2008, l'heure des voeux. Allez, soyons fous :
- Assurons à chacun la paix, un abri, de la nourriture et un revenu.
- Favorisons l'égalité de tous en matière de santé.
- Rendons plus responsables chaque personne et chaque communauté humaine.
- Agissons pour un environnement plus favorable à la santé de chacun, actuelle et future.
Bon, c'est peut-être un peu emphatique, mais en ce début 2008 c'est ce que je retiendrais d'un vieux texte paru en 1986, la Charte d'Ottawa.
Je n'en avais pas parlé jusqu'ici, mais j'aurais sans doute dû.
Début décembre j'ai participé à un colloque organisé par l'INPES (Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé) à propos des conceptions de la santé des grands mouvements d'éducation populaire, et il y a été question de cette charte. De même quelques jours plus tard, à Vienne, dans la bouche des responsables locaux de "l'Atelier Santé Ville", dans une réunion centrée sur les questions de l'accès aux soins pour tous.
J'ai donc eu la curiosité d'aller voir de plus près. Démarche un peu difficile, car il semble exister plusieurs versions françaises; en tout cas la traduction utilisée sur le site du Ministère de la Santé semble assez différente de celle présentée sur le site de l'OMS Europe ... Je me référerai dans mes citations ci-dessous aux traductions les plus explicites.
La définition actuelle de la santé par l'OMS date de 1946 et reste toujours une référence, notamment avec la notion de "santé globale" qu'elle introduisait.
Elle a été considérablement approfondie depuis, notamment avec la déclaration d'Alma Ata en 1978, et l'adoption de la Charte d’Ottawa en 1986. Celle-ci reste toujours d'actualité, et je vous invite à en lire l'évaluation qui en est faite dans un article suisse paru en 2006, que je vous mets également en annexe.
Pour parvenir à un état de complet bien-être physique, mental et social, l’individu, ou le groupe, doit pouvoir identifier et réaliser ses ambitions, satisfaire ses besoins et évoluer avec son milieu ou s’y adapter.
La santé est donc perçue comme ressource de la vie quotidienne, et non comme le but de la vie ; c’est un concept positif mettant l’accent sur les ressources sociales et personnelles, et sur les capacités physiques.
La promotion de la santé ne relève donc pas seulement du secteur de la santé: elle ne se borne pas seulement à préconiser l'adoption de modes de vie qui favorisent la bonne santé; son ambition est le bien-être complet de l'individu...
La santé comme ressource mais non comme but : voici qui remet la santé à sa place, sans en faire l'alpha et l'omega de la vie, malgré l'étendue de la définition initiale. Une santé affaire de tous et pas seulement des spécialistes...
Les conditions et ressources préalables sont, en matière de santé : la paix, un abri, de la nourriture et un revenu.
C'est la version OMS. La version gouvernementale remplace la paix par "avoir droit à la justice sociale et
à un traitement équitable." et rajoute : accéder à l’éducation, bénéficier d’un écosystème stable. Des apports intéressants au regard de l'évolution de nos réflexions sur l'environnement...
Les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, environnementaux, comportementaux et biologiques peuvent tous intervenir en faveur ou au détriment de la santé. La démarche de promotion de la santé tente de rendre ces conditions favorables par le biais de la promotion des idées.
La promotion de la santé vise l'égalité en matière de santé. Ses interventions ont pour but de réduire les écarts actuels caractérisant l'état de santé, et d'offrir tous les individus les mêmes ressources et possibilités pour réaliser pleinement leur potentiel santé...Les gens ne peuvent réaliser leur potentiel de santé optimal s'ils ne prennent pas en charge les éléments qui déterminent leur état de santé.
La santé, un droit pour tous...c'était l'un des axes forts de la déclaration d'Alma Ata. Et la volonté de responsabiliser chacun par rapport à sa propre santé.
Le secteur de la santé ne peut, à lui seul, assurer le cadre préalable et futur le plus propice à la santé.
La promotion de la santé exige, en fait, l’action coordonnée de tous les intéressés...Quel que soit leur milieu, les gens sont amenés à intervenir en tant qu’individus, ou à titre de membres d’une famille ou d’une communauté.
Les groupes professionnels et sociaux, tout comme les personnels de santé sont, quant à eux, particulièrement responsables de la médiation entre les intérêts divergents qui se manifestent dans la société à l’égard de la santé.
Médiation: tel est le rôle que devraient avoir non seulement les personnels de santé, mais aussi les groupes professionnels et sociaux...les organisations scoutes par exemple.
La promotion de la santé va bien au-delà des soins. Elle inscrit la santé à l'ordre du jour des responsables politiques des divers secteurs en les éclairant sur les conséquences que leurs décisions peuvent avoir sur la santé, et en leur faisant admettre leur responsabilité à cet égard...
L'évaluation systématique des effets du milieu sur la santé, et plus particulièrement dans les domaines de la technologie, de l'énergie et de l'urbanisation, qui évoluent rapidement - est indispensable ; de plus, elle doit être suivie d'une intervention garantissant le caractère positif de ces effets.
La protection des milieux naturels et artificiels et la conservation des ressources naturelles doivent recevoir une attention majeure dans toute stratégie de promotion de la santé.
L'importance des décisions politiques en matière de santé n'est plus à démontrer... Surtout, la prise en compte de l'environnement et de la nécessaire préservation des ressources naturelles sont des questions on ne peut plus actuelles, et dont ce texte affirmait avec force, dès 1986, l'importance dans le domaine de la santé.
La santé est engendrée et vécue dans les divers cadres de la vie quotidienne : là où l'on apprend, où l'on travaille, où l'on joue et où l'on aime.
Elle résulte des soins que l'on s'accorde et que l'on dispense aux autres, de l'aptitude à prendre des décisions et à contrôler ses conditions de vie, et de l'assurance que la société dans laquelle on vit offre à tous ses membres la possibilité de jouir d'un bon état de santé.