Vacances: la valeur en baisse de cette fin d'été. Peu à peu supplantée dans les médias et dans les conversations par le mot rentrée.
Ce mot vacances est un curieux mot, qu'on emploie généralement au pluriel.
On l'aime moins au singulier : l'état de vacance, c'est l'état de ce qui est vide, inoccupé, disponible.
On parle ainsi des logements vacants convoités par les SDF et des postes vacants "qui se font rares par les temps qui courent".
Les vacances sont un luxe: en 2009 les français partent moins, moins longtemps, moins loin...selon plusieurs enquêtes réalisées récemment, celle-ci par exemple. L'étude détaillée montre notamment que 46% des français pensaient ne pas partir du tout, ne serait-ce qu'une nuit (en 2008, ils étaient 42%; en 2003, 38%)...
La vacance est pour certains une richesse. Quand on a un métier et une vie bien remplie, la période de vacances est généralement attendue avec impatience. Elle permet de se rendre disponible à de nouveaux projets, de faire place nette: dans sa tête, dans ses activités, dans ses petites habitudes quotidiennes : oublier ses horaires, changer de rythme, négliger ses mails, son portable, facebook...mettre de côté toutes les petites chaînes qu'on se crée aide à faire le vide, à se mettre en état de vacance. Avant peut-être le luxe suprême: partir pour de bon, couper vraiment avec son quotidien, ce que permettent les vacanceS avec un grand S.
Pour d'autres, la vacance est une pauvreté. La période dite de vacances d'été un temps de vide qui souvent ne fait que se rajouter au vide ressenti pendant l'année : absence de travail, absence d'argent, absence d'activités qui engendre souvent l'absence de projets. Je n'aurais sans doute pas écrit ceci il y a 15 jours à mon retour bronzé d'un séjour dans les Abruzzes. Mais les discussions que j'ai eues depuis avec deux de mes jeunes patientes m'ont fait réviser mon article.
Elles ont entre 13 et 15 ans et sont livrées à elle-mêmes, avec des histoires personnelles assez similaires: un père absent, une mère inexistante, elles essayent de se tirer d'affaire comme elles peuvent. Tout l'été, elles se sont ennuyées - sauf la semaine où elles ont pu partir avec le centre social -. Leurs deux mois de vacances - avec un tout petit s - ne leur ont pas apporté grand chose alors qu'elles n'avaient qu'une envie, vivre des activités intéressantes qui les sortiraient de leur quotidien. Ce ne sont pas du tout des racailles, pour reprendre le terme désormais consacré pour parler des jeunes des banlieues. Mais nul ne sait comment elles grandiront, ni comment elles réussiront à se mettre dans une spirale positive de projets.
Alors, les vacances, nécessaires ou non à l'épanouissement personnel, au maintien d'une bonne santé? Oui, quand même. C'est un moment privilégié
pour vivre de nouveaux projets, de nouvelles expériences, de nouvelles sensations... à condition d'en avoir l'occasion.