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Mot clé - prévention

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jeudi 10 juillet 2008

Au camp, il y a un temps pour tout.

L'organisation du temps au camp est un art difficile...après la nuit (article d'hier), le jour. Et en pîèce jointe, la fiche pratique sur les rythmes de vie au camp.


LE LEVER

Les horaires de lever doivent être réguliers : Sinon il y a un risque de désorganiser le rythme naturel veille-sommeil. Les grasses matinées notamment sont à éviter. Dormir une heure de plus une fois ou deux dans le camp en cas de fatigue plus importante est acceptable mais éviter d’aller au-delà. Si besoin rallonger la sieste !
Un réveil progressif et individualisé : comme pour le coucher, prévoir 1/2heure pour le réveil de chacun est une bonne idée. Chacun se lève à son rythme : quand un jeune est réveillé, il se lève.
Un petit déjeuner échelonné : chacun se lève et prend son petit déjeuner à son rythme…C’est la dernière phase du réveil ! il faut juste s’assurer que chacun déjeune et définir une heure limite.
Un temps de « mise en train » sous forme de réveil musculaire peut être proposé à ceux qui le souhaitent… un moment sympa à partager, en communion avec la nature ; mais sans exercices violents !
Le réveil doit être accompagné (comme le coucher, à graduer selon les âges).

LES REPAS

Objectif : manger à l’heure : La mauvaise gestion des temps de repas est le meilleur moyen de décaler ses horaires… il vaut mieux raccourcir une activité que risquer un décalage fatal.
Y consacrer le temps qu’il faut : à la préparation et au repas lui-même : le repas doit être un plaisir, un temps de pause, un temps de partage... pas un temps de 10 mn où l’on se dépêche d’avaler à toute vitesse avant de passer à autre chose ! l’air de rien, le repas est aussi un temps éducatif.
Adapter les menus au temps disponible : par exemple pas de longue préparation si la demi-journée qui précède a un programme chargé.

L’APRES REPAS DE MIDI

En début d’après-midi, l’organisme humain est au plus bas, et le soleil au plus haut... c’est le temps des activités calmes. Un temps indispensable à tout âge : la sieste peut difficilement être obligatoire mais elle doit être encouragée pour ceux qui le souhaitent. Chacun occupe son temps calme comme il l’entend : c’est un temps à individualiser, comme le coucher et comme le lever.

LA JOURNEE TYPE

Bien organiser la vie quotidienne: se lever, s’habiller, se laver, ranger, nettoyer, préparer le repas, manger, se déplacer, se coucher, s’endormir… autant de moments à prévoir dans la journée-type pour que le camp se passe sereinement : le camp n’est pas une course contre la montre, de toute façon perdue d’avance !
Équilibrer la journée entre temps actifs et temps calmes, temps individuels et collectifs, temps d’équipe et temps d’unité… il faut éviter à la fois l’activisme et l’inaction.
Fixer des rendez-vous réguliers, toujours à la même heure, autour desquels la vie se structure : lancement de journée, conseils, repas du soir…
Faire preuve de bon sens : savoir parfois renoncer à une activité si on a sous-estimé le temps passé ou si les conditions météo ne sont pas favorables. Tenir compte de la fatigue, surtout en deuxième partie de camp.

LE CAMP DANS LA DUREE

Équilibrer le programme de camp entre événements marquants et périodes plus calmes. Celles-ci permettront de préparer les temps forts du camp dans de bonnes conditions, et de récupérer dans l’intervalle : important pour se redire ce qu’on a vécu, le digérer… et se remettre en forme pour la suite.
Mettre en place une gestion du temps rigoureuse dès les premiers jours conditionne la réussite de la suite : quand la fatigue se fait sentir, la vie quotidienne se relâche, l’ambiance du groupe se détériore, les projets prévus ne sont pas menés à leur terme… et les accidents sont plus fréquents à la fin des camps.

mercredi 9 juillet 2008

Dormir en camp.

Au camp d’été, bien maîtriser le temps est fondamental: une bonne organisation de la vie collective dans la durée facilite la réalisation des projets prévus; et l’adoption dès le début de rythmes de vie équilibrés permet à chacun de rester en forme jusqu’au bout…

Il est donc important de mettre en place des repères temporels stables, des rituels qui rythmeront la vie du camp : repas, conseils, services, temps libre, lever et coucher… Ces repères doivent idéalement rester les mêmes du début à la fin pour que chacun s’y retrouve.

LE SOMMEIL

Il représente près d’un tiers de notre vie… y compris en camp ! Un sommeil réparateur pour tout le monde et pour toute la durée du camp est le gage d’un camp réussi. L’expérience des week-ends d’année permettra aux maîtrises de repérer comment chacun se situe par rapport au sommeil.
Vivre en pleine nature est une invitation à bien respecter les rythmes naturels de son corps. Il n’y a pas de durée standard, les besoins de chacun sont très variables : dès le plus jeune âge on trouve des petits et des gros dormeurs, des couche-tard et des lève-tôt. Quelques règles de bon sens :

La tente, c’est la chambre à coucher : sauf exception, on n’y va que pour dormir.

Pour bien dormir, le confort c’est important : une tente en bon état, bien montée, dans un endroit plat, peu de bosses, peu d’humidité… et de la place pour chacun ; une tente annexe pour entreposer ce qui ne sert pas pour la nuit (vêtements de rechange, chaussures, matériel d’équipe…) peut être bien utile.

Le rangement, l’hygiène de la tente et de chacun sont des comportements qui s’apprennent, ils ne sont pas innés. On ne dort pas bien avec les vêtements de la journée ou dans les effluves envoûtantes des chaussettes sales. La maîtrise doit s’en soucier, avec tact et mesure bien sûr (un homme pour les équipes de garçons, une femme pour les filles…), notamment pour ceux qui campent pour la première fois. Et autant bien poser les bases dès le début du camp plutôt que de devoir rattraper ensuite des situations désagréables.

La nuit, on dort…et si on ne dort pas, on respecte le sommeil des autres. Une règle élémentaire à faire respecter dès le début du camp.

LE COUCHER

Les horaires de coucher doivent être raisonnables et réguliers : les couchers tardifs doivent être rares. Ils désorganisent les rythmes de vie, et favorisent l’accumulation de fatigue la deuxième moitié du camp.

Attention aux premières soirées : Seule la première nuit peut être gérée d’une manière un peu plus décontractée (se retrouver en groupe, le changement d’environnement, le début d’une nouvelle aventure peuvent justifier une excitation bien légitime)… mais dès le lendemain, le nouveau rythme de vie doit s’imposer à tous.

Chaque soir, retour au calme progressif, de la fin de veillée jusqu’au sommeil : ½ heure pour se coucher, puis « extinction des feux »…et ½ heure de tolérance pour obtenir le silence complet. Certains s’endormiront à peine couchés parce que c’est le moment…les autres doivent comprendre que leur « train du sommeil » à eux passera plus tard et les laisser dormir.

Le coucher doit être accompagné : c’est un temps de vie comme un autre. Les enfants et les jeunes restent sous la responsabilité des maîtrises… à graduer selon les âges, mais même avec des adolescents il faut garder un œil sur la période du coucher.

lundi 7 juillet 2008

Orage, ô désespoir!

La survenue d’un orage est une situation stressante, notamment avec les plus jeunes. Le risque de prendre la foudre, même limité, existe.

L’ Association Protection Foudre publie sur son site apfoudre.com des recommandations sur la conduite à tenir en cas d'orage, et les justifie. Je n'ai curieusement jamais trouvé d'articles sur ce sujet dans la littérature scoute, alors que camper sous l'orage est une expérience fréquente, et potentiellement dangereuse.

Cet oubli est réparé : vous trouvez dès à présent sur l'extranet (l'espace responsables des Scouts et Guides de France) la fiche récapitulative des trois derniers articles de ce blog. Je vous la mets également en pièce jointe en fin de cet article.


Je reprends ci-dessous les recommandations qui me semblent les plus pertinentes pour la pratique du scoutisme :

Éviter toute situation d’exposition directe à la foudre : pas d’activité sous les arbres, en plein champ, surtout pas de baignade ou d’activité avec de l’eau (très conductrice).

En espace ouvert, éviter de courir, de rester debout jambes écartées (risque de propagation de la foudre depuis un impact à travers la terre), et ne porter aucun objet au dessus de soi (notamment métallique; et pas de parapluie !).
La position de moindre risque est de s’allonger à terre, jambes repliées, idéalement sur un vêtement isolant (vêtement de pluie par exemple)
En groupe, prendre ses distances (pour éviter le risque d'un éclair latéral entre 2 personnes).
Se mettre à distance des arbres isolés, et de toutes structures métalliques : pylônes, clôtures…

En pleine forêt, s’écarter le plus possible des troncs et des branches basses limite les risques.

Ne jamais téléphoner d’une cabine téléphonique (avec un téléphone mobile, c’est possible)

Éviter de s’abriter dans un hangar avec toit de tôle
Une automobile fermée est une bonne protection (penser à replier l’antenne radio)
Sous la tente, mettre à distance tous les objets métalliques potentiellement conducteurs (bonbonnes de gaz, gamelles, piquets de tente…)

dimanche 6 juillet 2008

Après le beau temps, la pluie.

La pluie est à juste titre réputée pour gâcher les camps... quelques pistes pour rester à sec.


Bien choisir son lieu de camp : éviter les emplacements trop humides, les terrains marécageux (mais parfois secs au printemps lors de la reconnaissance…); éviter la proximité d’un torrent; avoir un lieu de repli possible en cas de forte pluie (8-11 ans notamment).

Prévoir un matériel adapté : tentes en état, marabout éventuel, bâches ou vieux doubles toits, matériel d’activités calmes (quelques livres, BD, jeux de société…)
Veiller à l’équipement personnel de chaque jeune (vêtements de pluie, chaussures, de quoi se changer…)

En cas de journées pluvieuses à répétition, la lutte contre la pluie doit être une priorité :

Organiser le séchage : cordes d’étendage sous les bâches, près du feu, dans chaque coin d’équipe… La maîtrise doit aider chaque équipe à se prendre en charge avant que tout soit mouillé...
Faire naître un esprit de groupe : la maîtrise se motive pour rester modélisante, car le comportement des chefs face aux intempéries conditionne celui des enfants. Le groupe entier doit se mobiliser contre la pluie, d’une manière ludique si possible ! (imaginaire, chansons, rituels…)
Adapter le programme prévu, mais rester actif : au moins une activité dynamisante par jour, éventuellement sous la pluie (mais après, on se sèche et on se change, on se réchauffe avec des boissons chaudes…)
Imaginer des occupations calmes et les « organiser » : les jeunes ne restent pas sous la tente toute la journée, mais dans des espaces collectifs abrités; sous des bâches, un préau, une grange… On peut jouer à des jeux de société mais pas à 4 dans son coin, on les organise (tournois etc...)
Ne pas jouer les héros : si la situation devient trop critique (tentes inondées, affaires trempées, plus de linge de rechange, moral qui flanche) envisager à temps des solutions de repli (dormir une nuit dans une maison pour récupérer, raccourcir le camp d’un jour ou deux…)

mardi 1 juillet 2008

Soleil et chaleur en camp...

Après les addictions, j'inaugure en ce 1er juillet une nouvelle série de billets d'actualité...plus chaude.


« Évitez de sortir aux heures les plus chaudes et de pratiquer une activité physique. Maintenez votre logement frais. »
Cette recommandation de bon sens pour temps de canicule vaut aussi pour les camps : aux heures les plus chaudes, il vaut mieux éviter le soleil et se tenir tranquille…et maintenir la tente fraîche : installée à l’abri du soleil et aérée régulièrement.


Bien choisir le lieu de camp : espaces ombragés, fraîcheur, eau potable accessible, cours d’eau à proximité…
Implanter correctement les tentes (endroits frais, à l’ombre une partie de la journée) et les aérer aux périodes les moins chaudes de la journée (le matin au lever et le soir avant la veillée)
Créer des espaces ombragés et aérés : au dessus de la table d’unité, des coins d’équipe, les bâches ou les vieux double-toits peuvent rendre bien des services ! comme sous une tente touareg, l’air doit circuler partout, assurant une fraîcheur salutaire même en cas de température extrême.

Pas d’activité physique entre 12 et 16 heures : activités calmes, repas, sieste, conseils, jeux de société… à l’abri sous les bâches, pas forcément sous les tentes.
En cas d’exposition au soleil : se protéger la tête (chapeaux, casquettes, foulards…) ; garder tee-shirts ou chemise pour se protéger des rayons du soleil sur la peau. Mettre de la crème solaire. On sera particulièrement vigilant en début de camp.
S’hydrater régulièrement et abondamment : pour compenser les pertes en eau il faut boire entre 2 et 3 litres par jour (en fonction de la chaleur et de l’activité) ! On prévoira de l’eau à volonté pendant les repas (y compris au petit déjeuner et au goûter). Suggestion : mettre de la soupe au menu des jours de grande chaleur. C’est ce qu’il y a de mieux pour apporter des sels minéraux en même temps que du liquide : quand on transpire, on perd de l’eau, mais aussi du sel, indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.


Si une chaleur caniculaire s’installe, employer les grands moyens :

Attribuer le matin à chaque jeune deux bouteilles d’eau fraîche d’un litre et demi, qu’il doit avoir consommé avant le coucher. La gestion des bouteilles d’eau peut être confiée à un jeune de chaque équipe.
S’humidifier régulièrement : douches, jeux d’eau, baignades si on en a la possibilité. Une fois mouillé, sécher à l’air sans s’essuyer pour que le corps s’hydrate mieux.
Adapter le programme du camp : parfois vital ! la maîtrise doit faire preuve de bon sens, modifier les horaires (lever plus tôt, période calme plus longue en milieu de journée…) et parfois repousser à plus tard certaines activités trop coûteuses en énergie.
Faire de la lutte contre le chaud une mission d’intérêt public : autant que la pluie, une période de canicule prolongée peut compromettre la réussite d’un camp. La chaleur, çà fatigue : le plan B proposé par la maîtrise doit être composé d’activités plus calmes mais néanmoins enthousiasmantes !

mardi 25 décembre 2007

Petite histoire ordinaire d'un assistant sanitaire quelconque (fin)

Les nouvelles bonnes résolutions étaient claires:

- Dès maintenant, l'unité doit se fixer des vraies règles de vie collectives et s'y tenir: on peut s'amuser, mais pas chahuter de manière dangereuse.
- Dans chaque équipe, un responsable santé sera désigné: ce sera le correspondant de Lambda, qui se chargera de leur donner une petite formation.
- La préparation du camp doit intégrer une préparation aux risques d'un camp sur l'eau (savoir nager, avoir testé les radeaux etc...) et chacun doit être préparé à la vie de camp en général. Un minicamp de trois jours est programmé à la fin des vacances de Pâques.

La résolution 1 dépendait beaucoup du chef d'unité (de tous les chefs, en fait). Du coup, tous se sont serrés les coudes pour que çà fonctionne, et le message a été bien ralayé auprès des chefs d'équipe.

La résolution 2 s'est mise en place sans difficulté dans 3 équipes sur 4, d'autant plus facilement qu'il y avait déjà des soigneurs. Mais dans la dernière équipe, une équipe de garçons avec plusieurs nouveaux du genre actif pour ne pas dire agité, çà a été autre chose...personne n'avait pris de rôle en rapport avec la santé: "nous on est tous en pleine forme, pas besoin de çà." Finalement Lambda a su trouver les mots pour convaincre Gustave d'être son référent : " c'est vrai que tu as choisi le rôle d'explorateur, et que c'est toi qui a fait tomber Ulysse la dernière fois... mais justement, si toi tu changes, les autres changeront... au foot, regarde l'entraîneur, c'est lui qui vous motive, qui vous aide à réussir tous ensemble, comme une équipe: c'est çà que j'attends de toi, motiver l'équipe pour que toute l'énergie que vous avez en vous aille dans le bon sens."

La résolution 3 fut l'affaire de tous : le minicamp de Pâques permit à tous de redécouvrir les joies du montage de tente et le maniement des outils, et la mini explo d'une journée en autonomie fit découvrir à chaque équipe les progrès qu'il leur restait à faire avant le camp d'été... Il y eut une sortie piscine avec un test sur 50 mètres et plein de jeux aussi, histoire de joindre l'agréable à l'utile. Et le dernier week-end de juin fut l'occasion de tester grandeur nature le premier prototype de radeau .

Lambda passa un après midi avec ses correspondants santé à leur expliquer la bobologie avec l'aide de deux parents, l'une infirmière, l'autre médecin. Ils définirent ensemble les tranches horaires de fonctionnement de l'infirmerie pendant le camp, et à leur grande surprise il leur expliqua qu'il comptait bien sur eux pour assurer les soins à ses côtés "à tour de rôle, bien sûr". Ils se mirent d'accord sur le contenu d'une trousse de soins pour les explos...

Jamais jusque là on n'avait aussi bien préparé un camp, et Lambda voyait l'échéance s'approcher avec confiance.

Il avait raison, car tout se passa bien. Il vécut un camp tranquille et riche en échanges avec ses quatre associés. Il consacra l'essentiel de son temps à l'animation du camp, sans être plombé par les urgences ou la bobologie, il n'y eut pas d'accident grave et pas de gros conflits. L'anticipation lui avait pris beaucoup de temps mais le jeu en valait la chandelle...

vendredi 21 décembre 2007

Petite histoire ordinaire d'un assistant sanitaire quelconque (suite)

Ce n'est pas tout à fait "Plus belle la vie", mais presque.

Noel est passé. Week-end neige en février, et là pas de chance : Ulysse tombe lourdement sur le poignet après avoir été poussé par Gustave avec qui il se battait sur la neige glacée. Son avant-bras ressemble à un zigzag...pas le choix, il faut l'emmener aux urgences. Téléphoner aux parents, radio, plâtre, penser à faire mettre un mot de synthèse à l'urgentiste sur la fiche sanitaire de liaison, et ce n'est pas fini : Lambda a encore à faire la déclaration d'accident. Il se dit que décidément, c'est pas forcément de tout repos, assistant sanitaire.

Le deuxième trimestre avance et le choix de l'aventure d'été se précise: ce sera "Pirates des Caraïbes 5". Lambda se dit qu'avec les radeaux et les jeux au bord du lac, y a du boulot en vue pour lui...il se dit qu'il faudrait peut-être resserrer les boulons pour éviter les surprises.

Aussitôt dit, aussitôt fait. A la réunion de maîtrise qui suit le choix définitif de l'aventure, il prend l'initiative: "un camp radeau, c'est risqué. Je n'ai pas envie de me retrouver bloqué des demi-journées à l'hôpital cet été comme au week-end de neige. Les scouts font n'importe quoi, avec l'eau ce sera pareil, il faut vraiment qu'ils deviennnent plus responsables sinon on va à la cata." les autres minimisent, mais Lambda tient bon. Il est vrai qu'il a des arguments après ce qui vient de se passer.

Plusieurs décisions sont prises: - Dès maintenant, l'unité doit se fixer des vraies règles de vie collectives et s'y tenir: on peut s'amuser, mais pas chahuter de manière dangereuse. - Dans chaque équipe, un responsable santé sera désigné: ce sera le correspondant de Lambda, qui se chargera de leur donner une petite formation. - La préparation du camp doit intégrer une préparation aux risques d'un camp sur l'eau (savoir nager, avoir testé les radeaux etc...) et chacun doit être préparé à la vie de camp en général. Un minicamp de trois jours est programmé à la fin des vacances de Pâques.

Comme le dit Lambda : "Cette année, il y a beaucoup de nouveaux. Du coup le groupe n'est pas homogène, peu habitué à la vie scoute et çà chahute beaucoup. Donnons-nous les moyens de vivre un super projet dans les meilleures conditions possibles."

vendredi 30 novembre 2007

Etre acteur de prévention en accueil de scoutisme.

L'inventaire des pistes de prévention que j'ai dressées dans mon billet précédent a peut-être de quoi surprendre. Mais ce n'est pas seulement un inventaire théorique...

La plupart des unités scoutes pratiquent quotidiennement certaines propositions comme Monsieur Jourdain faisait de la prose: sans penser une seconde qu'ils font de la prévention.

Faire sa toilette tous les jours, garder propre le lieu de camp, évacuer les ordures ménagères, sont ainsi des pratiques tellement "normales" qu'on ne pense plus que ce sont au départ des recommandations de prévention. Le respect du code de la route pour les déplacements, la nécessité d'avoir des outils bien entretenus sont aussi des exigences banales et "intégrées".

Mais périodiquement l'actualité ou l'évolution de la société nous incitent à revisiter nos gestes quotidiens ou nos pratiques. Ainsi l'inquiétude née de la perspective d'une possible pandémie de grippe aviaire a amené l'INPES à rappeler des règles d'hygiène élémentaire,comme les techniques de lavage de main pour limiter la transmission des virus respiratoires.

De même la canicule de 2003 avec ses millions de morts a été l'occasion de repenser les recommandations en matière de lutte contre la chaleur. La plupart des camps scouts et guides de juillet 2006 se sont déroulés en période de canicule et cette situation n'a pas été facile à gérer, comme en témoigne l'enquête tous en forme effectuée à cette période. La recrudescence de la maladie de Lyme et des maladies transmises par les tiques a été une incitation à revoir les recommandations faites aux promeneurs...

Les mouvements de scoutisme doivent donc (devraient?) donc périodiquement se poser la question d'actualiser les recommandations qui sont faites en matière de prévention. Et réfléchir à la meilleure manière de les intégrer à la pratique quotidienne ou à leurs programmes éducatifs. Certaines recommandations vont concerner surtout les 8-11 ans, d'autres les 14-17 ans. Il faut en tenir compte.

Certaines des propositions faites dans le billet précédent sont de mise en oeuvre moins évidentes que la lavage des mains ou le port d'un chapeau pour se protéger du soleil. C'est le cas de la prévention des addictions, un phénomène multifactoriel qui touche bien évidemment les scouts et guides, et pour laquelle les actions préventives à mettre en place méritent une action approfondie...La prévention de la violence, de la dépression, du suicide, paraissent nécessaires en termes de santé publique, mais mériteraient aussi toute une réflexion... Quant à la prévention du SIDA, nous en parlons bien peu chez les Scouts et Guides de France...faudrait-il le faire, et de quelle manière? pas sûr que la question ait jamais été vraiment débattue. Posons-nous au moins la question à la veille de la journée mondiale contre cette maladie...


Etre pertinent en matière de prévention... Nous avons je pense deux manières de le faire :

1. Mettre en place un dispositif de veille pour actualiser régulièrement nos recommandations en matière de prévention,et les intégrer dans nos programmes éducatifs. N'attendons pas que l'actualité ou l'évolution de la société nous oblige à adopter des règlements contraignants. Nous pourrions sans doute mieux anticiper...La remise à jour régulière du document sur la réglementation des activités de scoutisme sous une forme accessible va en tout cas dans le bon sens.

2. Promouvoir des projets pertinents dans le domaine de la santé: Soyons nous-même. Le scoutisme passe par l'action, par l'expérimentation sociale, par la réalisation de projets. C'est l'occasion de nous confronter à des partenaires inhabituels, et c'est une occasion unique de sensibiliser les enfants et les jeunes à des problèmes de santé qui les concernent ou les concerneront peut-être un jour. De remplir pleinement notre mission éducative... - Intégrer les recommandations de santé publique dans notre pratique du scoutisme. - promouvoir des projets de prévention avec des partenaires.

Je fais l'hypothèse que les Scouts et Guides de France restent assez timides sans ce domaine...

mardi 27 novembre 2007

L'assistant sanitaire et la prévention.

L'assistant sanitaire a une fonction d'éducation: voir les deux billets précédents...Il a aussi une fonction de soins (bien classique). Fait-il aussi de la prévention ? et quelle différence avec l'éducation?

L'éducation à la santé se situe dans une perspective globale et positive : il s'agit de développer les capacités de chaque jeune à vivre en bonne santé (physique, mentale, sociale...).

La prévention agit dans un registre assez différent : toute prévention est ciblée, et elle agit "contre", en négatif; elle a pour but d'éviter la survenue de d'événements considérés comme néfastes à la santé.

Petit inventaire non exhaustif des actions de prévention qu'on pourrait attendre d'une équipe de maîtrise (certaines très classiques, d'autres nettement moins) :

- La prévention des infections et des intoxications : chacun doit être vacciné; il ne faut pas camper dans des lieux insalubres; "le lieu de cuisine est maintenu rigoureusement propre, rangé et nettoyé après chaque repas. Les glacières, jerricanes sont nettoyés et désinfectés chaque jour." ... le document sur la réglementation et la sécurité des activités fourmille d'exemples à ce sujet.

- La prévention des accidents : respect du code de la route quand on marche au bord d'une route, ergonomie des installations, bon entretien et bonne utilisation des outils...mais aussi sommeil suffisant tout au long d'un camp pour éviter la fatigue !

- La prévention des situations de violence : la violence, nous dit un rapport récent sur la souffrance des adolescents(voir pièce jointe en annexe), est un problème chez les jeunes. Est-ce un problème chez les scouts? la modeste approche de cette question faite en 2006 dans l'enquête "Tous en forme !" faite sur la tranche d'âge 11-14 ans, va dans le même sens: ce n'est pas forcément fréquent, mais quand la violence survient, elle n'est pas facile à gérer...

- La prévention des comportements addictifs : depuis la fin des années 90, plusieurs observations à grande échelle sur des rassemblements pionniers ou compagnons ont montré que les scouts (et les guides très probablement)...sont des jeunes comme les autres ! à l'adolescence, c'est à peu près la même proportion qui fume du tabac ou du cannabis, qui s'alcoolise etc... et à en croire le rapport en annexe, c'est un vrai problème...

- La prévention des troubles liés à l'alimentation: anorexie, boulimie, et actuellement l'obésité...c'est sûrement un problème pour les Boys Scouts of America, mais c'est déjà en France une question préoccupante: 12% de la population française adulte est obèse, et près d'un tiers en surpoids...

- La prévention du SIDA : On a longtemps prétendu qu'il était obligatoire d'avoir dans sa pharmacie une réserve de préservatifs, pour le cas où... mais les actions scoutes ou guides sur cette thématique sont à ma connaissance plutôt rares en France. Il faut savoir que dans de nombreux pays (d'Afrique notamment)des programmes scouts spécifiques d'action contre le SIDA sont régulièrement mis en avant et considérés comme pertinents (cf ce billet).

- La prévention des cancers : il y a quelques années le bureau européen du scoutisme avait lancé une campagne de prévention des cancers de la peau, en réponse à ce vrai problème de santé publique...les actions préconisées étaient assez simples, il fallait notamment éviter de s'exposer au soleil aux heures ou les rayonnements UV étaient les plus méchants, utiliser de la crème solaire...

- La prévention du suicide : le nombre de tentatives de suicides et de suicides réussis chez les jeunes pose problème (cf le rapport déjà cité...) On pourrait imaginer qu'on demande aux mouvements scouts-guides de faire quelque chose...

Le catalogue pourrait s'allonger sans fin, au fil des difficultés pointées par les rapports officiels.
Devons-nous être indifférents à ces questions de santé publique? certainement pas, vu le public d'enfants et de jeunes auquel nous nous adressons.
Mais comment agir ? nous ne sommes pas des organismes de prévention spécialisés. Laissons la question en suspens jusqu'à un prochain billet...


Pour aller plus loin : je vous invite à relire (ou à lire) la synthèse de l'enquête "tous en forme", et à parcourir le rapport "Adolescents en souffrance" publié il y a quelques jours par la défenseure des enfants. Tout le secteur associatif de l'éducation populaire en est étrangement absent...

mardi 7 août 2007

Tous en forme en camp: propositions (4)

Les assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête Tous en forme (cf billets précédents) ont mis en oeuvre quelques bonnes idées pour améliorer la santé en camp : 88 % des assistants sanitaires pensent que leur action a été réellement utile dans ce domaine.

Le scoutisme est bon pour la santé, qu'on se le dise !

C'est à travers la vie du camp au quotidien que se font les apprentissages les plus essentiels: l’hygiène corporelle (mentionnée 43 fois), l’hygiène en général (18 fois), l'alimentation (29 fois)... et aussi l’activité physique, les jeux, l’explo... vivre en pleine nature 24 heures sur 24 est la première source d'expériences utiles. La question du sommeil et des rythmes de vie, la protection contre le soleil ou la chaleur sont moins mis en avant, mais on a vu précédemment que ces deux questions posaient difficulté...

Certains assistants sanitaires mettent en place des actions plus spécifiques dans le domaine des soins: initiation à la prise en charge des soins quotidiens (21 fois), formation aux premiers secours ou à la prise en charge des urgences (14 fois).

Echantillon non exhaustif d'idées à mettre en oeuvre :

- Réalisation d’une charte sanitaire.

- Jeu sur la santé.
- Leur répéter régulièrement les règles de base d’une bonne hygiène de vie.
- Tenter de sensibiliser les scouts à la nécessité de nettoyer le corps, les cheveux, les plaies,les dents…on fait toujours la vaisselle de nos gamelles, il faut faire la même chose pour nous.
- Les encadrer au cours des temps de toilette et leur rappeler les règles de l’hygiène de vie : brossage des dents, se laver les mains avant les repas.

- Expliquer les gestes quotidiens à respecter afin d’éviter tout risque.
- Veiller à la sécurité pendant les installations et pendant les jeux.

- Fabriquer une douche chauffée pour les inciter à se laver.
- Un temps pour les douches,un temps pour les dents.
- Un référent brossage de dents et douches, rappel de l’hygiène.
- « Top brosse à dents » : tous les scouts se brossent les dents en même temps au même endroit avec les chefs.
- Les scouts se sont brossés les dents trois fois par jour.
- Insister sur le lavage des mains, surtout pour les repas (pousse-mousse à disposition)

- Des feuillées bien entretenues.
- Inciter les scouts à faire une lessive.
- Faire du tri sélectif.
- Aventure recyclage et environnement, avec un trivial poursuite sur les dégradations existantes, les conséquences pour la nature et l’homme.

- Préparer des repas équilibrés avec les trappeurs.
- Cinq fruits et légumes par jour. - Pendant les repas, discussions sur la nutrition.
- On leur donnait chaque jour le menu incomplet, c’était à eux de trouver une solution pour que le menu soit équilibré.
- Prévenir les gastros : on lave et relave les mains…

- Formation des soigneurs aux premiers secours.
- Les plus âgés ont pour certains suivi des formations AFPS avec la Croix rouge.
- Sensibiliser à la fonction du matériel présent dans la trousse infirmerie.
- Sensibiliser chacun à la connaissance des soins de base : coupures, malaise en explo, besoin de s’hydrater, sucre si hypoglycémie…et bien sûr numéros d’urgence, qui et comment appeler.
- Expliquer les soins.
- Un jour sur deux, une guide vient aider aux temps d’infirmerie.
- Donner la possibilité aux soigneurs de gérer les petits bobos du camp.
- Apprendre la technique de retrait des tiques, utilisation de la pince à tiques.

- Leur conseiller de s’hydrater, de porter casquette afin d’éviter les insolations, de mettre des lunettes de soleil. Essayer d’équilibrer les repas en fonction du temps.
- Adapter l’activité aux conditions météo.

- Les faire bouger !
- Beaucoup de jeux.
- Activité physique et entraînement.
- Tenir compte des différences physiques de chacun.

- Préparer l’explo avec les soigneurs de chaque équipe.
- Adapter les rythmes de l’explo : distance, nombre d’heures de marche…
- Avant l’explo, formation hygiène et sécurité du soigneur et de la patrouille.
- Initiation aux gestes de premiers secours avant l’explo.
- Lors de la préparation de l’explo, information sur les premiers secours,les règles de sécurité sur la voie publique et la prise en charge de leur hygiène corporelle...
- Constitution d’un carnet d’explication des soins pour l’explo.

- Faire passer des messages à travers les rôles (méfaits de la cigarette…)
- Voie secouriste préparée par les guides.
- Nous avons essayé d’informer les responsables « intendance » des équipes sur l’équilibre des repas.
- Une soigneuse a proposé et préparé spontanément un jeu sur les règles d’hygiène en camp, dans le but de questionner les autres scouts et de réaliser pour chacun un cahier récapitulatif.

- Faire un bilan santé à la fin du camp.

L'enjeu de l'initiation à une bonne santé en camp va bien au-delà du camp proprement dit. Je laisse le dernier mot à l'un des assistants sanitaires qui ont répondu à l'enquête:

"Le respect des règles élémentaires d’hygiène, telles que le brossage des dents trois fois par jour et le lavage des mains avant de préparer le repas et de manger me parait finalement, au vu des remarques des scouts, le point le plus important.
Ils semblent en effet ne pas en avoir l’habitude."

dimanche 27 mai 2007

A notre santé !

Petit clin d'oeil à une chanson de Benabar qui porte presque le même nom que ce blog... mais reconnaissons lui l'antériorité, elle date de 2001 !

Une chanson que je trouve réjouissante et pleine de bon sens...

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mercredi 21 mars 2007

Un complet état de bien-être

...physique, mental et social. C'est la définition que donne l'OMS de la santé.

Pas facile à atteindre, malgré les nombreuses recommandations qui nous disent ce qu'il faut faire : manger et bouger, adopter la fraîche attitude etc... Petit clin d'oeil décalé .

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