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A votre santé !

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vendredi 15 février 2008

Les trousses de premiers soins d'équipe.

Il y a dans chaque maîtrise un chef ou une cheftaine qui s'intéresse d'un peu plus près que les autres aux questions de santé: c'est "l'assistant sanitaire".

C'est aussi une bonne idée de proposer à un scout ou à une guide de chaque équipe de prendre un rôle actif dans ce domaine. A l'assistant sanitaire de lui proposer des choses intéressantes à faire. L'enquête "Tous en forme" faite en 2006 auprès des assistants sanitaires présents au Jamboree avait bien montré que l'imagination pouvait être au rendez-vous.

Ce rôle comporte comme pour l'assistant sanitaire une mission de soins, à prendre au sens figuré (être attentif aux autres, responsable face aux prises de risques...) comme au sens propre : le correspondant santé de l'équipe peut très bien avoir en main de quoi faire quelques soins.
Et à mon avis, même avec les plus jeunes: le PSC1 (formation qui vient de remplacer l'AFPS) va jusqu'à proposer aux enfants à partir de 10 ans l'apprentissage de gestes de secourisme complexes, comme le massage cardiaque ou l'utilisation d'un défibrillateur...n'ayons pas peur de les initier à la prise en charge d'une plaie!

Pour faire bonne mesure, mettons entre leurs mains le matériel adéquat: une trousse de premiers soins adaptée et un mini-registre de soins, pour permettre à l'assistant sanitaire de superviser les soins pratiqués.

A partir de la tranche d'âge 12-14 ans , l'intérêt de cette proposition prendra tout son sens avec les premières activités de l'équipe en autonomie.


Proposition d'une trousse de premiers soins d’équipe :

Paire de ciseaux
Pince à échardes
Des compresses antiseptiques
Quelques pansements adhésifs prédécoupés
Quelques compresses stériles (en sachet individuel)
Quelques flacons unidoses de chlorhexidine aqueuse
Un rouleau de sparadrap
Une ou deux bandes.
Pommade contre les piqures d’insectes
Crème à la sulfadiazine (brûlures)
Quelques pansements seconde peau (ampoules).
Du paracétamol en dosage adapté à l'âge (douleurs et fièvre)

Un petit sac en plastique pour pansements usagés.
Carnet pour noter les soins, ou copie de la page "soins d'équipe" du registre de soins.
Le tout dans une petite trousse modèle trousse de toilette.

vendredi 17 août 2007

Tous en forme au camp: associer les scouts. (5)

C'est une méthode pédagogique reconnue... notamment par les spécialistes de l'éducation à la santé, notamment dans les milieux anglo-saxons. Mais pas seulement.

C'est une méthode utilisée dans le scoutisme depuis les origines, notamment à travers le système des patrouilles. Chez les Scouts et Guides de France on l'utilise souvent un peu comme M. Jourdain faisait de la prose, sans y penser. Si on y pensait plus souvent il est possible qu'on enrichirait assez facilement la pratique quotidienne du scoutisme.

C'est de la méthode dite d' "éducation par les pairs" que je veux parler. Dans l'enquête "Tous en forme" dont je vous parle aujourd'hui pour la cinquième et dernière fois, j'ai bien entendu cherché à voir comment elle s'appliquait.

100 assistants sanitaires sur 112 (89 % soit la presque totalité) avaient pendant le camp parmi les jeunes au moins un correspondant santé sur qui s’appuyer. Ces scouts ou ces guides qui ont accepté de prendre pour la durée du camp un rôle en rapport avec la santé sont au total 424 pour 112 unités enquêtées; ce qui représente 3.8 jeunes par une unité ( en gros un par équipe, parfois plus).

Les rôles pris sont variables : 259 (61 %) sont des soigneurs, 128 (30%) des entraîneurs, 34 (8%) des infirmières, 3 (1%) des physiologistes. La polarité en direction des soins ( soigneur ou infirmière) est nettement plus répandue que la polarité prévention-entraînement : 293 (69%) contre 131(31%). Ainsi, dans les rôles pris par les jeunes, la fonction de soins est choisie dans quatre unités sur cinq. Mais il faut noter que la majorité des unités (67 sur 112 soit 60%) compte les deux types de correspondants santé, ce qui offre à l'assistant sanitaire désireux d'associer les jeunes à la prise en charge de la santé des perspectives intéressantes.

A quoi les jeunes sont-ils associés? tous sont impliqués dans le bon fonctionnement de l'explo, ce qui est logique: c'est le moment privilégié où s'exerce l'autonomie de l'équipe, même dans les unités où le système des patrouilles est peu utilisé. Très peu sont associés à la prise en charge des urgences : trop sérieux et trop grave pour être confié à des enfants ?

Les domaines reconnus comme posant le plus de problèmes aux maîtrises (la gestion des rythmes et des règles de vie, l’adaptation aux conditions météo et les relations entre scouts) sont aussi ceux où les jeunes ont le moins de responsabilités (ils sont associés une fois sur quatre seulement à la prise encharge de ces questions...) Faut-il y voir une relation de cause à effet ?

Il apparaît en tout cas clairement que les deux types de rôle (entraîneur et soigneur-infirmière) ont réellement un profil très différent : l'entraîneur est très présent du côté développement actif de la santé (activité physique et jeux bien sûr, mais aussi règles et rythmes de vie, météo et relations), alors que le soigneur et l’infirmière sont plus dans un rôle de préservation, de soins et d’attention au corps…

Que faut-il en conclure ? à mon avis, trois choses :

- L'attribution de rôles dévolus à la santé est une pratique culturelle largement ancrée dans les pratiques des unités 11-14 ans Scouts et Guides de France, au moins au moment des camps.

- Les jeunes sont assez facilement associés à la gestion des soins, un peu moins au "développement actif de la santé".

- Il existe une marge de progression certaine dans la responsabilisation des jeunes en matière de santé, pendant les camps et pendant l'année. Cet aspect-là ne doit pas être l'oublié des rénovations pédagogiques en cours(dans ce domaine ou dans d'autres).

Les conclusions de cette enquête sur les 11-15 ans ne sont sans doute pas absolument superposables à toutes les tranches d'âge et la responsabilisation des jeunes se fera sans doute différemment avec des 8-11 ans ou des 14-17 ans... mais les priorités peuvent probablement être les mêmes.

N'hésitez pas à ouvrir le fichier ci-joint pour visualiser tous les détails.

mardi 7 août 2007

Tous en forme en camp: propositions (4)

Les assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête Tous en forme (cf billets précédents) ont mis en oeuvre quelques bonnes idées pour améliorer la santé en camp : 88 % des assistants sanitaires pensent que leur action a été réellement utile dans ce domaine.

Le scoutisme est bon pour la santé, qu'on se le dise !

C'est à travers la vie du camp au quotidien que se font les apprentissages les plus essentiels: l’hygiène corporelle (mentionnée 43 fois), l’hygiène en général (18 fois), l'alimentation (29 fois)... et aussi l’activité physique, les jeux, l’explo... vivre en pleine nature 24 heures sur 24 est la première source d'expériences utiles. La question du sommeil et des rythmes de vie, la protection contre le soleil ou la chaleur sont moins mis en avant, mais on a vu précédemment que ces deux questions posaient difficulté...

Certains assistants sanitaires mettent en place des actions plus spécifiques dans le domaine des soins: initiation à la prise en charge des soins quotidiens (21 fois), formation aux premiers secours ou à la prise en charge des urgences (14 fois).

Echantillon non exhaustif d'idées à mettre en oeuvre :

- Réalisation d’une charte sanitaire.

- Jeu sur la santé.
- Leur répéter régulièrement les règles de base d’une bonne hygiène de vie.
- Tenter de sensibiliser les scouts à la nécessité de nettoyer le corps, les cheveux, les plaies,les dents…on fait toujours la vaisselle de nos gamelles, il faut faire la même chose pour nous.
- Les encadrer au cours des temps de toilette et leur rappeler les règles de l’hygiène de vie : brossage des dents, se laver les mains avant les repas.

- Expliquer les gestes quotidiens à respecter afin d’éviter tout risque.
- Veiller à la sécurité pendant les installations et pendant les jeux.

- Fabriquer une douche chauffée pour les inciter à se laver.
- Un temps pour les douches,un temps pour les dents.
- Un référent brossage de dents et douches, rappel de l’hygiène.
- « Top brosse à dents » : tous les scouts se brossent les dents en même temps au même endroit avec les chefs.
- Les scouts se sont brossés les dents trois fois par jour.
- Insister sur le lavage des mains, surtout pour les repas (pousse-mousse à disposition)

- Des feuillées bien entretenues.
- Inciter les scouts à faire une lessive.
- Faire du tri sélectif.
- Aventure recyclage et environnement, avec un trivial poursuite sur les dégradations existantes, les conséquences pour la nature et l’homme.

- Préparer des repas équilibrés avec les trappeurs.
- Cinq fruits et légumes par jour. - Pendant les repas, discussions sur la nutrition.
- On leur donnait chaque jour le menu incomplet, c’était à eux de trouver une solution pour que le menu soit équilibré.
- Prévenir les gastros : on lave et relave les mains…

- Formation des soigneurs aux premiers secours.
- Les plus âgés ont pour certains suivi des formations AFPS avec la Croix rouge.
- Sensibiliser à la fonction du matériel présent dans la trousse infirmerie.
- Sensibiliser chacun à la connaissance des soins de base : coupures, malaise en explo, besoin de s’hydrater, sucre si hypoglycémie…et bien sûr numéros d’urgence, qui et comment appeler.
- Expliquer les soins.
- Un jour sur deux, une guide vient aider aux temps d’infirmerie.
- Donner la possibilité aux soigneurs de gérer les petits bobos du camp.
- Apprendre la technique de retrait des tiques, utilisation de la pince à tiques.

- Leur conseiller de s’hydrater, de porter casquette afin d’éviter les insolations, de mettre des lunettes de soleil. Essayer d’équilibrer les repas en fonction du temps.
- Adapter l’activité aux conditions météo.

- Les faire bouger !
- Beaucoup de jeux.
- Activité physique et entraînement.
- Tenir compte des différences physiques de chacun.

- Préparer l’explo avec les soigneurs de chaque équipe.
- Adapter les rythmes de l’explo : distance, nombre d’heures de marche…
- Avant l’explo, formation hygiène et sécurité du soigneur et de la patrouille.
- Initiation aux gestes de premiers secours avant l’explo.
- Lors de la préparation de l’explo, information sur les premiers secours,les règles de sécurité sur la voie publique et la prise en charge de leur hygiène corporelle...
- Constitution d’un carnet d’explication des soins pour l’explo.

- Faire passer des messages à travers les rôles (méfaits de la cigarette…)
- Voie secouriste préparée par les guides.
- Nous avons essayé d’informer les responsables « intendance » des équipes sur l’équilibre des repas.
- Une soigneuse a proposé et préparé spontanément un jeu sur les règles d’hygiène en camp, dans le but de questionner les autres scouts et de réaliser pour chacun un cahier récapitulatif.

- Faire un bilan santé à la fin du camp.

L'enjeu de l'initiation à une bonne santé en camp va bien au-delà du camp proprement dit. Je laisse le dernier mot à l'un des assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête:

"Le respect des règles élémentaires d’hygiène, telles que le brossage des dents trois fois par jour et le lavage des mains avant de préparer le repas et de manger me parait finalement, au vu des remarques des scouts, le point le plus important.
Ils semblent en effet ne pas en avoir l’habitude."

lundi 2 juillet 2007

Tous en forme en camp: l'enquête (1)

Pas de billet en juin... j'étais trop occupé à participer aux animations locales de mon groupe scout pour le centenaire du scoutisme. Un agréable et chaleureux moment , comme vous pouvez en juger sur le blog qui lui est associé, Vienne-scoutblog !
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Au lendemain du "festival du scoutisme", la préparation des camps va être dans tous les esprits. J'en profite pour vous faire partager les résultats d'une enquête menée l'an passé auprès de 112 camps d'unités 11-14 ans, en prélude au Jamboree. Je l'avais appelée "tous en forme".

Elle était destinée aux assistants sanitaires, et concernait essentiellement la prévention et l'éducation. Il s'agissait d'être complémentaire avec la thèse de Laurence Bardy consacrée à la thématique du recours aux soins (cf les billets que j'y ai consacré, à partir de celui-ci).
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Ci-dessous, une synthèse des principaux résultats.
Vous les trouverez de manière plus détaillée dans le document joint.
Dans les prochains jours je mettrai en lumière les résultats les plus intéressants.

But de l'enquête : recueillir des informations sur l’action des assistants sanitaires et sur l’implication des scouts en matière de santé.

Principale difficulté rencontrée : la prévention au sens large (rythmes de vie, conditions météo, organisation collective, problèmes relationnels…).

La gestion des urgences et des soins quotidiens ne pose pas de problème majeur.

La formation AFPS paraît inadaptée aux missions de l’assistant sanitaire. Mieux vaudrait généraliser l’apprentissage des premiers secours auprès des scouts, et proposer aux assistants sanitaires une formation spécifique.

Les assistants sanitaires ont besoin d’être rassurés par rapport à la délivrance des médicaments et les limites de leur rôle ne leur semblent pas toujours claires. Des protocoles de conduites à tenir face aux situations les plus courantes seraient sans doute utiles.

L’attitude à avoir face aux morsures de tiques est un sujet émergent et qui doit trouver une réponse.

La question des addictions pose rarement problème, mais quand c’est le cas, elle laisse les maîtrises assez désarmées. Des programmes préventifs auprès des 11-14 ans seraient les bienvenus.

9 assistants sanitaires sur 10 ont parmi les scouts au moins un correspondant santé.

La fonction de soins est alors omniprésente : 92 unités sur 112, soit 82%, ont au moins un soigneur ou une infirmière. Mais 54 % des unités ont également un rôle lié au « développement des capacités » (entraîneur le plus souvent).

L’« éducation par les pairs » semble une pratique largement partagée, mais insuffisamment exploitée. C’est certainement un axe éducatif à valoriser, notamment dans le domaine préventif.