils ont aussi élaboré des propositions éducatives et préventives à partir des recommandations existantes.

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Un atelier sur les addictions a réuni l'ensemble des stagiaires, qui auraient bien voulu aller encore plus loin dans l'échange...

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Bref, de quoi méditer quand tombait le soir sur la cité radieuse...

soir_cap_Vacances.jpg


Merci à Marion et Alain pour les photos.

mardi 26 février 2008

Conduite à tenir face aux plaies complexes.

Certaines plaies nécessitent toute l'attention de l'assistant sanitaire car elles présentent davantage de risques de complications ou d'infections que les plaies simples. Ce sont les morsures et les brûlures (avec deux variantes, les ampoules et les dermabrasions).

- Les brûlures: Evenement fréquent, notamment en camp.
Il faut d'abord refroidir la peau : c'est fondamental et très important, à faire immédiatement si possible.
Il faut refroidir la brûlure en la mettant sous l'eau courante : eau froide (mais non glacée) sous un robinet, voire dans un cours d'eau si c'est plus facile à mettre en oeuvre (en camp par exemple). Il faut le faire pendant 10 minutes, ce qui est long...

Par la suite, si la brûlure est localisée, on nettoiera et on désinfectera comme pour une plaie simple,on séchera puis on couvrira de crème contenant un agent anti-infectieux : par exemple une crème à la sulfadiazine, Flammazine ou Sicazine. Pansement à refaire idéalement 3 à 4 fois par jour pendant les 48 premières heures, car l'absorption est rapide et il faut éviter de voir se constituer une croûte.

Facteurs de gravité d'une brûlure:
- L'étendue: on conseille traditionnellement de se méfier au-delà de la taille d'une demi paume de main...
- La profondeur: une brûlure du 1er degré donne un aspect de rougeur assez douloureuse, mais la peau est intacte. Une brûlure du deuxième degré donne une cloque, souvent très douloureuse. Une brûlure du troisième degré détruit le derme, la couche profonde de la peau,très grave et très dangereux car trompeur: les récepteurs sensitifs sont détruits et la personne n'a pas mal... la paeu apparaît lésée et grisâtre. Toute brûlure du 3e degré doit être vue par un médecin,de même toute brûlure du deuxième degré un peu étendue: il faut "avoir la consultation facile".
- La localisation: le visage et les extrémités (les mains, les organes génitaux...) doivent être considérées comme plus graves.
- L'agent causal : on se méfier notamment des brûlures à l'eau ou à l'huile bouillante...

Le coup de soleil est une variété de brûlure (tous les degrés sont possibles...) et de même les ampoules et les dermabrasions, dont je parle ci-dessous.

- Les ampoules: ce sont des brûlures provoquées par le frottement,au niveau des mains par les outils utilisés pour les installations, au niveau des pieds par les chaussures, pendant la marche notamment. les ampoules sont très fréquentes en camp ! on peut les traiter comme une brûlure classique (premier degré: rougeur et douleur, ou deuxième degré: cloque et douleur) ou mieux avec des traitements type "seconde peau" : pansements hydrocolloïdes laissés en place 24 heures ou plus qui absorbent les sécrétions, diminuent la douleur et accélèrent la cicatrisation. Très utile notamment en explo où ce type de pansements permet de poursuivre la marche avec le moins de dommages possibles...

- Les dermabrasions : ce sont des érosions cutanées provoquées par exemple après une chute...la peau est comme râpée sur une surface plus ou moins étendue, la plaie est peu profonde mais peut saignoter au départ. Ce sont des plaies difficiles à soigner, car souvent sales, donc pouvant facilement se surinfecter. Même prise en charge que les brûlures classiques.

- Les morsures:
A priori toute morsure, qu'elle ait été faite par un chien, un autre animal ou un être humain (eh oui...) nécessite un avis médical. En effet, les plaies par morsures présentent un risque très important de surinfection.
Ce n'est pas une urgence immédiate sauf si la morsure est profonde ou étendu: pendant l'année on a le temps de contacter les parents et de voir avec eux. En camp, il vaut mieux programmer un avis médical dans la journée, sauf si la morsure est très localisée auquel cas on peut la prendre en charge soi-même: nettoyage et désinfection classique, séchage, puis application d'une crème contenant un agent anti-infectieux sous pansement : par exemple une crème à la sulfadiazine, Flammazine ou Sicazine. (très utilisée dans les brûlures)

vendredi 22 février 2008

Soigner les plaies ordinaires.

C'est d'après Laurence Bardy le plus fréquent des soins pratiqués en camp. (cf ce billet écrit suite à sa thèse).

Un acte très courant mais pas toujours bien pratiqué.

Les objectifs sont simples: il faut
- Nettoyer la plaie.
- Sécher la plaie.
- Désinfecter la plaie.
- Mettre la plaie dans les meilleures conditions pour favoriser la cicatrisation.

- Nettoyer la plaie:
Dans la pratique du scoutisme, nous ne sommes pas habituellement dans un lieu où le risque de surinfection est important. Cette phase peut donc être rapide, et utiliser des produits simples: de l'eau du robinet et du savon.

On mouille une compresse avec de l'eau et un savon liquide, ou mieux un désinfectant moussant type Cytéal®(le Cytéal®contient de la chlorhexidine, le même qui sera utilisée par la suite).
On nettoie la plaie.

- Sécher la plaie:
Avec une compresse stérile.

- Désinfecter la plaie:
On utilisera par exemple du Plurexid®: chlorhexidine aqueuse, qu'on appliquera sur la plaie avec une compresse.

- Favoriser la cicatrisation:
Si la plaie est petite et propre, on peut laisser à l'air. Si elle était sale au départ et un peu importante ou mal placée,on peut la recouvrir d'un pansement. A refaire tous les jours toutefois pour vérifier l'évolution.

On n'oubliera pas de noter la nature du soin pratiqué sur le registre de soins.

mardi 19 février 2008

Fiche pratique trousses de soins

Le temps est venu de conclure cette série consacrée aux outils privilégiés de l'assistant sanitaire en vous présentant la fiche pratique qui synthétise ce que j'ai dit dans les précédents billets.

Nous avons opté pour une fiche pratique regroupant
- les grands principes de constitution et d'utilisation.
- la description détaillée du contenu de chaque trousse.
- quelques "protocoles simples" expliquant leur utilisation.

Une fiche copieuse, mais un vrai choix éditorial : regrouper en une seule fiche les produits à utiliser et les principaux conseils concernant leur utilisation. Le but étant d'éviter de chercher parmi plusieurs fiches la posologie d'un médicament par exemple et donc de limiter au maximum les risques.

Cette fiche a été écrite l'an passé et publiée sur les forums de LaToileScoute mais je l'ai considérablement remaniée avant "l'épreuve du feu" du stage en Méditerranée, qui a lieu en ce moment.

Il est très possible qu'elle évolue encore suite aux réflexions des stagiaires. A suivre ici même, avec probablement les photos de la "trousse idéale", contenant et contenu...

Pour l'instant ci-dessous, la fiche dans sa version actuelle. N'hésitez pas à faire des remarques.

vendredi 15 février 2008

Les trousses de premiers soins d'équipe.

Il y a dans chaque maîtrise un chef ou une cheftaine qui s'intéresse d'un peu plus près que les autres aux questions de santé: c'est "l'assistant sanitaire".

C'est aussi une bonne idée de proposer à un scout ou à une guide de chaque équipe de prendre un rôle actif dans ce domaine. A l'assistant sanitaire de lui proposer des choses intéressantes à faire. L'enquête "Tous en forme" faite en 2006 auprès des assistants sanitaires présents au Jamboree avait bien montré que l'imagination pouvait être au rendez-vous.

Ce rôle comporte comme pour l'assistant sanitaire une mission de soins, à prendre au sens figuré (être attentif aux autres, responsable face aux prises de risques...) comme au sens propre : le correspondant santé de l'équipe peut très bien avoir en main de quoi faire quelques soins.
Et à mon avis, même avec les plus jeunes: le PSC1 (formation qui vient de remplacer l'AFPS) va jusqu'à proposer aux enfants à partir de 10 ans l'apprentissage de gestes de secourisme complexes, comme le massage cardiaque ou l'utilisation d'un défibrillateur...n'ayons pas peur de les initier à la prise en charge d'une plaie!

Pour faire bonne mesure, mettons entre leurs mains le matériel adéquat: une trousse de premiers soins adaptée et un mini-registre de soins, pour permettre à l'assistant sanitaire de superviser les soins pratiqués.

A partir de la tranche d'âge 12-14 ans , l'intérêt de cette proposition prendra tout son sens avec les premières activités de l'équipe en autonomie.


Proposition d'une trousse de premiers soins d’équipe :

Paire de ciseaux
Pince à échardes
Des compresses antiseptiques
Quelques pansements adhésifs prédécoupés
Quelques compresses stériles (en sachet individuel)
Quelques flacons unidoses de chlorhexidine aqueuse
Un rouleau de sparadrap
Une ou deux bandes.
Pommade contre les piqures d’insectes
Crème à la sulfadiazine (brûlures)
Quelques pansements seconde peau (ampoules).
Du paracétamol en dosage adapté à l'âge (douleurs et fièvre)

Un petit sac en plastique pour pansements usagés.
Carnet pour noter les soins, ou copie de la page "soins d'équipe" du registre de soins.
Le tout dans une petite trousse modèle trousse de toilette.

mardi 12 février 2008

Composition de la trousse de premiers soins d'unité.

Après les préliminaires, voici enfin le contenu proposé pour la trousse de premiers soins d'unité :

Matériel:
( en libre accès dans une pièce du local, ou au camp dans la tente infirmerie)

Accessoires
- une paire de ciseaux
- une pince à échardes
- un Tire-Tic®
- une boîte de gants non stériles
- Un savon.
- un thermomètre
- des verres en plastique
- une petite cuillère
- mouchoirs en papier, rouleaux d’essuie-tout
- une lampe frontale
- une couverture de survie.

Matériel de soins
- des compresses stériles 7.5 x 7.5,10 x10 cm
- des bandes extensibles (5, 7 et 10 cm de large)
- des pansements (à découper et prédécoupés)
- un rouleau de sparadrap hypoallergique de 2,5 cm de large

Pharmacie:
(impérativement sous clé)

Médicaments d’usage local
- un flacon de solution antiseptique (pour les plaies)
- un tube de pommade pour les piqûres d’insectes.
- un tube de crème à la sulfadiazine pour les brûlures.
- un tube de pommade pour les contusions.
- un tube de crème solaire haute protection UV (indice supérieur à 15)

Médicaments par voie orale
- une boîte de paracétamol 500 mg pour fièvre et douleurs ordinaires
- une boîte d’anti-histaminique (pour les démangeaisons : piqûres d’insectes…)
- une boîte de médicaments contre les diarrhées.
- une boîte d’antispasmodiques (douleurs abdominales)
- quelques morceaux de sucre …

Pas de nom de médicaments ici, mais j'ai largement développé le sujet dans mon billet précédent : souvent plusieurs choix sont possibles...
A chaque assistant sanitaire de préparer sa trousse avec le pharmacien du quartier, ou un médecin ou un pharmacien qu'il connait (parent ou autre).

vendredi 8 février 2008

Désinfectants, pommades et petites gélules...

Quels produits utiliser en accueil de scoutisme?

Il a bien fallu faire un choix.
Voici donc les six produits qui me semblent pouvoir être recommandés sans arrière-pensée (j'ai indiqué en premier le nom de la molécule, pas le nom commercial):

* La chlorhexidine : c'est un produit antiseptique efficace, d'application indolore sur les plaies quand il est en solution aqueuse, et peu réputé pour donner des allergies. Il ne tache pas, et il existe sous de multiples formes. Quitte à choisir, autant retenir celui-ci. Quelques formes possibles :

- Le Plurexid® ou le septivon®, en flacon de 250 ml de préférence (une fois ouvert, il ne faut pas les garder trop longtemps).
- Le Merfène®, chlorhexidine aqueuse en conditionnement unidose, bien pratique pour les trousses d'équipes.
- Le Cytéal®, chlorhexidine en solution moussante, ou l'Eludril®, chlorhexidine pour bains de bouche, peuvent également être utilisés.

* La sulfadiazine : pommade à utiliser sur les plaies infectées,ampoules,brûlures, dermabrasions après une chute... sous forme de Flammazine® ou Sicazine®. Pommade largement utilisée dans les centres de brûlés, elle entraîne rarement des problèmes allergiques. Comme elle contient un antiseptique, elle est préférable à des produits comme la Biafine.®

* L'hydrocortisone en crème : dérivé de la cortisone d'activité faible, elle peut être recommandée sous forme d' Onctose-hydrocortisone®, crème bien efficace sur les piqûres d'insectes (moustiques, guêpes...) d'autant plus qu'elle y est associée à de la lidocaïne, qui calme la douleur. On peut aussi conseiller Apaisyl®, Eurax®...

* Le paracétamol: Doliprane®ou Dafalgan®ou Efferalgan® ou...en dosage à 500 mg. A utiliser pour la fièvre et les douleurs ordinaires. Les allergies sont rares et les risques de surdosage faibles. C'est un produit sans doute présent dans 90% des pharmacies familiales, en principe sans danger si l'on respecte les doses recommandées.

* Le lactobacille : médicament à utiliser en cas de diarrhées (Lactéol®). Rien ne vaut la réhydratation et le Lacteol® permet surtout d'accompagner l'amélioration des gastro-entérites banales en 24-48 heures... si les diarrhées sont très abondantes (plus de 4 en 24 heures) ou très violentes, mieux vaut consulter. Et de même si les symptômes persistent au-delà de deux jours...

* Le phloroglucinol : en comprimés à sucer (phloroglucinol®ou spassirex®), ou en lyoc à sucer ou diluer dans un verre d'eau (spasfon®). Utile pour les douleurs d'origine digestive ou gynécologique. Très largement utilisé notamment chez la femme enceinte, et d'une efficacité relative: il ne risque pas de masquer un problème grave.

D'autres produits peuvent se discuter, à cause de leur efficacité modérée ou de leurs dangers éventuels:

* L'arnica : produit d'homéopathie qu'on peut conseiller sous forme de gel refrigérant (Arnicadol®) pour les petits traumatismes (sans plaie) : à préférer malgré le prix aux pommades (Arnica®) ou aux crèmes (arnican®) qui risquent en cas d'ecchymose ou d'entorse d'aggraver le traumatisme car on est tenté de masser.Le seul intérêt de ces pommades est de les avoir dans une optique "occupationnelle"...On veillera dans ce cas à juste faire pénétrer, et on l'utilisera plutôt pour les douleurs musculaires au retour d'explo par exemple. Le Dolal® et l'Hémoclar® sont des alternatives, à utiliser de la même manière (mais pas les anti-inflammatoires locaux , interdits avant 15 ans)

* La cétirizine : produit anti-histaminique utilisable en cas de réaction allergique ou de réaction cutanée (rougeur, urticaire, démangeaisons après piqure d'insecte) sous forme d'un comprimé de Zyrtecset® (seul produit de cette catégorie vendu sans ordonnance, utilisable seulement à partir de 12 ans). Produit peu dangereux mais qui peut parfois entraîner une légère somnolence.

* La métopimazine : Vogalib®, le seul anti-nauséeux accessible sans ordonnance...mais au deuxième jour de vomissements un avis médical est impératif, et il peut y avoir, de manière exceptionnelle, des complications à type de contractures (torticolis,mâchoire notamment...)

* L'ibuprofène : Nureflex®, Nurofen®, Advil®...médicament antidouleur bien plus efficace que le paracétamol sur les douleurs d'origine traumatique (contusions, tendinites, entorses...), les maux de tête et les douleurs gynécologiques (règles douloureuses...)
Le problème est qu'il y a un risque, rare mais grave, et même à dose normale, de voir survenir une insuffisance rénale aigue. Ce qui nous incite à être prudents...
Il ne faut notamment jamais le donner à un jeune un peu déshydraté ou fatigué (par exemple en retour d'explo, en période de forte chaleur...) car le risque est alors augmenté.
L'ibuprofène est disponible en vente libre en comprimés de 200 mg.

mardi 5 février 2008

Auto-médication : les raisons d'un choix.

C'est une démarche qui a de quoi surprendre. Et qui a surpris les stagiaires BAFA a qui elle fut présentée l'an passé. Beaucoup pensaient (pensent?) qu'il est interdit d'utiliser des médicaments dans le cadre du scoutisme.

Nulle part nous n'avons trouvé d'interdiction claire. Et les spécialistes à qui j'ai demandé de se pencher sur la question ont été surpris de constater le flou juridique qui entoure la pratique d'assistant sanitaire. Devant ce flou, ils nous ont conseillé de commencer par obtenir l'aval du ministère de la santé, de la jeunesse et des sports. Entreprise louable, mais sans doute longue et difficile.

Il existe déjà un texte qui autorise l'utilisation du paracétamol : l'instruction J.et S.du 18 mai 2001 (qui met à jour celle du 12 mai 2000). Mais pourquoi cette molécule-là et pas d'autres, qui ne sont pas plus dangereuses ? il existe des allergies au paracétamol... la même instruction conseille par ailleurs l'utilisation d'alcool à 70° pour les pansements (mais ne mentionne pas d'antiseptiques), de confitures anti-constipation et de crème pour les brûlures, sans préciser lesquelles: en matière de protocoles, difficile de faire plus imprécis et donc potentiellement dangereux...(cf texte en pièce jointe)


Par ailleurs, l'an passé, le ministre de la santé de l'époque, Xavier Bertrand, a relancé le débat sur l'auto-médication...un débat qui mérite d'être posé, devant l'incapacité affligeante d'un grand nombre de personnes à prendre en charge elles-mêmes le plus petit problème de santé.

Dans le scoutisme, nous pouvons agir pour restituer aux adultes et aux jeunes un certain pouvoir sur leur propre santé, sans être obligé de faire appel à un professionnel au moindre mal de tête, sous prétexte que çà pourrait bien être une méningite... Je milite en la matière pour une pédagogie du bon sens !


J'ai associé à la réflexion plusieurs médecins qui ont une longue expérience du scoutisme, notamment les responsables sanitaires des grands rassemblements (Jamborees bleus 1997 et 2006 pour les 11-15 ans, rassemblement Solidaires 14-17 ans, rassemblement Paris 2001 pour les 17-21 ans).
Tous m'ont dit la même chose: il faut débloquer le système, et faciliter l'utilisation dans la pratique du scoutisme de quelques molécules bien choisies, qui éviteront aux chefs de courir chez le médecin ou au service d'urgence au moindre bobo !

C'est donc ce point de vue que j'ai finalement adopté. Avec garde-fous:

- Un choix de molécules bien connues, en nombre limité, réputées pour leur inocuité, disponibles en vente libre dans les pharmacies.
- Des protocoles d'utilisation conformes aux "données actuelles de la science".

Faut-il, ou ne faut-il pas, rajouter un garde-fous en faisant remplir un protocole autorisant les maîtrises à dispenser les médicaments de la trousse?
C'est l'avis d'Yves Poncelin, médecin au SAMU 01, et qui fut longtemps animateur pionnier :

Je suis pour mettre quelques médicaments d"usage "famillial" dans la trousse de secours.

Le débat pour ou contre l'Ibuprofène montre que le fond du problème est l'acceptabilité des effets indésirables potentiels de ces traitements.
C'est donc une question de rapport bénéfice-risque.
En médecine il nous est demandé d'informer le patient sur ces aspects afin qu'il puisse choisir le niveau de risque qu'il accepte.

On pourrait peut-être envisager de demander aux parents en début d'année (ou au moins avant les camps) de cocher sur une liste de médicaments ceux qu'ils acceptent ou non que l'assistant sanitaire délivre à leur enfant en précisant que leur décision doit être éclairée par le médecin traitant.

Cela apporte à mon sens une "protection" suffisante de l'assistant sanitaire en cas de survenue d'un effet secondaire.

Faut-il, ou ne faut-il pas, proposer aux parents de scouts ce "protocole" supplémentaire? à ce jour, je suis encore hésitant...encore un papier de plus à faire remplir. Mais face au flou juridique qui entoure ces pratiques il vaut peut-être mieux être prudent...

Qu'en pensent les lecteurs de ce blog ?

vendredi 1 février 2008

L'assistant sanitaire et les médicaments.

La gestion des médicaments est une question difficile et qui vient souvent au premier rang des préoccupations des assistants sanitaires (surtout en camp). L'enquête faite en 2005 par Laurence Bardy pour sa thèse, ou celle que j'ai pilotée en 2006, l'enquête "tous en forme", le montraient bien.

De nombreux "on dit" courent sur le sujet : pour certains, il ne faut utiliser aucun médicament. Pour d'autres, pas de raison de s'auto-limiter: il faut avoir de tout pour pallier à toute situation. L'inventaire des trousses des premiers soins est souvent instructif: médicaments nombreux, faisant double emploi, certains disponibles uniquement sur ordonnance, parfois périmés voire dangereux...

Il nous a semblé nécessaire de mettre un peu d'ordre dans tout ceci, à partir de quelques critères simples. Les médicaments choisis doivent être :

- peu nombreux.
- vendus sans ordonnance.
- inoffensifs.
- adaptés aux situations rencontrées en accueil de scoutisme.
- utilisés suivant des protocoles précis.

Quelques commentaires :

- Des médicaments peu nombreux: l'assistant sanitaire, qui n'est pas un professionnel de santé, n'a pas les moyens de bien connaître de nombreux médicaments... faire un choix est une garantie de sécurité.

- Des médicaments en vente libre: le comportement recommandée aux assistants sanitaires est un comportement "de bon père de famille"... dans les situations de la vie courante, les parents ont généralement recours aux médicaments disponibles dans la pharmacie familiale pour soigner leurs enfants. Ils les soignent un jour ou deux puis vont voir leur médecin traitant s'il n'y a pas d'amélioration. Si la situation apparait plus grave, ils y vont tout de suite. C'est le même droit que nous défendons pour les maîtrises, "parents de substitution" pour la durée des activités scoutes.

- Des médicaments inoffensifs : c'est ce qui doit primer, même sur l'efficacité ! à partir du moment où ces produits sont proposés pour faire face "à des situations de la vie courante", ils doivent présenter le moins de dangers possible. C'est le cas pour la plupart des médicaments en vente libre, mais dans la trousse de soins proposée nous avons essayé d'être plus sélectifs encore...

- Des médicaments adaptés : les "situations de la vie courante" rencontrées en accueil de scoutisme se comptent sur les doigts des deux mains. Au-delà, on est soit dans le cadre de situations inhabituelles,soit dans le cadre de situations urgentes : dans ces cas il faut faire appel à un professionnel de santé, mais ce sera exceptionnel.

- Des protocoles précis: conseiller l'usage de médicaments en accueil de scoutisme exige de notre part de préciser le bon usage de chacun de ces produits. C'est pourquoi la fiche descriptive de la trousse de soins comportera non seulement la liste des produits conseillés mais aussi l'indication des produits et leur posologie en fonction de l'âge. Et le guide de l'assistant sanitaire proposera un protocole plus détaillé pour les soins qui le nécessitent. Si l'assistant sanitaire les utilise hors de ces recommandations, ce sera sous sa responsabilité.

Baden Powell disait que l'éclaireur devait être capable de se tenir à lui-même lieu de docteur... c'est peut-être encore possible, mais de manière encadrée !

mercredi 30 janvier 2008

Trousses de premiers soins en accueil de scoutisme

Trousse à pharmacie, pharmacie type, trousse d'infirmerie...les dénominations sont nombreuses pour désigner la trousse à outils indispensable à tout assistant sanitaire qui se respecte, quelle que soit son obédience, d'accueil de scoutisme ou d'ailleurs !

Dans cette "trousse à outils", il n'y a pas que des médicaments. Nous avons donc fait le choix de l'appellation officielle, celle de l'arrêté de 2003 sur le suivi sanitaire: "trousse de premiers soins".

C'est la plus simple, et elle dit bien l'essentiel: c'est une "trousse", elle doit être aisément transportable. Et elle doit permettre d'assurer "les premiers soins".

Laurence Bardy, dans sa thèse sur le recours aux soins en camp de scoutisme, retient deux principes de base pour la composition de cette trousse :

L'assistant sanitaire doit bien connaître la composition de sa trousse, qui doit être la plus simple possible.
Il doit savoir utiliser correctement (quand et comme il faut) tout ce qu'elle contient.

Les débats que nous avons eu depuis avec différents médecins impliqués dans le scoutisme à des titres divers m'ont amené à préciser les principes de base d'une trousse de premiers soins :

- Une trousse de premiers soins a pour but d’assurer quelques soins de base et de gérer les petits bobos de la vie quotidienne.
- La trousse de premiers soins est de même nature qu’une pharmacie familiale : rien que des médicaments vendus sans ordonnance, utilisables sans contre-indication majeure dans le cadre défini par le guide de l’assistant sanitaire.
- La trousse de premiers soins doit être facilement transportable. Elle peut être nécessaire aussi bien pour les réunions que pour les week-ends et le camp.
- Les médicaments doivent obligatoirement être conservés dans un contenant fermé à clef : quel que soit l’âge des jeunes accueillis, il y a toujours un risque de consommation accidentelle ou volontaire.
- La trousse de premiers soins est sous la responsabilité de l’assistant sanitaire. Il la constitue, en connaît la composition. Il sait utiliser correctement (quand et comme il le faut) tout ce qu’elle contient, en référence au guide de l’assistant sanitaire. Il vérifie régulièrement les dates de péremption (au moins deux fois par an, en début d’année et avant le camp, et avant toute utilisation d’un produit).

De plus:
- L'assistant sanitaire doit superviser lui-même la prise des médicaments spécifiques prescrits à l’un des jeunes : les modalités de prise définies dans l’ordonnance doivent être scrupuleusement reportées dans le registre de soins.
- Dans un but éducatif, l'assistant sanitaire peut confier au responsable santé de chaque équipe de jeunes une trousse de premiers soins d'équipe, après formation préalable.


Pour mémoire: L'arrêté du 20 février 2003 encadre bien ces pratiques :

Le suivi sanitaire consiste notamment à :

- identifier les mineurs qui doivent suivre un traitement médical pendant l'accueil et s'assurer de la prise des médicaments ;
- s'assurer que les médicaments sont conservés dans un contenant fermé à clef sauf lorsque la nature du traitement impose que le médicament soit en permanence à la disposition de l'enfant ;
- tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux ;
- tenir à jour les trousses de premiers soins. »

mardi 22 janvier 2008

Assistant sanitaire : première formation !

Une première formation à la fonction d'assistant sanitaire nouvelle formule est proposée du 16 au 23 février, à Palavas-les-flots, à l'initiative du pôle de formation Méditerranée.

Il s'agira d'un stage BAFA 2, qui intégrera trois parcours possibles pour les chefs et cheftaines qui ont déjà entamé leur cursus BAFA : un parcours direction de camp, un parcours intendant, un parcours "assistant sanitaire."

L'idée sous jacente à cette formation est claire : l'assistant sanitaire en accueil de scoutisme doit être le bras droit du responsable d'unité. Celui qui prend ce rôle doit de préférence avoir au moins un an d'expérience, et avoir démarré sa formation BAFA.

Au programme:

- Un échange préliminaire sur les attentes et expériences de chacun pour mettre en place ce rôle.
- Deux ateliers pratiques sur les soins : comment composer les trousses de soins d'unité et d'équipe, comment organiser les soins et prendre en charge au mieux les problèmes de santé en camp.
- Deux ateliers sur la conduite à tenir face aux addictions et aux situations de mal-être.
- Deux ateliers sur la mise en place d'un cadre de vie favorable à la santé: hygiène, ergonomie, nutrition, environnement, rythmes de vie...
- Un atelier intitulé : "Ma fonction dans le projet pédagogique", avec les intendants et directeurs de camp.

Ce sera une formation "expérimentale" qui s'annonce passionnante.

Si vous voulez en être, il est encore possible de s'inscrire ! ...par l'intranet, ou en contactant le pôle de formation Méditerranée, ou en prenant contact avec moi, en haut et à gauche de ce blog.


Pôle de formation Méditerranée:

10 impasse Sainte Victorine
13003 MARSEILLE
04 96 12 60 19
crm@sgdf.fr

samedi 19 janvier 2008

Sport, scoutisme et certificats médicaux.

Le scoutisme n'est pas un sport...même si l'activité physique y est largement pratiquée et encouragée !

Deux remarques à ce sujet :

- Lorsque j'avais soutenu ma thèse il y a une vingtaine d'années, les préadolescents interrogés, scouts ou non scouts, rangeaient souvent le scoutisme dans la catégorie "activité physique et sportive". Ce qui au fond n'est pas une mauvaise définition pour une activité qui se définit comme un jeu...

- Dans ma pratique médicale actuelle, je constate en septembre une épidémie de demandes de certificats préalables à la pratique du sport, qui me laisse un peu rêveur: les contre-indications à une pratique récréative, voire compétitive modérée, sont extrêmement rares...il vaudrait mieux expliquer les contre-indications à rester sédentaire, beaucoup plus nombreuses !

En tout cas, nul besoin de certificat médical pour faire du scoutisme. Sauf en cas de pratique d'activités dites "à risques". D'après l'arrêté du 20 février 2003,

L'admission d'un mineur...est conditionnée à la fourniture préalable... d'un certificat médical de non-contre-indication lorsqu'une ou plusieurs activités physiques mentionnées à l'article 13 du décret du 3 mai 2002 susvisé sont proposées dans le cadre de l'accueil.

La liste de ces activités dites "à risques" a évolué depuis 2002. Vous la trouverez, avec le détail des exigences demandées pour chacune d'entre elle, dans le document : "réglementation et sécurité des activités.". Ce document est fort bien fait et il est remis à jour chaque année, je ne le réécrirai pas ici...


Si l'un des jeunes n'est pas à jour de ses vaccinations obligatoires, vous devez exiger un certificat médical de contre-indication à la vaccination... un bon moyen de provoquer la remise à jour des vaccins ! et si les parents sont incapables de fournir ce certificat, méfiance : on peut suspecter un non suivi médical de l'enfant depuis longtemps, voire un enrôlement dans une secte (certaines sectes refusent la vaccination).

Sinon, pour les maîtrises, la fourniture d'un certificat médical mentionnant que les vaccinations sont bien à jour reste toujours exigée.

mardi 15 janvier 2008

Le registre de soins.

L'assistant sanitaire, au-delà de la bonne utilisation des renseignements fournis sur la fiche sanitaire de liaison, doit :

- tenir le registre dans lequel sont précisés les soins donnés aux mineurs, et notamment les traitements médicamenteux . (arrêté du 20 février 2003)

Nous avons donc décidé d'éditer un "registre de soins" pour les Scouts et Guides de France, et plus largement pour toutes les unités du scoutisme français. Ce registre de soins remplace les cahiers d'infirmerie édités précédemment.

Il couvre tous les soins dispensés pendant les camps d'été, mais aussi pendant toute l'année scoute à partir du mois de septembre: un "accueil de scoutisme", c'est toute l'année.

Il est d'ores et déjà disponible à la Boutique des Scouts et Guides de France, référence 101409, au prix de 4.50 euros.


Ce registre des soins comporte trois parties :

- La liste des participants à l'accueil de scoutisme: enfants et membres de l'encadrement. Sont mentionnés les coordonnées de chaque personne et aussi des personnes à joindre en cas d'urgence. Il est possible d'y reporter les renseignements figurant sur la fiche sanitaire de liaison.

- Les traitements prescrits et les recommandations: deux pages pour noter dans le détail les éventuels médicaments ou recommandations particulières, avec possibilité de les ventiler en fonction de l'horaire : bien utile notamment en camp pour ne pas faire d'erreur.

- Le registre des soins au quotidien: six pages numérotées pour noter au jour le jour le motif de chaque soin, la nature du soin pratiqué et le nom de l'intervenant, obligatoire. Ce registre de soins doit pouvoir être présenté en cas d'inspection notamment, et il sera demandé en cas de problème... En tout 96 soins sont possibles, ce qui devrait suffire.


En dernière page, un spécimen de registre de soins d'équipe,à photocopier et à remettre au responsable sanitaire de chaque équipe pionnier-caravelle ou scout-guide: un petit outil supplémentaire pour inciter chaque assistant sanitaire à associer les jeunes eux-mêmes à la prise en charge des soins quotidiens... au camp bien sûr, mais pourquoi pas tout au long de l'année?

vendredi 11 janvier 2008

La fiche sanitaire de liaison.

Finie la trève des confiseurs ! je reprends le fil des publications sur l'assistant sanitaire: après les généralités, place à la présentation des outils à sa disposition. En commençant par le tout premier: la fiche sanitaire de liaison.

Les parents délèguent aux chefs et cheftaines de l'unité scoute-guide la responsabilité du suivi sanitaire de leur enfant, pour la durée des activités scoutes.

Le chef d'unité ("responsable du centre") doit d'après l'arrêté du 20 février 2003 avoir en mains un certain nombre d'informations :

L'admission d'un mineur...est conditionnée à la fourniture préalable sous enveloppe cachetée portant le nom du mineur au responsable du centre : 1) d'informations relatives :
a) aux vaccinations obligatoires ou à leurs contre-indications : copie des pages du carnet de santé relatives aux vaccinations, copie du carnet de vacci))nations, ou attestation d'un médecin ;
b) aux antécédents médicaux ou chirurgicaux ou à tout autre élément d'ordre médical considéré par les parents ou le responsable légal du mineur comme susceptibles d'avoir des répercussions sur le déroulement du séjour ;
c) aux pathologies chroniques ou aiguës en cours

Mais c'est à l'assistant sanitaire (= la personne chargée du suivi sanitaire) de s'assurer de la remise de ces informations et de leur bonne utilisation: il doit

- s'assurer de la remise, pour chaque mineur, des renseignements médicaux ainsi que, le cas échéant, des certificats médicaux, mentionnés à l'article 1er ;
- informer les personnes qui concourent à l'accueil de l'existence éventuelle d'allergies médicamenteuses ou alimentaires ;
- identifier les mineurs qui doivent suivre un traitement médical pendant l'accueil et s'assurer de la prise des médicaments.

En pratique, il est d'usage de noter toutes ces informations sur un document CERFA appelé fiche sanitaire de liaison, que nous proposons d'adapter à la pratique scoute.


La fiche présentée ci-dessous (qui en est à sa version 2 et peut encore évoluer), sera en format A4 recto-verso. Dès le début d'année elle doit être remise par les parents aux responsables scouts.
La fiche sanitaire doit accompagner tout scout malade ou blessé au cours des activités. L'assistant sanitaire doit donc les garder à portée de la main.
Nous conseillons vivement aux chefs et aux cheftaines d'en remplir une pour eux, même s'il n'y a d'obligation que pour les mineurs.

Téléchargez-là puisqu'elle est en annexe. Petite présentation commentée:

- Le numéro de sécurité sociale, indispensable. Il sera demandé en cas de recours aux professionnels de santé. Le numéro d'adhésion SGDF est également important: même s'il figure ailleurs, autant l'avoir sous la main (utile en cas d'accident notamment).

- Les vaccinations: exigence classique mais importante. Seul est demandé l'indication du dernier rappel pratiqué. En clair le nom des maladies contre lesquelles le vaccin protège, et aussi le nom commercial des vaccins : en faisant ainsi nous avons l'espoir que ce sera plus parlant !

Tout enfant pour être scolarisé et pour participer à un accueil de mineurs, doit avoir les vaccinations obligatoires. Concrètement en 2008: diphtérie, tétanos, polio (en général associés dans un même vaccin)

- Les problèmes de santé actuels et passés : doivent être mentionnés ceux qui peuvent avoir un impact sur le déroulement des activités. Nous avons mis une quetion spécifique sur l'énurésie car c'est un problème fréquent chez les plus jeunes.

- Les autres observations concernant sa santé sont là pour ouvrir d'autres pistes: pratique sportive, artistique, culturelle...c'est une nouveauté, complètement logique : nous avons vocation à développer des capacités, pas à soigner des maladies.

- Les recommandations des parents : deux espaces sont prévus, en début d'année et avant le camp. La fiche est remplie une seule fois, mais elle peut être réactualisée, par exemple au cours de la réunion de parents avant le camp.

- L'autorisation d'hospitaliser ou d'opérer: elle est bien entendu présente sur cette fiche, avec les coordonnées des responsables de l'enfant.

- Les observations à l'intention des parents : tout un espace est prévu, destiné aux médecins qui peuvent être amenés à intervenir, et surtout à l'assistant sanitaire.
Car à la fin du camp la fiche sanitaire judicieusement dite "de liaison" doit être restituée aux responsables des enfants: avec les observations éventuelles de l'assistant sanitaire sur les problèmes rencontrés et surtout la progression constatée...

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